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14 Nov

Episode 3 : Un virage à 180°

Publié par Caroline

Voilà maintenant 14 mois que j’ai investi le rôle de baby-sitter, 426 jours, 10227 heures,… Et pourtant pas une seconde je n’ai regretté. Même lorsque je dois répéter 10 fois à Enzo de se laver les dents, quand je dois changer les couches de Félix en même temps que je prépare mon petit-dej’, même avec la petite capricieuse d’Arabella qui me réveillait par ses pleurs et ses cris à 6h du matin. Pas une seconde, je me suis imaginée tout arrêter. Au contraire, cela m’a même donné envie d’avoir mes propres enfants. Pourtant, aujourd’hui j’ai décidé de me lancer dans une nouvelle aventure…

Il y a quelques mois, Mathilde m’a annoncé que sa mère allait venir passer plusieurs mois en Australie, de ce fait elle n’aurait plus besoin de moi. À ce moment, une question fondamentale s’est posée. Que vais-je faire ? Trouver une autre famille pour être au pair ou bien me lancer dans quelque chose d’autres ? C’est sympa le job de fille au pair, nourri, logé, payé, mais est-ce que c’est vraiment ca la vie d’aventurier ?  Moi j’ai envie de prendre des risques, de tenter de nouvelles aventures, de gagner plein de sous ! Ba oui, parait-il que l’Australie est un Eldorado, qu’un serveur australien, gagne mieux qu’un cadre en France ! J’ai envie de vérifier ca par moi-même. Mais j’ai aussi une autre idée en tête. C’est notamment grâce à Mathilde, que je commence à penser à cette voie. Mais quelle est donc cette autre voie vous demandez-vous ! J’ai envie de tenter ma chance en tant que professeur des écoles dans une école française à Sydney. Après tout c’est le métier auquel je me destinais avant de quitter la France. L’Australie accueille une seule école française officielle, dirigée par l’AEFE (agence pour l’enseignement français à l’étranger). Il existe cependant des programmes français intégrés dans certaines écoles australiennes. Ca tombe bien Mathilde a travaillé dans les 2 structures et me donne ainsi quelques pistes pour démarcher les écoles et pourquoi pas décrocher un poste. Malheureusement n’ayant pas mon concours, je risque de ne trouver rien de mieux qu’un poste de remplaçant. Qu’à cela ne tienne, j’envisage aussitôt les démarches. Après une dizaine de relecture de mon CV, j’envoie un exemplaire au lycée français de Maroubra, et un à l’école australienne (intégrant un programme français) qui se situe à quelques minutes de Manly (là où je vivais l’année dernière). Mais la vie étant chère en Australie, je dois envisager de trouver un autre travail en parallèle pour pouvoir payer un loyer. Une amie de Mathilde qui est prof à l’école française m’explique qu’elle a commencé en tant que remplaçante et qu’elle travaillait alors en soirée et les weekends dans un restaurant afin d’avoir un salaire fixe. C’est la meilleure solution si je veux réserver mes journées afin d’être disponible au cas où l’école m’appelle. Une journée de remplacement étant très bien payée, une seule journée par semaine me permettrait de payer mon loyer et mes courses. Cela vaut donc le coup de tenter ma chance. J’ai envie d’y croire. En attendant, de rencontrer le directeur de l’école pour un entretien, je cherche donc un job dans la restauration. La partie délicate étant de rédiger le CV en anglais et d’étayer un peu les différents postes que l’on a occupés. Rien à voir avec le CV français d’une page. De plus, un dilemme se pose : mentir ou ne pas mentir dans son CV ? Sydney étant bondée de jeunes gens dans le même cas que moi, tous les restaurants croulent sous des montagnes de CV. Si je veux me distinguer il faut jouer le tout pour le tout. « Alors, serveuse à… l’Albion ! Le nom est bien, en plus ce n’est pas totalement faux, j’apportais les verres du bar jusqu’à la table quand je payais ma tournée ! » « Qu’est-ce que je pourrai mettre d’autres… Un nom qui fassee bien, un truc bien frenchy, bien raffinée… Ou encore mieux, un restaurant étoilée ! » Je cherche aussitôt sur Google un restaurant 1* à Lyon où j’aurai pu travailler durant mes études. « Je le tiens ! Les terrasses de Lyon, restaurant 1*, il a l’air pas mal ! » Reste plus qu’à croiser les doigts pour pas que l’on me demande le numéro de mon ancien employeur pour avoir une référence. Au pire, je donnerai le numéro d’un de mes potes. CV en main, j’arpentedonc les rues de Coogee et de ses environs afin de distribuer quelques exemplaires et ainsi décrocher mon premier job en tant que serveuse. Dans le même temps, j’enchaine quelques visites d’appartements, mais cela s’avère bien plus facile, et au bout de quelques jours je trouve mon futur logement. A côté de Maroubra beach, 275$ par semaine pour une chambre dans un F2. C’est un australien qui me sous-loue sa chambre pendant qu’il voyage à l’étranger pour 4 mois. J’aurai pour colocataire, un italo-suisse prénommé Tulio. J’ai hâte d’emménager et de me retrouver un peu plus chez moi. Même si j’ai toujours été très à l’aise chez Mathilde. Je ne voulais surtout pas me retrouver dans une colocation de 10 personnes, avec 2 lits superposés dans chaque chambre et des chinois dans le salon. C’était hors de question, je tiens à mon intimité.

Le jour-J est arrivé et je dois quitter Mathilde. « Dye Dye Dado » me dit Felix (traduction : « Bye Bye Caro »). Il va me manquer ce petit coquinou. Mais je sais que je vais le revoir, mon appartement étant à 10 minutes de chez Mathilde. En attendant d’emménager dans mon nouveau chez-moi, je vais faire une semaine de « transition » chez une collègue de Mathilde qui m’a demandé de m’occuper de ses deux garçons seulement quelques heures dans la semaine. Cela me laisse donc le temps de continuer mes recherches d’emploi. Et oui, je ne sais toujours pas ce que je vais faire à partir du 16 novembre. La caution de 1000$ ayant fortement endommagée mon compte en banque, il ne faut pas trop traîner. Je relance l’école française pour avoir un entretien. L’école australienne quant à elle, m’a demandée de les recontacter en janvier, date de leur rentrée scolaire. Pas de nouvelles des restaurants dans lesquels j’ai laissé mon CV. « Thank you darling, je t’appellerai » « Mon cul ouè, y en a pas un qui rappelle ! En plus ce « thank you darling » comme si j’étais une gosse de 6ans. Faut pas se démoraliser Caro, et redoubler d’efforts pour décrocher un job. J’arrive tout de même à décrocher un entretien pour un restaurant qui doit bientôt ouvrir, à 2 pas de chez moi. Ca serait l’idéal pour éviter de dépenser des sous dans les transports en commun qui sont excessivement cher à Sydney. L’entretien est court mais se déroule bien, je lui parle de mon expérience de serveuse aux « Terrasses de Lyon ». J’ai l’air de me débrouiller plutôt bien. Faut dire que je me suis un peu renseignée avant. Je me suis également entrainée à porter 3 assiettes, à savoir les règles dans les restaurants chics, au cas où je doive passer un essai. Tout ce que j’arrive à décrocher c’est quelques heures de babysitting et de ménage. Mais à 20$ de l’heure, il ne faut pas cracher dessus. Ainsi, en 2 jours, je gagne déjà 230$. De quoi presque payer mon premier loyer. Si vraiment je suis en galère, les annonces de baby-sitter pullulent sur internet. Je pense que j’arriverai toujours à me débrouiller de ce côté. Mais si cela ne suffisait pas ? Si je n’arrivais pas à payer mon loyer ? Si ca ne marche pas avec l’école française ? Mince, pourquoi j’ai voulu tester autre chose que la vie pénarde de fille au pair…

Episode 3 : Un virage à 180°
Malgré la recherche de boulot, j'ai quand même le temps de me promener à "Sculptures by the sea"Malgré la recherche de boulot, j'ai quand même le temps de me promener à "Sculptures by the sea"Malgré la recherche de boulot, j'ai quand même le temps de me promener à "Sculptures by the sea"
Malgré la recherche de boulot, j'ai quand même le temps de me promener à "Sculptures by the sea"Malgré la recherche de boulot, j'ai quand même le temps de me promener à "Sculptures by the sea"Malgré la recherche de boulot, j'ai quand même le temps de me promener à "Sculptures by the sea"
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