Episode 2 : Le départ
« Qui reveut de la pizza ? » m’entends-je crier derrière le bar de la cuisine. J’ai voulu réunir mes amis pour fêter mon départ. Enfin c’est plutôt Charline qui a fait pression pour que j’organise une petite bouffe. Ce sont sans doute mes amis qui me manqueront le plus, c’est donc avec eux que je décide de partager mes derniers moments. Non je ne vais pas mourir, je m’envole juste vers un autre hémisphère avec 8h ou 10h de décalage horaire, pas d’Albion, pas de Glam (lieux stratégiques pour passer des bonnes soirées avec les copains) et tout à refaire ! Mais, entre ceux (ou devrai-je dire celle) qui n’ont (a) pas pris la peine de répondre et ceux qui ne sont pas venus car « 30 minutes de route c’est bien trop long », je sais désormais qui mérite de recevoir une carte postale. Mais ce genre de détails est bien futile, je profite de cette dernière soirée en compagnie de ceux qui m’ont fait passer de formidables moments ces dernières années. Pourtant, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une soirée comme une autre, je n’ai vraiment pas l’impression de partir dans moins d’une semaine.
Jour-j, en ce 18 septembre 2012, j’ai rangé mes affaires d’hiver dans le placard, je ne pense pas qu’elles me soient utiles dans ma nouvelle vie. Je laisse les dernières consignes à mon père « fais bien attention qu’Audrey (ma sœur) ne me vole pas mes fringues ; si la maison brûle sauve mes albums photos et mes dvd de Newport Beach ». C’est ainsi que, ma chambre et mon bureau encore en désordre, je jette un dernier coup d’œil sur cette pièce. Mon sac quechua (élément stratégique pour repérer un français en Australie) sur le dos, je laisse mon père prendre quelques derniers clichés de moi. En voiture, je regarde le paysage comme si je le voyais pour la dernière fois. Je connais par cœur cette route. Celle qui me mène à la gare de la Tour-du-Pin, première étape d’un long trajet.
« Le train à destination de Lyon-Part-Dieu va arriver ». Dernière bise à mon père, des au revoir sans grande émotion, on est comme ca dans la famille ! Je monte dans le train. Arrivée à Lyon, je rejoins Arnaud et Sombou qui m’accompagne pour faire mes derniers achats. Puis, je rejoins un autre ami pour passer ma dernière soirée lyonnaise, chokobons au menu. Miam !
7h30 : dernier réveil en France. Ca y est je suis définitivement prête ! À la fois stressée et excitée, c’est avec un peu de mélancolie que je prends le train pour Paris. Et dire que c’est la première fois que je monte à Paris. Au programme, visite de la ville, avant de rejoindre l’aéroport. « Le train entre en gare de Paris gare de Lyon, tous les voyageurs descendent de voiture ». C’est parti ! Une cinquantaine de mètres plus loin et je suis déjà épuisée par mes 25kg sur le dos ! Je crois que la visite de la ville va être très succincte ! Premier arrêt : la mythique tour Eiffel ! Un ciel bleu, grand soleil, je me pose dans l’herbe du parc avec mes bagages près de moi. Et oui, le nombre de roumain au m2 est assez impressionnant. Quelques minutes après j’assiste à une scène étonnante : 2 petits roumains, une dizaine d’années, s’approchent de 2 jeunes filles allongées dans l’herbe. Le plus jeune lui montre une carte et lui demande un renseignement, en dessous de la carte, le sac à main de la fille, la main du roumain qui fouille et en tire en moins de 5 secondes un portefeuille. Quelle agilité ! Heureusement les filles ont flairé le piège et parviennent à récupérer leur portefeuille. C’est maintenant allongée sur mon sac que je pique-nique, pas intérêt qu’un p’tit roumain s’approche de moi. Une heure après je décide de reprendre mon chemin et de rejoindre le second monument historique de Paris. Apres avoir galéré 30 min à trouver l’entrée du métro et avoir croisé 2 flics avec les fameux p’tits roumains sous le bras, me voici devant Notre-Dame de Paris. A mon grand regret il est interdit de la visiter avec ses bagages, n’ayant personne pour surveiller les miens je dois renoncer à entrer. Je reprends donc les transports en commun et rejoins cette fois l’aéroport. C’est une chaude journée, nous sommes en fin d’après-midi, les gens rentrent du boulot, ca se sent dans le wagon ! 20h10, l’avion s’apprête à décoller, les hôtesses distribuent le menu ! Miam ! Ca m’a l’air bon tout ca. Nous avons même le droit à un petit aperitif (cacahuète et sprite). Sinon, le siège est très confortable, avec un écran et plein de films à voir. Et oui, moi qui ai pris pour la première fois l'avion il y a de cela à peine 2 ans, avec une compagnie bon marché, je n'ai pas l'habitude d'un tel confort. Mais le top du top, c’est que j’ai 3 sièges rien que pour moi, pas de voisins pour m’importuner. Le vol s'annonce bien, enfin si j'arrive à trouver où on branche le casque pour écouter la musique. Petite étude de cas sur le voisin de la rangée du milieu et le problème est réglé. Ca y est c’est parti ! À moi l’Australie.