Episode 2 : On the road again !
Comme le disaient si bien les jumeaux dans Pékin express (oui j’ai des références hautement culturelles) : « on the road again ». Pour les non anglophones : « sur la route à nouveau ». Et oui, nouvelle saison, nouveaux voyages. Ayant repris mon job chez Mathilde, je reprends donc le rythme des vacances toutes les 5 semaines ! Et surtout après 3 mois sans voyager, j’estime que je l’ai amplement mérité. Pour cette rentrée, je m’apprête donc à descendre la côte jusqu’à Melbourne. Après avoir lancé une petite annonce à la recherche d’un copilote pour louer un van, j’ai rencontré Julie, et nous avons donc décidé de partir ensemble. Puis, un couple d’amis de Julie, en working holiday en Nouvelle-Zélande, s’est joint à nous. Me voilà donc entourée de 3 bretons pour 9 jours de trip.
En ce samedi 28 septembre, je dois rejoindre Julie et ses potes à 11h à la compagnie de location du van. C’est donc tout naturellement que j’arrive à midi, après avoir galéré avec le changement de bus. Peu importe, Julie est en train de faire le check-out de notre van, tandis que son couple d’amis, Caroline et Maxime, est en train de galérer avec le côté administratif de la location de leur propre van. Ceux-ci ont vendu leur véhicule en Nouvelle-Zélande mais n’ont toujours pas reçu l’argent. Pas d’argent, pas de van ; pas de van, pas de trip. Ca commence bien cette histoire. Heureusement, Julie peut les dépanner mais ils doivent trouver une banque. Et me voilà, déjà installée dans le van, prête à partir sur les routes, m’impatientant… Une demi-heure passe et toujours pas de nouvelles. « P’tin mais qu’est ce qu’ils foutent ». Finalement, vers 13h, les 3 bretons sont de retour et Caro et Max peuvent ainsi régler les derniers détails de la location. C’est parti mon kiki, nous pouvons enfin sortir de Sydney et nous diriger vers notre première destination. Mais 2h plus tard et Julie décide de faire une pause. « Non mais j’hallucine on ne va jamais y arriver à ce rythme ». Sachant qu’on a 9 jours pour descendre jusqu’à Melbourne, si on garde ce rythme, dans 9 jours, c’est à Batemans Bay qu’on sera… Bon je vais éviter de faire la relou dès le début, et je prends sur moi. C’est ainsi qu’après un bref arrêt au Hungry Jacks, nous nous remettons en route. Peu de temps après, nous arrivons alors à Kiama qui est réputé pour son blowhole, sorte de geyser. La houle n’étant pas vraiment de la partie, nous nous contenterons de quelques éclaboussures. Le temps de prendre quelques clichés et nous reprenons le van direction Jervis Bay. C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons et devons trouver un endroit à l’abri des regards pour passer la nuit (je vous rappelle qu’il est interdit de dormir dans son véhicule en Australie, sous peine de forte amende). Pour Caro et Max qui ont passé 9 mois en Nouvelle-Zélande, où il n’y a pas d’interdiction de camping sauvage, c’est un peu la surprise. Ainsi après un subtil repérage, nous établissons le camp sur le parking d’une petite plage, Hyams Beach. Espérons ne pas être réveillé par le « toc toc » d’un ranger…
« Brrrrr », je me réveille en position de fœtus après avoir passé la nuit à tenter de me réchauffer. En effet, les sacs de couchage fournis par la compagnie ne sont pas de première qualité. Malgré des journées chaudes en ce début de printemps, la nuit est bien fraîche. Alors que Julie dort encore, je décide de sortir du van pour admirer le paysage. Espérons que nos 3 bretons ne fassent pas la grasse matinée jusqu’à 11h. Peu de temps après, le reste de la troupe se réveille, et nous pouvons prendre notre premier petit-déjeuner ensemble sous un soleil radieux. La journée s’annonce sous les meilleurs augures pour visiter Jervis Bay, réputée pour avoir les plages de sable le plus blanc au monde. Allons donc vérifier cela de ce pas ! En arrivant à l’entrée du parc national, nous avons tout de même la mauvaise surprise de constater qu’il faut payer 11$ par véhicule. Cela ne va pas nous arrêter et après un rapide tour au centre d’informations, nous entamons la marche de Munyungawaraga. Nous passons par la plage de Murray, près des falaises de Gorvernor head, pour finir par une forêt. La journée se poursuit avec un pique-nique au lac Mackenzie, qui se trouve dans le jardin botanique. Le coin est sympa mais il n’y a pas vraiment grand-chose à voir… Oh ! Aurai-je parlé trop vite… Voilà que nous débouchons dans une petite prairie avec 2 kangourous. Un peu méfiants, les 2 marsupiaux préfèrent aller déjeuner plus loin. Nous poursuivons notre tour à Jervis Bay avec Cave beach, une plage de surfeurs. Voilà une escapade plutôt bien remplie, certes il y a encore d’autres coins de Jervis Bay à explorer mais nous avons vu l’essentiel et reprenons donc la route. Le prochain stop est Pebbly beach, une plage où des kangourous en liberté viennent vous manger dans la main. Mais à nouveau, un panneau nous indique qu’il faut sortir les dollars si l’on souhaite s’arrêter. « Bon je propose qu’on prenne un seul véhicule, 7$ à 4 ca passe ! ». Julie et moi laissons donc notre van un peu plus loin. Encore mieux, pendant que 2 d’entre nous vont prendre quelques clichés des kangourous, les 2 autres attendent au van. C’est toujours quelques dollars d’économiser. Ca aurait vraiment été dommage de passer notre chemin car l’endroit est vraiment magnifique, voir paradisiaque… si on ne fait pas attention à tous ces chinois ! Entre celle qui s’incruste sur la photo ou celui qui court après les kangourous et les faits fuir, il y a vraiment des claques qui se perdent. Bref, passons. Le temps d’une pause café (chocolat chaud pour moi qui ne bois pas de café) et nous repartons direction Batemans Bay pour passer la nuit. Après un tour de repérage, c’est une école primaire qui est choisie pour établir le camp cette nuit. En période de vacances scolaires, nous ne risquons pas d’être réveillé demain matin. Par contre, nous allons plutôt manger sur l’aire de repos à quelques minutes de là afin d’avoir accès à l’eau et aux toilettes. Et oui malgré mes nombreux road trips, je ne me suis toujours pas habituée à faire pipi dans la nature et les toilettes sont ma première nécessité. « Bon.. apéro » lance Max. J’avais oublié que j’étais avec des bretons, l’apéro c’est sacré chez eux. « Allez Caro tu vas bien prendre un verre ! » « Oui, bon alors un petit ». Pour ceux qui me connaissent vous savez bien que même un petit verre suffit à me mettre dans un état second. Et c’est comme ca, que 4 français se retrouvent en train de chanter et danser sur un parking, quelque part en Australie… A 23h30, le sommeil se faisant ressentir – du moins pas chez Caro (la bretonne) qui est bien lancée pour faire la fête jusqu’au petit matin – nous allons nous coucher.
Lundi 30 septembre, il semblerait qu’il y ait de l’activité à l’école… Je jette un rapide coup d’œil dehors et en effet quelques enfants s’amusent. Il doit y avoir un centre aéré pendant les vacances scolaires, vaut mieux pas trop qu’on traîne. Ainsi, une fois tout le monde levé, nous retournons à notre emplacement d’hier pour le petit-déjeuner. Après quelques courses et un détour au centre d’informations, nous quittons Batemans Bay dans la matinée. A quelques minutes de là, se trouve Guerrila Bay, un bon point pour observer les baleines, surtout que nous sommes en pleine saison de migration. A peine arrivés sur le parking, qu’une dame me dit qu’il y a des baleines près de la falaise. « Viiiiiiitte les gars, ‘ya des baleines ! » crie-je aussitôt aux bretons. Jusqu’à présent, j’ai pu voir plusieurs bancs de dauphins mais jamais de baleines, je suis donc toute excitée. Il ne faut que quelques secondes avant que l’on aperçoive une baleine sauter hors de l’eau. « Woowww !! » Elle se trouve à quelques centaines de mètres mais cela parait déjà impressionnant. Caro et Max, eux, ont déjà eu l’occasion de nager avec des baleines aux îles Tonga, donc ils savent combien c’est impressionnant de près. A la façon dont Caro me raconte son expérience, cela me fait vraiment rêver. Qui sait, peut-être qu’un jour ca sera à mon tour. Ainsi, après avoir observés maman baleine apprendre à bébé baleine comment sauter et taper de la nageoire, il est temps d’y aller. L’arrêt suivant est un arrêt qui me tient à cœur. Il s’agit de Narooma où l’on peut voir le fameux rocher de l’Australie. Fameux, en fait je ne sais pas car j’en ai entendu parler pour la première fois via un blog, et j’ai rarement vu des photos de ce rocher. Mais quoi qu’il en soit, je veux ma photo ! Le ciel se grise au fur et à mesure que l’on roule et arrivés à Narooma, nous sommes bien contraints de sortir les pulls. Et nous ne sommes même pas encore dans le Victoria, qu’est-ce que cela annonce pour la suite… Malgré tout, nous prenons le temps de poser pour quelques clichés. La dame du centre d’info nous avait annoncé qu’on pourrait voir des otaries sur les rochers, mais rien du tout. Tant pis ! Nous devons être ce soir à Merimbula pour passer la nuit, ne traînons pas. Un petit arrêt à Mystery Bay, soit disant « absolutely wonderful » selon la dame du centre d’info, mais à vrai dire, on a vu mieux. C’est donc au coucher du soleil que nous arrivons sur Merimbula, célèbre pour son port aux rochers roses. C’est d’ailleurs là que nous décidons de passer la nuit. Certes c’est un peu risqué, mais nous sommes crevés de devoir chercher sans arrêt un coin à l’abri des regards pour passer la nuit. « Bon Julie et Caro, ca vous dit d’apprendre la belotte ce soir ? ». Caro et Max ont appris la belotte en Nouvelle-Zelande, depuis ils cherchent à convertir de nouveaux joueurs. Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvons alors à jouer au Uno, la belotte nécessitant d’avoir au minimum un bac+5. Mais, suite à une lamentable défaite au Uno (j’ai pour habitude de jouer qu’avec des gosses de 8 ans), il est temps pour moi d’aller me coucher.
Depuis quelques minutes un petit « toc toc » persistant et régulier m’empêche de me rendormir. On dirait que la porte est mal fermée. Je jette un œil et aperçoit un moineau qui se jette contre la fenêtre. « Psschht pschhtt, qu’il est con cet oiseau ! » Bon de toute façon, maintenant je suis bien réveillée. Je sors donc prendre l’air en attendant que le reste de la team se lève. Merimbula wharf est déjà bien occupé, touristes, sportifs et quelques employés municipaux qui boivent des bières avant d’aller bosser. Bienvenue en Australie ! Ce matin, nous avons un endroit merveilleux pour prendre notre petit-déjeuner. La belle vie… On pourrait bien s’y habituer. Caro et Max ne diraient pas le contraire, eux qui aiment profiter et prendre leur temps pour se poser, tandis que Julie et moi sommes un peu plus pressées, connaissant les distances qui séparent chaque ville en Australie. Nous sommes donc obligées de les pousser régulièrement pour qu’ils s’activent, au risque de nous faire remballer. Et ce matin, c’est le cas ! Les aléas de la vie en communauté. Bref, cela ne nous empêche pas de repartir de plus belle vers notre prochaine destination : le parc national de Ben Boyd. Le soleil toujours absent, nous empêche de bien profiter de la vue. Puis, sur la route pour la seconde partie du parc, nous décidons de nous arrêter au camping pour prendre une douche. Et oui, déjà 4 jours que nous n’avons pas pris de douche. Les lingettes bébés ne commencent à ne plus être efficaces pour masquer les odeurs de transpiration. Oh ca va, ne soyez pas dégouté, c’est ca la vie de Robinson. Bref, j’avais déjà squatté des cuisines dans des backpacks mais encore jamais des douches dans des campings. Attention ce n’est pas le camping pourri avec 3 tentes et 2 caravanes. C’est un camping d’une grande chaine australienne qui offre tous le confort nécessaire. « Aahhhh que ca fait du bien une bonne douche chaude. Hey les filles il y a même le chauffage au sol ! Et quelqu’un a même laissé un échantillon d’après-shampoing ! » Le méga luxe. Je pourrai rester une bonne heure sous cette douche mais la journée n’est pas finie et il nous faut repartir. Juste le temps de pique-niquer, et nous voilà à nouveau sur la route. Cette fois, les pinnacles de Ben Boyd : des falaises bicolores, blanc et ocre. Ce parc n’est vraiment pas très touristiques et nous y croisons pas grand monde, nous nous perdons même au moment de rejoindre la route principale et débouchons sur une plage déserte. La pluie fait son apparition en fin de journée, lorsque nous arrivons à Malacoota pour y passer la nuit. Encore une fois, nous nous installons à côté de la plage, dans un endroit bien caché. En plus, pas de toilettes cette fois. Va falloir que j’aille dans la nature. Mais cela ne nous empêche pas de passer une bonne petite soirée autour d’un times-up.
Aujourd’hui c’est grasse matinée. Personne pour nous déranger. C’est donc à 9h que nous émergeons. Oui vous avez bien compris, 9h je considère ca comme une grasse matinée. Moi qui me levais rarement avant midi il y a quelques mois. Comme quoi, l’Australie ca vous change. Le soleil est revenu ce matin, nous pouvons donc aller faire une petite marche autour de Betkna river. Notre couple de breton n’étant pas motivé, nous y allons avec Julie et ils nous rejoindront dans 1 heure. Mais au bout d’une heure, toujours personne. « P’tin mais qu’est-ce qu’ils foutent ! » Quelques minutes plus tard, les voilà qui arrivent et veulent aller faire leur toilette au point d’eau. « Ah non mais alors là c’est pas possible ! » Julie et moi ne pouvons nous empêcher de leur faire remarquer que nous les attendons depuis un petit moment et qu’il serait sympa de leur part de faire un effort. Mais rien n’y fait, Caro et Max n’ont pas la même façon d’appréhender ce trip. Bref, nous repartons un peu tendu. Mais cela est vite oublié et l’heure du déjeuner nous réunis dans la bonne ambiance. C’est au cap Conran que nous passons l’après-midi. Etant la seule motivée pour faire la marche entière, les bretons retournent aux vans tandis que je continue le chemin seule. Quelle ne fût pas mon erreur ! Au moment de sauter d’un rocher à l’autre, un serpent noir se faufile entre mes pieds. « Aaaaaah !! » Les genoux tremblants, les larmes me montant aux yeux, je ne peux plus bouger. Je suis bloquée sur ce rocher, tremblante de peur. « Putain pourquoi j’ai voulu finir cette marche toute seule. » Me parlant à moi-même et essayant de me raisonner, il faut bien que je bouge d’ici. Personne ne viendra me chercher et je ne vais pas y passer la nuit. Le serpent doit être loin maintenant. Aller Caro prends ton courage à 2 mains et saute. Et… hop ! « Ah sa ### !!! » Je m’étale sur une branche et me rafle toute la cuisse mais me relève aussitôt ayant trop peur que le serpent vienne m’attaquer alors que je suis à terre. Je cherche à tout prix à sortir de ce sentier, mais dans la précipitation je me retrouve carrément pommée entre les buissons. J’imagine les serpents qui doivent grouiller à mes pieds. Finalement je retrouve enfin le sentier secondaire, qui passe par l’intérieur d’une forêt. Au moins je vois ce qu’il y a à mes pieds. Bon avec tout ca, j’ai pris du retard, il faudrait que je m’active un peu car le reste du groupe doit commencer à s’impatienter. En plus, j’entends toujours le bruit de possibles serpents dans les feuilles, ou peut-être simplement quelques lézards inoffensifs qui s’enfuient en entendant mes pas. Je commence donc à marcher d’un pas rapide, tout en tapant des mains pour faire fuir les reptiles, puis me met carrément à courir, évitant les feuilles ou branches qui pourraient dissimuler une bestiole. Je saute même au-dessus d’une grosse branche au sol et alors que je suis sur le point d’atterrir sur mon pied gauche… « aaaahhh !!! » Oui, vous avez bien compris, encore un serpent ! Si si, je vous jure. Cette fois, il est plus petit, marron et n’a même pas réagit alors que j’ai poussé un cri digne d’une cantatrice d’opéra et que mon pied, grâce à un habile rattrapage in extremis, s’est posé à quelques centimètres de lui afin de l’éviter. « Putain mais c’est quoi ce pays bordel !! » (Oui je suis très vulgaire quand j’ai peur), je vais vraiment finir par me faire croquer par un serpent d’ici la fin de mon séjour, ou de la journée ! » Cette fois pas le temps de m’arrêter pour pleurer sur mon sort, je ne me retourne même pas, je continue à courir, les yeux rivés au sol prête à bondir. « Bon il se finit quand ce sentier, il faut que je retrouve la civilisation. » Je ne croise pas une seule personne sur le chemin, je pourrai très bien mourir ici, mon corps serait mangé par les serpents… Quelques minutes plus tard, j’aperçois enfin le parking. Hallelujah, je suis sauvée. Après avoir raconté mes péripéties à mes collègues et repris mes esprits (quoique mes jambes tremblent encore) nous pouvons quitter ce trou. Ce soir, nous devons passer la nuit dans la région des lacs Gippsland. J’ai entendu parler d’un phénomène assez impressionnant de luminescence d’algues, qui donne au lac une couleur brillante la nuit. Mais, n’ayant pas trouvé beaucoup d’informations sur le sujet, je crains que cela n’ait lieu que très rarement. Nous garons les vans en bordure du lac, à Paynesville et comme on s’y attendait, ne nous verrons pas d’algues fluorescentes ce soir.
Jeudi 3 octobre, réveil un peu frais. Le programme n’est pas bien établi aujourd’hui. J’avais prévu de faire une randonnée dans le parc national des lacs Gipssland, mais apparemment les brochures n’ont pas l’air de proposer grand choix. Du coup, autant rouler jusqu’à notre prochaine destination. A la ville suivante, nous nous arrêtons tout de même dans un centre d’info. La dame nous conseille d’aller à Raymond Island si on veut voir des koalas. Il suffit de prendre le ferry pour s’y rendre, seulement 5 minutes de traversée. Mais le ferry se prend à Paynesville, là d’où on vient. Il faut donc rebrousser chemin. Ainsi 20 minutes plus tard, nous sommes donc de retour à Paynesville. Raymond Island est une toute petite île où vivent près de 300 koalas. Il nous faut que quelques minutes avant d’apercevoir les premiers spécimens. Malheureusement, ils sont bien trop hauts pour pouvoir les caresser. La pluie se joint à la partie et nous rentrons sur la terre ferme tous frigorifiés. Rien de tel pour se remonter le moral qu’un petit (voir deux) donuts du Macdo. Nous faisons également un détour à la bibliothèque (5 jours sans internet c’est un record pour moi). Mais la journée est loin d’être finie, nous avons encore près de 3 heures de route pour arriver à Wilson Promontory, vaut mieux ne pas trop traîner. C’est à la tombée de la nuit que nous arrivons à Eden, la ville juste avant le parc national. Ca sera un peu galère de trouver un coin pour dormir, il vaut mieux qu’on bouge à l’extérieur de la ville tout en se rapprochant de Wilson Promontory. Et c’est comme ca, que nous nous retrouvons au milieu de nulle part, en bord de mer et de forêt, dans un endroit glauque animé par le coassement des grenouilles, à la merci de n’importe quel serial killer. Mais la soirée jeu de société me fait bien vite oublier ma paranoïa.
Encore une grasse matinée bien méritée. Même si une voiture est passée à côté ce matin, nous n’avions aucun stress de nous faire réveiller par un ranger. Aujourd’hui, pas besoin de s’activer, nous avons tout notre temps. Au programme une marche d’environ 4 heures jusqu’à Tongue Point. Pour cela, nous devons laisser un van à l’arrivée, repartir à 4 dans le second van pour aller jusqu’au point de départ. La ballade est plutôt facile avec une vue magnifique sur la baie, et avec les petites fleurs jaunes qui bordent le sentier. Nous pique-niquons à Rocks lookout et profitons de ce moment privilégié, sans aucun autre touriste autour de nous. Peu avant l’arrivée, nous tombons nez-à-nez avec un troupeau de kangourous que nous prenons plaisir à observer de longues minutes. Une marche qui se finit donc en beauté. Nous reste alors à récupérer le second van pour pouvoir rejoindre Tidal river, le petit village-camping du parc où nous allons dormir cette nuit. A peine arrivés et nous nous ruons vers les douches. Deuxième douche chaude en une semaine, le grand luxe. Nous prenons également le temps de faire connaissance avec le voisinage, un petit wombat venu nous tenir compagnie. Ce soir c’est soirée détente avec apéro et le nouveau spectacle de Florence Foresti (qui au passage m’a un peu déçu).
Réveil matinal en ce samedi. Le vent souffle fortement ce qui n’est pas bienvenue car nous nous apprêtons à monter jusqu’au sommet du mont Oberon. Après 1 heure de marche, nous arrivons au sommet. Des rafales de vent nous fouettent le visage et à tout moment nous pouvons perdre l’équilibre et finir en mode crêpe 550m plus bas. J’ai l’impression d’être dans une soufflerie géante, celle pour simuler un saut en parachute. Le ciel est bien chargé de nuages ce qui gâche un peu la vue. Il y a plein d’autres choses à voir dans le parc de Wilson Promontory, mais le temps nous est compté, et nous devons rejoindre Melbourne ce soir. Nous reprenons donc la route, avec un petit arrêt pour déjeuner, puis arrivons à Brighton Beach pour prendre une photo devant les célèbres cabanes de plage. Une marée de chinois a pris possession de la plage, je n’imaginais pas que Brighton était aussi touristique. Brighton est également une ville très riche à en croire les maisons qui bordent la route. Des villas de stars plus belles les une que les autres. Nous trouvons un emplacement sur un grand parking à côté du Yacht club. Il semblerait d’ailleurs qu’il y ait une soirée. « Allez les filles on va faire un tour à la soirée » propose Max. « Mais laisse tomber, regarde comment sont sapés les gens, on ne rentrera jamais » lui dis-je. Malgré tout, nous allons faire un tour, la dame de l’entrée nous laisse rentrer sans problème et d’un coup je me sens très mal à l’aise avec mon jogging dont je me sers pour dormir et mes chaussures de marche Quechua… Pourtant, personne ne me dévisage, tout est normal. « Ah de la musique, ca me donne envie de danser ». A l’unanimité, nous décidons de retourner aux vans pour nous habiller plus convenablement et de revenir profiter de la soirée. Mais avant tout, un petit apéro pour se mettre dans l’ambiance. Mais si vous connaissez les bretons vous savez sans doute que l’apéro c’est sacré et s’éternise donc. « Alllllez là j’ai envie d’aller danser, bougez vous ! » « Relax Caro, on a le temps ! » Ainsi, 2h plus tard, suite à mes nombreuses sollicitations, nous retournons enfin à la soirée. Mais la dame de l’entrée ne veut pas nous laisser rentrer cette fois, « avez-vous votre carte de membre ? ». « Non mais elle est sérieuse ? » Après quelques négociations, elle nous laisse passer. Mais arrivés dans la salle, il semblerait que la fête touche à sa fin. « Oh non ils sont en train de remballer la sono… » Comme si cela allait nous empêcher de s’amuser. Julie sort aussitôt son iphone et s’arrange avec le type de la sono pour passer sa propre musique. « Ok mais une seule chanson ». En mois d’une minute, nous sommes en train d’enflammer la piste de danse et motivons les australiens à nous rejoindre. Ils en redemandent tous. Le monsieur de la sono nous laisse donc continuer. Dans l’ambiance, nous faisons connaissance avec le responsable de la soirée, un certain Gordon, qui fête son anniversaire. «Venez faire l’after avec nous, on va sur mon voilier ! » Pas besoin de réfléchir 2 fois, une soirée sur un bateau, cela ne se refuse pas. Nous suivons donc la joyeuse bande jusqu’à la marina. On apprend au passage que Gordon est un navigateur australien plus ou moins célèbre. Et oui, nous sommes les invités d’une star. A 2h du matin, la soirée prend une nouvelle tournure. Julie arrive vers moi très remontée : « P’tin Max a perdu les clés de notre van ! » « Hein ? Quoi ? Comment ca il a perdu les clés ?! » Nous voilà donc dans le pétrin. Plus de clé de van, cela signifie qu’on va dormir dehors, et qu’il faudra appeler la société pour qu’ils nous dépannent. « Non mais c’est pas possible, il n’a pas pu perdre les clés du van, on va les retrouver » dis-je tentant de me rassurer. « Bon merci tout le monde pour la soirée c’était super sympa mais on va y aller. » Nous laissons Caro et Max qui sont parties pour faire la fête jusqu’à l’aube et quittons la marina. Du moins nous tentons. En effet le portail est fermé et nous sommes bloquées sur le ponton. Une seule solution s’offre à nous, passer de bateau en bateau afin d’atteindre l’autre côté de la marina. Mais voilà qu’un couple de sexagénaire, à la limite de la sobriété, se retrouve dans la même situation. Sauf que l’épreuve du passage d’un bateau à l’autre s’avère difficile pour eux. Nous ne pouvons pas les laisser en galère et prendre le risque qu’ils glissent à l’eau. Ainsi, pendant que Julie rapproche les bateaux du mieux qu’elle peut pour éviter un trop grand écart entre chacun, j’attrape la dame pour la faire enjamber les cordages. « Ah, merci beaucoup, merci !! » nous gratifie le couple. Le parcours du combattant n’est pourtant toujours pas fini pour nous. La grille du parking du yacht club est également fermée. Nous trouvons le passage le plus facile et escaladons, sous l’œil de la caméra de surveillance… Une fois arrivée aux vans, nous fouillons dans celui de Caro et Max, voir si nous n’aurions pas laissé les clés avant d’aller à la soirée. Mais rien ! Je tente quand même d’ouvrir les portes de notre van et bingo, l’une des portes n’était pas fermée. On peut au moins passer la nuit à l’abri. De toute façon on ne peut pas chercher les clés maintenant, il fait nuit noire, on s’en occupera demain matin.
Dernier réveil du trip, et pas des moindre car nous devons chercher les clés de notre van. Peut-être qu’elles sont au yacht club ou sur le voilier où nous avons finis la soirée. Julie commence par réveiller Max et Caro qui sont rentrés il y a quelques heures à peine. Le réveil est violent pour eux, surtout qu’ils n’ont pas l’air de se soucier de notre problème de clés. Julie tente de réveiller les souvenirs de Max pour savoir où il aurait pu mettre les clés. « Mais elles sont dans ma veste vos clés ! » « Comment ca dans ta veste ? J’ai regardé hier elles n’y étaient pas, tu m’as dit que tu ne les avais pas ! » « Tu ne m’as jamais demandé tes clés » rétorque Maxime. Julie se précipite donc sur la veste pour trouver les clés. «Ouf ! C’est bon elles sont là ! » Ah… l’alcool et ses ravages. Plus de peur que de mal. Nous pouvons donc aller nous recoucher une petite heure avant de prendre la route pour l’aéroport. Deuxième réveil, toujours aussi dur après une telle soirée. « Vivement que j’arrive à Sydney pour une sieste dans mon lit douillet ». Encore un détail à régler cependant, nous sommes une nouvelle fois enfermés sur le parking… « Non mais c’est une blague ». La barrière est verrouillée avec un cadenas. « Il faut aller demander les clés au yacht club » nous dit un joggeur matinal. Je me dévoue donc à la tâche pour retourner là-bas. Quelques minutes plus tard, nous quittons enfin Brighton et nous nous mettons en route pour rendre le van avant d’aller à l’aéroport pour que je prenne mon avion. Julie, quant à elle, continuera le road trip avec Caro et Max jusqu’à Adelaïde. Il est aux environs de 11h quand j’arrive à l’aéroport. Et voilà, un autre road trip qui se termine pour moi. Je dis donc au revoir à la petite bande. Caro est encore couchée à l’arrière, tandis que Max vient de se rendre compte qu’il a perdu son appareil photo, sans doute sur le voilier hier soir. « Bon ba bon retour à Brighton ! »
Un road trip de plus à mon actif. Les coins inexplorés en Australie tendent à se réduire, mais ne vous inquiétez pas, il y a toujours de quoi faire. Rendez-vous au prochain trip ! ;)



































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