Episode 1 : Pour l'Au Pair et le meilleur
Le mois de septembre 2015 marque une nouvelle rentrée scolaire pour tous les élèves de l’hémisphère nord, la saison 12 de Grey’s Anatomy mais surtout ma quatrième rentrée en tant qu’au pair. Qui aurait cru que je sois toujours dans le métier après quatre ans ?
Après un mois dans la famille M., les enfants ont pris leurs marques et se sentent beaucoup plus à l’aise ce qui signifie malheureusement que mon autorité commence sérieusement à faire défaut. Cependant, je me sens vraiment bien dans la famille et lorsque Sarah me propose de rester plus longtemps, c’est avec plaisir que j’accepte. Mais mon visa vacances-travail expirant bientôt, je dois désormais postuler pour un visa touriste. Ainsi après une prise de sang, une analyse d’urine, une radio des poumons et une lettre de soutien de ma famille d’accueil, l’immigration me déclare apte à rester sur le territoire pour trois mois supplémentaires. Ces trois mois supplémentaires me permettront ainsi de continuer mes démarches pour pouvoir obtenir ma « teaching registration ». Un parcours assez long et coûteux mais qui je l’espère m’aideront à décrocher un visa de travail dans un premier temps, puis pourquoi pas, un visa permanent pour m’installer définitivement en Nouvelle-Zélande.
Mais cela signifie également trois mois supplémentaires à supporter les colères et caprices d’une pré-adolescente. Comme ils le disent si bien « 11 is the new 18 ». Fini de jouer à la Barbie et de faire des câlins à sa maman, à 11 ans T. est plutôt branchée iphone, instagram et aprèm shopping. Mais le pire c’est son ton dédaigneux qu’elle emploie avec moi et ces innombrables façons de se moquer de moi. Je suis pourtant loin d’être l’une de ces filles au pair naïves et manquant cruellement d’autorité, mais visiblement rien ne marche avec T. et je suis parfois à la limite de la crise de nerfs.
« Non mais Caroline, c’est quoi cette veste. On dirait la veste de Mickael Jackson ! »
« Non mais Caroline, c’est quoi ces chaussures ?! »
« Sérieusement Caroline, tu vas vraiment t’habiller comme ca pour sortir ?! »
« Tu devrais refaire ton maquillage, c’est pas top là ! »
« Non tu restes dans la voiture »
« Ton opinion ne m’intéresse pas ! »
Bref, voilà un résumé de ma vie de tous les jours. A ce stade, je me félicite de ne pas l’avoir encore giflé. Moi Caroline, 27 ans, avec ma voix de camionneuse et mes épaules à la Serena Williams, admirée et respectée [enfin surtout respectée] de tous les enfants dont je me suis occupée jusqu’à présent, me voilà désemparée face au harcèlement incessant d’une gamine de 11 ans. Il faut le voir pour le croire. Parfois, je me dis que cela ferait un film à succès tellement que certaines situations sont rocambolesques ; comme ce jour où tellement au bord de la crise de nerfs, j’ai écrasé un œuf dans ma main et je me suis retrouvée avec les cheveux, le visage et mon t-shirt recouvert de la substance visqueuse. Les parents ne se doutent même pas à quel point leur fille est désagréable car T. est maligne et en présence de ses parents change totalement d’attitude. Si elle n’osait, ne serait-ce que dire à ses parents, la moitié de ce qu’elle me dit, elle aurait de sérieux problèmes.
Vu comme ca, vous avez sûrement l’impression que T. est un monstre et que je devrais prendre mes jambes à mon cou et m’enfuir, mais je vous rassure, nous partageons tout de même des bons moments de complicité. Et heureusement, que les parents sont toujours là pour me soutenir et me gâter avec des bonnes pâtisseries françaises qu’ils m’achètent régulièrement.
Heureusement, je continue de profiter de mes jours offs pour découvrir Auckland et organiser de super soirées avec mes amis français expatriés comme moi.


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