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04 Jul

Episode 9 : De la vie de fille au pair à celle de professeur stagiaire

Publié par Caroline

Si j’ai eu envie de m’installer à Auckland, ce n’est pas parce que la ville m’attirait. Auckland reste une grande ville parmi tant d’autres, avec des gratte-ciel, des magasins de souvenirs, des embouteillages, des chinois… Pas vraiment ma tasse de thé. Si j’ai décidé de venir à Auckland c’est pour travailler dans une école française. Et oui, car je vous le rappelle mais j’ai quand même fait 5 ans d’études pour devenir professeur des écoles. Et voilà maintenant deux ans et demi que je vagabonde… Je ne sais toujours pas ce que je vais faire de ma vie, je ne peux pas être fille au pair indéfiniment. J’ai besoin de trouver un vrai travail. J’ai donc contacté l’école française d’Auckland (seule école française en Nouvelle-Zélande) et ils m’ont proposé un stage non rémunéré. J’ai l’espoir que ce stage m’éclaire un peu plus sur mon potentiel avenir.

D’autre part, n’étant pas rémunéré, il m’est impossible de louer un appartement et je décide donc à nouveau de trouver une famille d’accueil pour être au pair. C’est tâche aisée, puisqu’une maman de l’école française me contacte aussitôt pour me proposer le rôle. J’arrive donc à Auckland à la mi-avril avec un toit et un job.

 

Je rencontre Ania, la maitresse référent (elle est d’origine polonaise mais parle parfaitement français) qui m’explique le déroulement de mon stage. Ce trimestre je suis la seule stagiaire à l’école, alors que d’habitude il y en a toujours 1 ou 2 par classe. De plus, ce trimestre marque l’ouverture d’une troisième classe. Je serai donc divisée entre les 3 classes du mercredi au vendredi (le lundi et mardi étant les jours de classe en anglais). Je prends rapidement mes marques et me sens très à l’aise à l’école, avec les élèves, les professeurs, les parents… L’enseignement est très différent de la France, pas de pression sur les élèves, beaucoup d’interaction, de déplacements. On apprend en s’amusant. Cependant l’enseignement est très limité car il suit le programme néo-zélandais et il n’y a donc pas de géographie, histoire, sport, sciences … L’apprentissage se concentre autour de 3 piliers : la lecture, l’écriture et les mathématiques. Et c’est ensuite au bon vouloir du professeur d’introduire d’autres notions. De plus, les professeurs s’organisent autour d’un thème par an et un sous-thème par trimestre. Ainsi, cette année le thème est « notre univers » et le thème du trimestre est « notre système solaire ». Le thème du trimestre précédent était « nos peuple ». L’enseignant est donc assez libre d’organiser son cours comme il le souhaite ce qui est très agréable et change complètement de la pression du système français et de toutes les séquences/séances/fiches de préparation qui constituent une véritable prise de tête.

De plus, une particularité du système néo-zélandais, c’est que les enfants font leur rentrée scolaire dès leur sixième anniversaire. Ainsi, tout au long de l’année l’école accueille des enfants, ce qui est un peu compliqué pour les maitresses de devoir prendre du temps avec chaque nouvel arrivant qui n’a pas encore les réflexes d’autonomie.

Autre point important de l’école française d’Auckland : les familles. Dès le premier jour, les mamans me disaient « mais tu peux me tutoyer voyons». Tous les parents se côtoient, sont très impliqués dans la vie de l’école et entretiennent une bonne relation avec les professeurs. Il y a une maman orthophoniste qui vient aider de temps en temps dans la petite classe, une autre qui vient apprendre une chanson, un papa astronome qui vient parler de son métier. Les parents peuvent également rester en classe s’ils souhaitent observer leur enfant. Certains restent un petit peu le matin ou d’autres arrivent avant la fin et s’asseyent discrètement dans un coin. J’aurai été sûrement très mal à l’aise en France face à ce genre de comportements, mais ici aucuns soucis. Je peux avoir des parents qui m’observent quand je fais ma leçon, cela ne me dérange pas.

Je me plais vraiment dans cette école et cela m’aide à confirmer ma future vocation. Après tout, je n’ai pas fait 5 ans d’études pour rien et peut-être qu’un jour elles me serviront même à quelque chose.

 

L'assemblée le jour d'Anzac day, commémoration des morts de la Première guerre mondiale

L'assemblée le jour d'Anzac day, commémoration des morts de la Première guerre mondiale

Episode 9 : De la vie de fille au pair à celle de professeur stagiaireEpisode 9 : De la vie de fille au pair à celle de professeur stagiaire

D’un autre côté, je continue d’occuper le haut poste de fille au pair en m’occupant de trois petits français. Mais cette fois-ci, je suis tombée sur 3 monstres : cris, insultes, bagarres, pleurs. Je n’ai pas une seconde de répits, il y a toujours du bruit à la maison et cela me rend dingue. Heureusement je m’en occupe seulement entre 15h et 18h mais je compte déjà les jours qui me séparent de la fin. Comme quoi, moi qui pensais que cela venait de la culture australienne ou néo-zélandaise, et ben j’avais tord !

Enfin, j’essaye de m’habituer à la vie sur Auckland, mais pas facile de vraiment apprécier. Il n’y a pas grand-chose à faire, même dans les alentours, il n’y a pas vraiment de randonnées sympas ou d’activités à faire. J’ai bien essayé d’aller à Kerikeri et Piha dont on m’avait venté le paysage, mais j’ai été fortement déçue. Que faire donc de mes weekends, à part faire du lèche-vitrine. Cependant, il y a quand même une chose super à Auckland, ce sont les soirées françaises chaque mois. En effet, « le chef » un restaurant français organise une soirée de temps en temps avec Ricard et musique française. Et on se retrouve avec toute la communauté française pour danser sur du Patrick Sébastien et du Michel Sardou. Un pur moment de bonheur !

 

 

Karekare
Karekare

Karekare

Piha
PihaPiha

Piha

Auckland cbdAuckland cbd
Auckland cbdAuckland cbd

Auckland cbd

Les semaines défilent sans que je voie le temps passer, et la fin de mon stage approche. Il va pourtant bien falloir que je commence à songer à la suite. J’ai très envie de retourner à Queenstown. La vie y est tellement agréable. Mais l’hiver me fait peur. Il ne faisait déjà pas chaud en été, alors en hiver… Et puis, qu’est-ce que je vais faire là-bas ? Trouver un sponsor en tant que serveuse ou femme de ménage pour pouvoir rester en Nouvelle-Zélande ? Pourquoi pas… Mais d’un autre côté mon stage me plaît énormément et un boulot en tant que professeur des écoles à Auckland m’attire plus. Il me reste encore quelques semaines pour réfléchir aux différentes possibilités. Mais une chose est sûre : je ne veux pas rentrer en France !

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