Episode 3 : Hong-Kong
/ ! \ Ce texte peut heurter la sensibilité de certains chinois / ! \
11h plus tard et pratiquement 9h de sommeil, l’avion s’apprête à atterrir sur le sol chinois. J’ai vraiment bien dormi, bien mangé et je suis définitivement prête pour mes 3 jours d’escale dans cette ville. Mon planning est déjà tout organisé sauf peut-être pour mes 2 dernières nuits, mais ca on verra au moment voulu. C’est ainsi qu’après avoir posé ma valise à la consigne de l’aéroport, je pars à la découverte de Hong-Kong. Le train express m’amène en 20 minutes dans le centre. Je suis censée rejoindre une américaine qui m’héberge pour ma première nuit. Je l’ai rencontré sur le site couchsurfing et dois la rejoindre en bas de chez elle. Elle vit dans le quartier de Soho, très réputé à HK pour sortir et faire la fête. Munie de mon plan et de quelques indications je me lance. Mais à peine descendu du train et c’est le choc, une foule de gens impressionnante inonde les rues et la chaleur est étouffante. Où vais-je à présent ? J’erre dans les rues où s’enchaînent les magasins de luxe. Quelques minutes passées et la pluie se joint à la fête. Et là c’est le drame : le mélange chaleur et humidité est horrible. Mon jean me colle, mes cheveux ne ressemblent à rien, mon sac à dos est lourd, j’ai mal au dos et je ne trouve même pas la rue de mon hôte. Ca y est j’en ai marre, je veux rentrer. J’envoie un message à Alex pour lui faire partager mes premières galères. Sans doute partir à 2 aurait été plus facile. Pour reprendre des forces et de la motivation, je me réfugie dans un Macdo, qui se trouve au sous-sol (en effet, beaucoup de magasins et de restau mais pas beaucoup d’espace donc il n’est pas rare de descendre au sous-sol)! « Mon dieu mais il fait -8000 ici ! ». La clim à fond et apparemment je suis là seule que ca dérange. Vite j’enfile une veste, mon foulard. Brrr « ca meule sa mère » comme dirait Marina. Un petit Sprite, quelques schokobons qu’il me restait de la veille de mon départ, et tout va mieux. À 20h, j’arrive devant l’immeuble de Kimberley. C’est une jeune fille très enthousiaste qui m’accueille dans son magnifique appartement. Elle a quitté les USA et décroché un job d’organisatrice de mariages à Hong-Kong. Apres une douche revigorante (avec la tv à l’intérieur de la douche s’il-vous-plait !), elle me propose de rejoindre ses amis dans un bar à quelques pas d’ici. Pas un seul chinois dans le bar, mais un melting-pot d’américains, d’australiens et d’européens.
Le lendemain matin, après une bonne nuit réparatrice, je quitte l’appart à 9h, pour ma première journée de visite. Au programme The Peak et Repulse Bay. Un bus m’emmène à mon premier arrêt. Après une longue, et surtout sinueuse, route, j’arrive à l’une des plus célèbres attractions de HK. Il s’agit d’un point de vue de la ville du haut d’une montagne. Malheureusement le brouillard (ou la pollution) sont également de la partie et la vue n’est pas telle que le montre les photos de Google. Mais cela vaut le détour tout de même. Apres 1 heure à glandouiller, il est temps de bouger. Cette fois pour descendre je prends le fameux petit tram rouge. A l’arrivée, un type essaye de nous vendre son bus d’attrape-touristes, le fameux bus rouge « hop on hop off » qu’on retrouve dans toutes les grandes villes. Plutôt marcher que donner 1 centime à ce type, je me lance vers ma seconde destination. Après avoir un peu cafouillé, et m’être perdu dans les rues, je décide de faire demi-tour et d’aller trouver un arrêt de bus. Vers 15h, j’arrive donc à Repulse Bay. Premier ravissement, vue magnifique, je n’aurai pas imaginé voir ca à HK. Vite je vais aller tremper mes pieds dans l’eau pour me rafraichir ! Incroyable, l’eau est tellement chaude ! A mon grand regret, j’ai oublié mon maillot de bain dans la valise que j’ai laissé à l’aéroport ! Tant pis, je me pose un petit moment sur le sable et apprécie le moment, je regarde les touristes chinois qui s’amuse à ne pas se faire mouiller les pieds par les vagues, tels des enfants. Ils sont vraiment bizarres ces chinois. Ca me rappelle d’ailleurs un groupe de chinois que j’avais croisé à Lyon, en train de photographier un gros chien noir ; genre 10 chinois avec leur APN ultra hi-Tech, autour de ce pauvre animal qui ne comprend rien à la situation, pas plus que son maître au bout de la laisse qui ne peut même plus avancer. Bref, c’était dans une autre vie, cela ne nous intéresse pas…
Une idée me traverse l’esprit : il fait chaud, la plage est confortable, « tient et si je dormais là cette nuit ?! ». Pour le moment il est encore tôt et il faut donc continuer la visite. Arrivée à la fin de la plage, un magnifique temple coloré, avec plein de statuts d’animaux et de gros bonhommes qui n’ont pas l’air gentil. Quelques photos plus tard, je reprends le bus pour rejoindre Stanley Market et Murray House. Petite promenade, rien d’intéressant dans ce marché. La nuit commence à tomber et il est temps de rentrer, l’idée de passer la nuit sur la plage n’est finalement pas retenue. J’arrive ainsi à 20h passé dans le centre et la Symphonie des Lumières (spectacle de lumières) a déjà commencé mais je profite d'un aperçu. Demain je serai en face, sur l’île de Kowloon, le meilleur point de vue pour admirer le spectacle. Je prends ainsi un petit bateau pour rejoindre directement cette île et trouver une chambre pour cette nuit. Mais avant cela, la faim se fait entendre ; et oui presque 2 jours que je n’ai pas eu de vrais repas. Je m’arrête donc … au Macdo ! Et certains de mes amis deviendraient sans doute obèses en moins de 3 semaines, puisque ici, pour 2€ seulement, on se délecte d’un menu bestof bigmac. La bonne affaire ! Bref, après un moment à supporter un groupe de jeunes qui fêtent un anniversaire (certains harcèlent un employé pour prendre une photo avec, quand je vous dis qu’ils sont bizarres ces chinois...) ainsi que la clim à -8000, il est temps de trouver une chambre pour ce soir. Je rejoins donc Chungking Mansion (adresse trouvée sur des forums), un immeuble de 17 étages constitué uniquement de chambres bon marché. Arrivée devant l’immeuble, une longue file d’attente me fait perdre un peu espoir. Je me renseigne autour de moi, apparemment toutes les chambres sont complètes. Je tente quand même de trouver une place et me rends compte du peu de salubrité de l’établissement. En redescendant, je me fais accoster par 2 types qui me proposent une chambre, juste la porte d’à côté ! Ils sont un peu louche mais je ne sais pas où dormir, je les suis, il n’y a personne dans leur section (chaque étage est divisé en section gérée par un propriétaire) et ca pue la pisse de chat mélangé à de l’encens. Malgré tout je ne recule toujours pas ! Ce qui me fait reculer ? Le prix ! 70€ pour un lit dans un 6m2 ! Ah ah no way ! Je crois que je dois me résoudre à aller dormir dans la rue. Je marche quand même un peu dans la ville à la recherche d’un toit pas trop cher, mais tout ce qu’il y a, ce sont les hôtels de luxes, pas dans mes moyens. N’étant toujours pas décidé à dormir dehors sur un banc, je décide de provoquer la chance : je déchire un bout de papier sur lequel j’écris « look for a couchsurfer », que j’accroche à mon sac-à-dos, peut-être que si l’un des membres du site ou du moins quelqu’un connaissant le concept, passe par là il prendra pitié de moi me dis-je… Les passants intrigués me regardent et je réalise alors que je suis vraiment prête à être SDF plus tard. Un jeune, accompagné de son frère, s’arrête pour me demander ce que je cherche, il est sympa mais ne peut pas m’aider car il est à l’hôtel. Puis deux français, la cinquantaine, passent devant moi et l’un lit mon petit mot – aaah… espoir ?! – et continue son chemin. Mince, raté ! Quelques minutes après un espagnol s’arrête à son tour, il veut m’aider ! Il m’indique ainsi qu’il y a une autre auberge de jeunesse, dans une rue plus loin, il me propose de les appeler pour savoir s’il reste une place pour moi. À ce même moment, les deux français repassent devant moi et j’entends celui qui avait lu mon mot au premier passage, demander à son collègue « qu’est-ce qu’un couchsurfer » ! Ni une, ni deux, je saute sur l’occasion pour vendre le principe. Je lui explique donc brièvement et le type, sans hésiter, me propose de m’héberger pour la nuit. « Je suis à l’hôtel Marco Polo, juste à côté, il y a un canapé dans ma chambre ». Dans le même instant, l’espagnol qui n’a pas suivi ma conversation en français, m’annonce qu’il y a de la place à l’auberge de jeunesse. Deux solutions s’offrent donc à moi : marcher quelques minutes de plus, pour aller dans une petite chambre sans doute aussi pourrie que celles que j’ai visitées à Chungking Mansion et dépenser quelques dollars de plus, ou suivre ce français dans son hôtel et risquer de me faire violer, découper en morceaux et jeter au fond de la baie de HK. Cruel dilemme. Le français comprend mon regard suspicieux et tente de me rassurer, en me disant que je suis la bienvenue « en tout bien, tout honneur ». Et comme dirait Barney Stinson « challenge accepted ! ». C’est ainsi qu’après avoir remercié l’espagnol, je suis les deux français. « P’tin Caro qu’est-ce que tu es en train de faire ? Tu vas mourir avant même d’arriver en Australie ! Est-ce que le billet d’avion est remboursé si le passager meurt durant l’escale ? ». Arrivée à l’hôtel, je me sens tâche avec mon sac quechua, mes chaussures de rando et l’odeur de transpiration qui me colle à la peau. « Mon dieu, qu’est-ce que c’est que cet hôtel de ouf ?! ». Je croise des clients ainsi que le personnel, tous habillés sur leur 31, et aucun ne semble prêter attention à ma tenue, heureusement ! Le français enlève tout de même de mon sac le petit mot « look for a couchsurfer » et nous prenons l’ascenseur. 16ème étage, l’autre français arrive devant sa chambre, je suis désormais seule avec mon nouvel hôte. Après le dédale des couloirs de l’hôtel, nous arrivons à la chambre. Quelle belle surprise ! La chambre, ou devrai-je dire la suite, est magnifique, avec une fenêtre panoramique sur la baie de Hong-Kong, et le plus attendu… la salle de bain ! Au top ! Rien de tel après une longue journée. Je discute un peu avec Philippe, et il m’apprend qu’il est un ancien champion olympique d’escrime. Et oui, je ne fais pas les choses à moitié, je me fais inviter dans un hôtel de luxe par une « célébrité ». Minuit passé, je vais me coucher, toujours pas sereine, « et s’il me tuait dans la nuit », mais finalement le sommeil l’emporte.
Samedi 22 septembre 2012, 7h00 du mat’, je suis toujours en vie ! Hip hip hip… Hourra ! Je quitte Philippe sur le pas de la porte et le remercie. Il me propose de passer une deuxième nuit ici si j’ai besoin. Non merci, je ne veux pas trop m’imposer. Il me tend quand même sa carte de visite au cas où. Matin pluvieux mais toujours cette chaleur étouffante, je marche sur l’avenue des stars pour rejoindre le parc de Kowloon. Je passe la matinée à marcher dans les allées du parc, qui se termine par une superbe piscine qui me donne tellement envie de plonger dedans. Mais pas le temps, je prends le métro pour aller sur l’île de Lantau, là où se trouve l’attraction la plus attendue pour moi : le bouddha géant. Pour rejoindre celui-ci, il faut prendre un œuf téléphérique ou pour les plus courageux, prendre un petit chemin dans les montagnes (3h de marche). Avec mon sac qui me tue le dos et la chaleur, je suis contrainte de renoncer et prend donc un ticket pour la cabine de luxe, avec plancher transparents. J’embarque avec 7 chinois. La vue est pas mal, on peut apercevoir des personnes qui travaillent dans l’eau (aucune idée de ce qu’ils ramassent). Mais c’est lorsque j’aperçois au loin le bouddha que je suis subjuguée. La statue est immense (34m de haut, il s’agit du bouddha le plus grand au monde en position assise). Arrivée dans le minuscule village de Ngong Ping, je me lance à l’assaut des 268 marches pour atteindre la statue. Environ 3 arrêts et 10 litres de transpiration après, j’arrive enfin au pied du bouddha. « Vite un banc ! ». 20 minutes de récupération sont nécessaires avant de retrouver mes 2 poumons et continuer mon chemin pour prendre des photos. Je me ravie du spectacle des touristes qui viennent s’agenouiller et prier ici, ils sont en transe. Après un petit tour entre le temple et les offrandes au milieu de la cour, je m’arrête me réhydrater au subway ! Début d’après-midi, je reprends le téléphérique et retourne sur la terre ferme. Epuisée par ce début de journée caniculaire, je décide d’aller glander à l’aéroport. Oui en effet, rien de mieux qu’un aéroport pour passer son après-midi ! Je récupère ma valise à la consigne, me connecte à internet et donne à ma famille un signe de vie. J’en profite également pour faire une petite enquête sur mon hôte de la veille. En effet, il ne m’a pas menti, ancien sportif réputé, et même porte drapeau au JO de 1988. Il n’allait pas ruiner sa carrière, en tuant une pauvre petite française… Il est 17h et il est temps de retourner en ville si je veux trouver une chambre pour ce soir, à moins que je ne recontacte Philippe… La solution de facilité, et puis la douche était tellement agréable il faut avouer. Aller, hop, je sors sa carte de visite et lui envoie un sms. « Pas de problème » me répond-il. Génial ! Un souci en moins à gérer. Je continue donc ma journée en retournant à Kowloon afin d’admirer pour la deuxième fois la symphonie des lumières. Mais ce que je n’avais pas prévu c’est que je n’allais jamais trouver la sortie de ce pu**** de m**** de **** de métro ! En effet, la plupart des stations de métro débouchent dans d’immenses centres commerciaux. Après avoir fait 3 fois le tour du centre commercial, passée par la patinoire, je sors à l’air libre, mais dans un quartier résidentiel avec une impasse. Impossible de trouver la route qui me ramènera au centre. Je ne suis pourtant pas blonde, mais je vous assure qu’à ce moment-là je suis au fond du sac ! Je regarde donc le début du spectacle depuis le parvis d’un hôtel. Après 1 heure dans ce labyrinthe chinois, je retrouve enfin mon chemin. Mon hôte m’attend au bar de l’hôtel.
Troisième et dernier jour de visite à Hong-Kong. Aujourd’hui journée tranquille, je prends mon temps. Je rejoindrai ce soir l’aéroport pour y passer la nuit. Direction Ladie’s Market et le marché aux poissons. Comment vous décrire l’odeur lorsque je traverse les étalages de poissons. Apparemment le poulpe séché est très en vogue… beeeuuur [bruit de vomit]. Un peu plus loin je m’engage dans une autre rue, mais avec des poissons vivants cette fois, je préfère ca ! Les magasins de vente de poissons et tortues se suivent et se ressemblent, pourtant je m’arrête à chacun d’entre eux pour admirer avec extase les poissons ou les minuscules tortues et autres bizarreries (grenouille nues, mini homard…). Je rejoins ensuite la rue de Ladie’s Market pour flâner. Tient plein de peluches et jouets « one piece », ma sœur serait folle ! Tant pis je ne peux pas remplir ma valise avec des babioles alors que je ne suis pas prête de rentrer en France. Total des achats : une clé usb Yoda 4€ (qui ne marche pas) et une paire de converses noires 20€ (38.5 au lieu de 39), mais ca je m’en rendrai compte une fois arrivée en Australie. Pu*** de chinois…
Je finis mes 3 jours d’escale par une séance de lèche-vitrine dans un centre commercial à vouloir dévaliser les magasins Adidas et Nike. Malheureusement le manque de place dans ma valise m’empêche tout achat compulsif. Ca y est, il est temps de retourner à l’aéroport pour y passer ma dernière nuit. Celui-ci est très agréable (élu meilleur aéroport mondial de 2001 à 2005 et toujours réputé pour sa qualité) et je ne suis pas la seule à dormir sur place. Après un dîner au burger King, je m’allonge sur un banc et m’endort donc paisiblement.
Heureusement d’ailleurs que je n’ai pas eu de mal à m’endormir car le second vol est un peu moins confortable. En effet, je me retrouve coincée entre 2 chinois. Pas de sieste possible dans cette position-là. Je regarde donc la liste de films proposés sur l’écran. J’opte pour un film français « La vie d’une autre », « merde » voilà que je me mets à chialer. J’essaye donc de pleurer silencieusement et m’essuie les larmes avec la couverture fournie par Cathay Pacific. « Bon aller faites péter les cacahuètes et le Sprite, ca ira mieux ! ».