Episode 15 : Caroline à la ferme
Nous sommes déjà en mai, déjà 8 mois que j’ai posé le pied sur ce si beau continent, 8 mois que je me crois en vacances… Mais si j’ai envie que cette aventure se poursuive il faut que je tente une nouvelle expérience : la vie à la ferme.
En effet, tout titulaire d’un visa working holiday peut renouveler son visa d’un an, si et seulement si, il travaille 3 mois dans des secteurs particuliers tels que la ferme, la pêche ou les mines. Pour la plupart d’entre nous backpackers, c’est le travail à la ferme qui l’emporte. Soit en fruitpicking (il est nécessaire d’avoir son propre logement, tu es payé à l’heure ou au rendement et tu peux alors te faire pas mal d’argent) ou le woofing (tu es logé et nourri en contrepartie de quelques heures de boulot, mais pas de paie). Me voilà donc lancer sur gumtree à la recherche du bon plan qui me donnera la clé pour le second working holiday visa. Plusieurs mails et appels plus tard et pas une seule réponse positive. Sachant que j’ai déjà trouvé une fille pour me remplacer dans la famille et que je suis censée rentrer le 15 aout à Manly pour redémarrer dans cette même famille, il faut que je me bouge… il faut que je sois partie à la fin de la semaine. Mais voilà que je reçois un appel de Marie, la française avec qui j’ai voyagé sur la côte Est en janvier. Elle travaille actuellement dans une ferme près de Brisbane. Il y a quelques jours j’ai appelé son employeur pour lui demander s’il avait du boulot pour moi, mais en vain. Mais finalement, Marie m’annonce qu’une des filles s’est fait virer et que si je suis toujours disponible, je suis embauchée. « Supeeeeer ! ». Voilà que je suis ravie d’aller travailler à la ferme, comme quoi l’Australie c’est un autre monde. Bref, une nouvelle aventure est en marche. La ferme se trouve à Hélidon, à 1h30 de Brisbane, on y cultive des salades et du basilic. Le fermier embauche uniquement des filles. Je vais donc rejoindre une équipe de 7 filles qui vivent dans une maison. Mes billets d’avion et de bus réservés aussitôt, je prépare ma valise et dans 2 jours je serai dans un autre Etat.
Jour-J, il est temps de dire au revoir à Félix, Enzo et Mathilde. Ils vont me manquer mais dans 3 mois je serai de retour. Après la journée dans les transports, j’arrive à 19h à la ferme et fait connaissance avec les filles (3 irlandaises, 2 écossaises et 1 finlandaise) ainsi que les 2 chats Buff et Félix. Les filles sont sympas mais ont un accent incompréhensible. Va falloir du temps avant que je m’habitue. De plus, le jour de repos étant le samedi (c’est-à-dire aujourd’hui), je commence le boulot demain.
Mon premier jour de travail : 8h à empaqueter du basilic, voilà comment j’ai passé mon dimanche. Ce n’est pas un boulot difficile en soi, mais faire la même chose pendant des heures n’est pas très… épanouissant ; surtout quand je mets le double de temps que les filles. Sans doute que je vais améliorer mon coup de main. En me connectant à internet en fin de journée, j’ai la surprise de voir qu’une famille m’a contacté pour être au pair. J’avais en effet posté une annonce pour trouver une famille dans une ferme, capable de signer pour le renouvellement de mon visa. Cette famille n’habite pas dans une ferme, mais le père à une entreprise qui s’occupe du transport et du suivi du bétail. Je ne suis pas sûre que cela compte pour le renouvellement. Il faut que je me renseigne, et que je ne fonce pas tête baissée. Je n’ai pas le droit à l’erreur car j’arrive en fin de mon premier visa.
Je passe donc toute la semaine à tenter de trouver des réponses sur le site officiel du gouvernement ou dans les forums auprès d’autres backpackers français. La famille est vraiment enthousiaste à l’idée que je les rejoigne, surtout suite à la « wonderful reference » que Mathilde a fait de moi. Ils sont même prêts à m’embaucher sans entretien préalable (entretien qu’ils tenaient absolument à faire au départ). C’est pourquoi, ils font tout de leur côté pour se renseigner pour mon visa et le père de la famille décide d’appeler le département de l’immigration pour avoir quelques informations, et me confirme ainsi qu’il est éligible pour me signer mon second visa. Pourtant, je ne suis tout de même pas 100% convaincue et je continue donc mes recherches.
Nous sommes vendredi, voilà une semaine que je plante, ramasse et empaquette des salades et du basilic. Nous travaillons parfois jusqu’à 12h par jour, j’ai des mains de mécanos, les ongles noirs, impossible à faire partir même après plusieurs lavages à la brosse. Je ne me vois pas faire ca pendant 3 mois, surtout pour 100$/semaine. De plus, après avoir parlé de la proposition de job aux autres filles, elles m’ont dit de ne pas hésiter, ca serait toujours mieux qu’ici. Voilà nous sommes vendredi et j’ai pris ma décision, demain je rejoins la famille pour être au pair.
Me reste à annoncer la nouvelle à Adam, le fermier. Les filles m’ont assez stressée pour le coup. Apparemment notre fermier serait assez colérique. La dernière fille a du partir subitement et il n’a même pas voulu la payer. Je profite donc d’un moment de rigolade où je le sens détendu pour me lancer. Et voilà l’affaire est dans le sac, aucun problème, je ne me suis pas fait insulter ou prier de partir sur le champ et j’aurai même mes 100$.
Voilà j’aurai donc testé la vie à la ferme pendant une semaine et c’est bien suffisant pour moi.
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