Episode 1: Bali
Cette saison 3 démarre en beauté puisque je me trouve à Bali. Destination phare de ces dernières années, Bali, aussi appelée l’île des Dieux, m’a été recommandé à l’unanimité par mes amis voyageurs que j’ai rencontré en Australie. Une véritable carte postale selon eux, j’ai tellement hâte de découvrir cette petite partie de l’Indonésie. Je me retrouve donc à faire connaissance avec Carlotta, une italienne voyageant sur le même vol que moi. Nous décidons de passer les premiers jours ensemble à Bali.
Nous arrivons à minuit, heure locale, à l’aéroport de Denpasar. Le temps de payer notre visa, passer la douane et récupérer nos valises et nous devons trouver un taxi. C’était sans compter sur les porteurs de bagages qui viennent te harceler. « Non merci, je vous dis que je n’ai pas besoin d’aide ». Mais le type insiste, il me prend le chariot des mains. Je ne sais pas trop quoi faire, mais ayant été prévenu avant sur la combine, je le vire gentiment pour éviter d’avoir à lui laisser un pourboire. Je peux très bien pousser mon chariot moi-même. Carlotta est morte de rire, et moi j’ai juste envie de sortir de cet aéroport. Deuxième défi : trouver un taxi. Des taxis, il y en a plein. Des taxis bon marché, par contre, sont un peu plus rares. Le premier chauffeur nous demande 200 000, je lui ri au nez. M’étant renseigner avant, je sais que le prix tourne autour de 60 000-90 000rp. Nous continuons donc quelques minutes le tour des chauffeurs de taxi afin de trouver la meilleure offre, et finalement concluons le trajet pour 80 000rp (6€). Le taxi nous emmène au Kedin’s Inn, un hôtel que j’ai repéré auparavant sur un site internet, avec de bonnes recommandations. Le taxi s’engage à présent dans une petite ruelle sombre et très étroite où seule une voiture peut passer. Carlotta me serre la jambe en signe de détresse. Elle n’est pas rassurée du tout et craint de n’être tombé sur un serial killer. Mais nous arrivons alors à destination. Il est bientôt 2h du matin et nous nous écroulons de fatigue dans nos lits respectifs.
Premier réveil à Bali. Malgré le petit-déjeuner qui est loin de répondre à mes attentes, nous sommes en forme pour une journée découverte autour de Kuta. Nous nous promenons un peu dans la rue où se trouve notre hôtel. Il s’agit en fait d’une étroite rue où s’enchainent des centaines d’étales de vendeurs proposant exactement la même chose. « Vient, vient, regarde ce que j’ai ! », « Massaaaage ! », « Taxi ?! », nous sommes harcelées de toute part par ces vendeurs ambulants. C’est un peu déroutant. Nous découvrons également quelques aspects de la culture balinaise : les offrandes au pied de chaque magasins (les balinais sont majoritairement hindouistes et ont plusieurs dieux auxquels ils font des offrandes plusieurs fois par jour), les vendeurs couchés à même le sol. Je m’imagine bien rentrer dans un magasin en France avec la vendeuse posée par terre en train de faire sa sieste… Bref, je suis en plein choc culturel. Nous décidons avec Carlotta de louer un scooter pour explorer le sud de l’île. Etant la seule à avoir mon permis international, je suis donc d’office la pilote. Mais n’ayant jamais conduit de scooter de ma vie, cela s’annonce difficile. Premier tour de poignée et je loupe de peu de m’écraser dans le stand en face. Les gens rigolent, même celui qui me loue le scooter. Pas stressée le type, il donne son scooter, la fille va visiblement se tuer ainsi que l’engin, mais il ne sourcille pas et me laisse partir. Les premiers mètres de conduite sont les plus stressants de ma vie. La rue est tellement étroite, les piétons nombreux et les balinais à 3 sur leur scooter te rasent de près. Finalement, je m’habitue rapidement et grâce à l’aide de Carlotta qui m’indique la direction à prendre, nous voilà parties pour Nusa Dua. En chemin, nous nous faisons arrêter par la police. Je suis un peu stressée car même si je suis en règle, la police balinaise est très corrompue, et profite des touristes pour se faire un peu d’argent. Ils trouvent quelque chose à redire sur le scooter, et à moins de glisser un petit billet dans ton passeport, ils ne lâchent pas l’affaire. (J’ai rencontré des français plus tard qui se sont fait arrêter 3 fois, et ont du glisser un billet dans le passeport pour éviter de grosses amendes). Heureusement, souriantes et sympathiques comme nous sommes, le policier regarde à peine mon permis et nous laisse repartir sans aucun problème. Nous arrivons donc finalement à la plage de Nusa Dua. Le sable est brûlant, et tous les touristes sont regroupés à l’ombre des arbres. La mer est retirée et à moins de marcher sur des centaines de mètres, il n’est pas possible de se baigner. Je me roule tout de même dans une flaque d’eau pour me rafraichir, avant de rejoindre ma serviette pour une petite sieste. « Massaaaaage ? » Olala, on n’est jamais tranquille. En début d’après-midi, nous reprenons la route pour rejoindre le temple d’Uluwatu pour le coucher du soleil. Après avoir payé le parking et l’entrée du temple (on se croirait à Walibi) et revêtu un sarong, nous nous apprêtons à rentrer dans le temple. Mais avant tout, nous rangeons toutes nos affaires (lunettes, bracelet, montre, téléphone) dans notre sac-à-dos. En effet, ici se trouvent de vils singes qui chapardent tout ce que vous laisserez trainer. Un couple d’australiens que nous avons rencontré dans l’après-midi, nous a bien dit de nous méfier. Soudain je sens quelque chose, appuyé contre ma jambe, et tentant de m’arracher mon sac. Je me retourne et … « aaaahhhh ». Un singe qui m’arrache mon porte-clés. Les touristes autour de moi sont morts de rire, et j’avoue aussi que je me fais rire moi-même avec ce cri strident que j’ai poussé. Mais c’est ma première agression par un singe, ca secoue ! Malgré tous mes efforts pour dissimuler le moindre objet, voilà que cette petite terreur m’a volé mon porte-clés walibi. Il l’a carrément décapité et mange son petit corps orange devant moi. « Vas-y nargue moi bien, je vais te mettre un coup de bâton, tu vas moins faire le malin » me dis-je encore sous le choc. L’anneau en fer du porte-clés est tordu, ce qui laisse imaginer la force qu’il a le macaque. Juste après cela, un autre singe arrive sournoisement derrière un homme et lui vole les lunettes qu’il a sur la tête. Carlotta et moi sommes désormais stressée de sortir notre appareil photo. Nous avons même peur de nous aventurer plus loin. Finalement, c’est avec ma perche de gopro à la main, prête à assommer le premier singe qui s’attaquera à moi, que nous avançons prudemment à l’intérieur de l’enceinte. Il y a beaucoup de touristes, ce qui comme à chaque fois, gâche un peu la vue. Nous trouvons quand même une place plus calme pour admirer le coucher de soleil. C’est donc dans la nuit que nous rentrons sur Kuta. Je manque de me prendre un trottoir mais nous rendons quand même le scooter en un seul morceau et décidons même de remettre ca pour le lendemain. Je convaincs même Carlotta de réserver une nuit de plus à Kuta et nous irons ensemble à Ubud. La pauvre, elle déteste vraiment l’agitation de Kuta mais il y a quand même quelques belles choses à voir. En cette fin de soirée, nous nous promenons dans les rues et observons bon nombres d’hommes (européens ou australiens) au bras d’une prostituée balinaise (déjà ce matin à l’hôtel, au petit-déjeuner nous avions repéré). Nous passons également devant un salon de massage qui a l’air pas mal et décidons d’y retourner demain.
Le vilain singe qui a tenté de me dérober mon walibi et qui a ensuite préféré voler et manger des lunettes
En ce jeudi matin, nous déposons nos bagages dans une agence de voyage à une dizaine de minutes de l’hôtel. Ils nous les garderont pour les 3 prochaines semaines à hauteur de 0.60€ par semaine (bon plan trouvé sur internet). Bien entendu, marcher dans la rue avec une lourd sac-à-dos attise l’intérêt des balinais. Ainsi, pendant 10 minutes non-stop nous supportons les « transport ? taxi ? » qui reviennent en boucle. « Non merci ! » nous répondons poliment tout en étant exaspéré par ce harcèlement perpétuel. Puis, nous passons récupérer le scooter. Cette fois, le départ est plus serein. Je maîtrise l’engin. Nous nous aventurons donc au nord-est de Kuta pour aller visiter le temple de Tanah-Lot. En chemin, nous nous arrêtons à la plage de Semyniak. Sable brûlant, courants trop forts, centaines de touristes, vendeurs ambulants omniprésents… Bref, une plage sans aucun charme. Nous décidons tout de même de rester un peu puisque nous avons le temps. Tandis que Carlotta se fait harceler pour acheter un paréo, je feins de dormir pour éviter ce genre de problèmes. Aux environs de 14h, perdus au milieu de nulle part, nous nous arrêtons pour manger un bout dans un warung (petits restaurants locaux) sur le bord d’une route, bien décidées à gouter les plats locaux. Les balinais ne parlent pas un mot d’anglais et sont incapable de nous dire de quoi il s’agit, mais nous devinons qu’il s’agit de poulet. Le plat est un peu léger. Carlotta donne ses boulettes de poulets au chien car elle n’aime pas. Après avoir bien observé combien les clients balinais payent, c’est à notre tour. Le type me montre les billets que je dois donner. Comme je m’y attendais, il essaye de me faire payer bien plus que les locaux. Le fait qu’il ne parle pas un mot anglais ne facilite rien à la négociation. Finalement, j’arrive à baisser un peu le prix, mais toujours trop cher par rapport à ce que l’on a mangé je trouve. « La prochaine fois, nous nous arrêterons au Macdo, au moins pas de mauvaise surprise » me dis-je. Nous remontons en scooter et au moment de m’engager sur la route, je ne sais pas ce qu’il se passe, une mauvaise manipulation de la poignée d’accélération et le scooter s’emballe. Je me déporte trop sur la voix d’en face et rentre dans une petite camionnette. Nous sommes toujours en place, mais un scooter qui arrive dans l’autre sens nous percute et là je ne peux rien faire. Notre scooter renversé au sol, bien que nous ne soyons nous-mêmes pas tombé. Je ramasse le scooter, et traverse la route. « Merde, merde, qu’est-ce que j’ai fait ! ». Je vais bien, le scooter n’a pas l’air endommagé, mais Carlotta, elle, n’est pas bien. Assise par terre se tenant la jambe. Une grosse égratignure à la jambe et surtout une douleur au pied. Pourtant rien n’a l’air très grave, elle peut bouger le pied, et marcher. Personnellement, je pencherai plus pour le choc mais elle me dit qu’elle a vraiment mal. Je connais cette fille depuis 2 jours, quelle est sa résistance à la douleur ? En même temps, quand tu penses aux joueurs de foot italiens qui simulent à chaque fois, je me dis que peut-être ce n’est pas si grave. Un couple d’allemands s’arrête, ils ont ramassé ma tong que j’ai perdue dans le choc. Ils sont très sympa et surtout compréhensifs car ils savent que ce n’est pas évident d’être un touriste sur les routes balinaises. Les balinais, eux, s’en fichent complètement, le scooter qui m’est rentré dedans a simplement continué sa route comme si de rien n’était. Le peu de personnes qui sont autour de nous, sont venus plus par curiosité que pour aider. Après un rapide examen par l’allemand celui-ci en conclu qu’il n’y a rien de grave et que c’est sûrement le choc qui provoque la douleur (bien qu’il ne soit pas médecin). En tout cas, c’est bien ce que je pensais. Cela n’empêche que je m’en veux énormément pour ce stupide accident. Heureusement, dans ce petit village perdu, il y a quand même une pharmacie et nous y allons pour soigner le pied de Carlotta. Près d’une heure plus tard, nous ne savons plus quoi faire. Bien sûr je veux continuer la route pour aller voir le temple comme nous l’avions prévu mais Carlotta ne veut pas remonter sur le scooter, et je la comprends tout à fait. Elle hésite à rentrer à Kuta en taxi. Elle s’imagine avec un pied cassé ou une infection. J’ai envie de lui dire « aller c’est bon, c’était pas non plus le pire accident de scooter, il n’y a rien de grave » mais je ne me le permettrais pas. Finalement, et à ma plus grande satisfaction, Carlotta décide de poursuivre le chemin jusqu’au temple. Nous remontons donc en scooter, et je tâche de rouler prudemment. Bien sûr, je suis moi-même très stressée et tremble à chaque fois qu’un scooter arrive à vive allure à une intersection, sans même regarder, mais je ne suis pas du genre à tout abandonner après un petit accident. Nous arrivons donc à Tanah-Lot, saines et sauves. Le parking est rempli de touristes, et quand nous arrivons sur l’esplanade qui surplombe le temple, c’est une marée humaine qui nous apparait. Rien à voir avec les photos de Google où la vue du temple seul est incroyable. A l’entrée du temple, un marché et quelques vendeurs ambulants. Un vieux balinais qui joue de la flûte me demande de le prendre en photo. Je m’exécute pour lui faire plaisir. « Money for the photo ! » me dit-il en pointant les billets sur sa petite table. « Ah putain, il est malin lui. Je me suis bien fait avoir ! ». C’est à regret que je lui laisse un petit billet. En fait, ca ne représente que 0.10€, mais je n’aime pas qu’on me force la main, C’était hors de question que je lâche plus pour cet arnaqueur. Carlotta se plaint beaucoup de son pied qui lui fait atrocement mal et décide de s’asseoir dans un coin en attendant que je visite. Je pars donc explorer les alentours. Une file d’attente s’est formée au pied du temple. Il faut d’abord se faire « purifier » pour pouvoir accéder aux escaliers. Voulant avoir une meilleure vue, je décide de faire la queue. Le balinais me demande de me passer de l’eau de la fontaine sur le visage d’abord. Je m’exécute. Puis une autre personne me met du riz sur le front. Ensuite, on me demande de faire un don. « Tient, j’aurai du m’en douter qu’il fallait encore sortir le porte-monnaie. Bon, au moins j’ai accès à la partie supérieure du temple. » Je commence donc à monter les marches et à peine quelques mètres plus loin, je constate une grille, interdisant l’accès. « Putain mais tout ca pour ca ! Ils se foutent de moi. » Décidément, je suis de plus en plus déçue par Bali. Le touriste est vraiment pris pour un pigeon. Je redescends donc les quelques marches et décident d’aller de l’autre côté de la falaise pour me trouver une petite place tranquille afin d’admirer le coucher du soleil. Quel dommage tous ces touristes qui gâchent une jolie photo. Sans parler de ce guide balinais qui jette sa cigarette du haut de la falaise, droit dans la mer, cela me met hors de moi ! Une fois le spectacle fini, je rejoins Carlotta. Que va-t-elle décider ? Il y a presque 1h de route jusqu’à Kuta et elle me dit qu’elle préfère rentrer en taxi. Mince, je dois ramener le scooter toute seule. J’appréhende un peu. Non pas d’avoir un autre accident mais de retrouver la route. Car c’est une vrai galère ces routes. Aucun panneau de direction, ou du moins une fois toutes les 3 intersections. Tandis que Carlotta attend un taxi, j’engage la conversation avec un groupe de français et d’italiens. Ils rentrent également sur Kuta et demande donc s’il est possible de les suivre pour éviter que je me perde. Ils acceptent sans problème et l’un des italiens commence à discuter avec Carlotta. Il lui propose de la prendre derrière sa moto. Carlotta hésite un peu mais se laisse convaincre. Nous repartons donc tous ensemble. C’est tellement plus reposant d’avoir quelqu’un pour nous guider sur ces routes. A 20h nous arrivons en ville, et je dépose Carlotta à la clinique. Elle ne tient plus, et veut absolument voir un médecin. Je dépose donc le scooter (sans mentionner l’accident bien sûr) puis la rejoins. Un bandage, quelques médicaments et 120$ plus tard, Carlotta est plus ou moins rassurée. Nous rentrons donc à l’hôtel assez fatiguées après cette journée mouvementée. Malheureusement, il n’y aura pas de massages pour nous ce soir comme nous l’avions prévu. Espérons que demain soit une meilleure journée.
Dernier réveil à Kuta. Nous quittons enfin cette ville de fous pour aller à Ubud. Plusieurs personnes m’ont vanté Ubud comme étant plus calme et moins touristique. J’ai donc hâte de me retrouver loin de toute cette agitation. Surtout que Carlotta a toujours très mal à son pied et veut se reposer. En fin de matinée, nous voilà donc arrivées. J’ai quelques adresses d’hôtel mais avec nos valises, pas envie de marcher des kilomètres. Ca tombe bien puisque quelqu’un vient nous proposer une chambre pour 150 000rp (10€). Il nous amène une par une en scooter chez lui. J’appréhende un peu ce que nous allons trouver, mais une fois sur place, une belle surprise. Il s’agit d’une maison balinaise avec des petits bungalows. Calme, reposant, je sens que nous allons être bien ici. Juste le temps de poser nos affaires et nous partons explorer la ville. « Massage ? Taxi ? » « Oooh mais là aussi ! Ca ne va donc jamais s’arrêter ! » Nous repérons une petite boulangerie charmante et nous y arrêtons pour un gouter. Ca sera un palmito et un smoothie à la pastèque pour moi. Un régal ! Tandis que Carlotta retourne à l’hôtel pour se reposer, je continue mon chemin jusqu’à la Monkey forest. A peine arrivée et les singes sont partout, en train de tenter de dérober les bananes que les gens ont payé une fortune pour les nourrir, en train de se bagarrer à nos pieds, plus que cooperatifs pour une photo. Je suis comme une enfant et les mitraille de photos. Malgré tout, je me méfie des plus gros. Après l’attaque d’un singe à Uluwatu, je ne suis pas sereine. Mais cela ont l’air bien plus calme. Je passe près de 3h dans cette forêt peuplée de singes. J’ai la chance de les nourrir et d’en avoir quelques uns qui viennent sur mes épaules. Bon, il y en a aussi un qui tente de m’attaquer car visiblement il n’aime pas qu’on le prenne pour un chaton (j’essayais de faire bouger mes doigts pour l’attirer comme on fait aux petits chats pour qu’ils aient envie de s’approcher). Je crois que c’est la première fois depuis le début, que je suis ravie de ma journée. En rentrant, j’essaye de ne pas trop montrer ma joie car c’est sûrement quelque chose que Carlotta aurait aimé faire. Elle fera sûrement dès que son pied ira mieux et qu’elle pourra remarcher. Nous finissons cette belle journée (du moins pour moi) autour d’un diner au resto avec les 2 françaises qui occupent la chambre en-dessous de la nôtre. Elles ont prévu de faire le trek jusqu’au mont Batur demain. Enfin, cette nuit. Car en effet, il faut se lever à 2h du matin, pour être au sommet à 6h du matin pour admirer le lever du soleil. C’est quelque chose que j’ai envie de faire c’est sûr, mais il y a aussi l’ascension du mont Agung qui doit être sympa, bien que plus physique. Je me décide finalement de faire le trek avec les filles. Mais un problème se pose, et pas des moindres. Toutes les agences touristiques sont fermées (oui car il faut payer un guide). Les filles me suggèrent de simplement me pointer au rendez-vous avec elles à 2h du matin, et voir s’il y a de la place dans la navette. « Mouais, j’espère ne pas me lever pour rien …» Nous rentrons à l’hôtel peu après 21h, ce qui me laisse un peu moins de 5h de sommeil… La nuit va être courte.
Des singes...
... encore des singes...
... et toujours des singes!
Samedi 27, il est 1h55 quand mon réveil sonne. J’ai l’impression de m’être endormi il y a à peine 20 minutes. Les p**** de coq ont chanté toute la nuit, si fort que j’avais l’impression qu’ils étaient dans la chambre ! Je rejoins donc les filles et attendons la navette. « J’espère que je ne me suis pas levé pour rien ». Le gars arrive, et après lui avoir expliqué la situation, il m’accepte. Une seule place restante, c’était ma chance. Deuxième étape, nous rejoignons le camp où un petit-déjeuner nous attend, mais aussi le boss à qui je dois régler le tour. Il me demande 350 000rp (30€), j’essaye de négocier mais visiblement ce n’est pas possible. De toute façon maintenant que je suis là, je ne peux pas retourner me coucher. Je m’acquitte donc de ma dette. Quelques minutes plus tard, nous remontons dans la voiture qui nous dépose cette fois au pied du mont Batur. A peine sortie de la voiture et le froid me surprend. Nos guides viennent à notre rencontre. Ils sont 3 pour une douzaine de personnes. Mais des groupes comme nous, il y en a des dizaines et des dizaines. Certains sont déjà à l’assaut du mont, et nous voyons juste les lampes torches au loin. Je ne m’imaginais pas que ca allait être si touristique. Dès le début, je sens que cette ascension va être éprouvante. Le mont Batur est un volcan, du coup nous marchons sur des pierres volcaniques qui roulent sous nos pieds. Une fille de mon groupe n’arrive même pas à tenir debout, elle glisse sur chaque pierre et l’un des guides l’aide à avancer. Cela doit bien faire 1 heure que l’on marche à présent et nous faisons une pose sur un plateau venté. Un enfant vient alors me proposer à boire. Sur mon air interloqué, le guide nous explique que ce jeune garçon, se lève tous les matins, monte jusqu’ici pour vendre ses canettes puis redescend pour arriver à l’heure à l’école. Ok donc moi qui suit déjà en train de suer et de m’époumoner à grimper ce volcan, tente d’imaginer ce gosse qui le fait tous les matins… Il en faut du courage. Après encore une bonne heure de marche, nous arrivons enfin au sommet. Le vent est glacial mais la vue est incroyable. J’essaye de faire abstraction des nombreux touristes. Voilà le soleil est levé maintenant, et nous pouvons repartir. Un long chemin en perspective mais heureusement plus aussi froid. Il est 11h30 quand nous sommes de retour à l’hôtel. Une petite sieste s’impose. Une heure plus tard, réveillé par le retour de Carlotta, la bave coulant le long de ma joue, je me sens requinquée. Je pourrai rester au lit toute la journée mais il y a d’autres choses à voir, tel que le temple de Goa Gajah. Pourquoi ne pas y aller à pied, il a l’air à côté. Près de 40 minutes de marche plus tard, je regrette d’avoir eu cette idée. Comme si je n’avais pas assez marché aujourd’hui. Encore une fois, un temple que l’ont dit « incontournable » me laisse perplexe. Oui c’est sympa, mais pas de quoi s’émerveiller. Plus loin, un petit chemin, un peu caché, indique la suite du temple. Je décide de m’y aventurer. Quelques minutes plus tard, je constate qu’il faut encore payer, enfin non, ici on parle de dons ! Je dois donc faire un don à ce balinais qui s’occupe de l’entrée. Blasée encore une fois, je m’acquitte de ce don. Le chemin au milieu de cette forêt est escarpé et glissant, pas des plus pratiques en robe et tong. Une fois arrivée, en bas du chemin, je constate qu’il n’y a rien à voir… Doublement blasée ! Une rivière que l’on peut traverser grâce à un petit pont constitué de 3 bambous (pas très rassurée). Et alors, que cet homme m’avait dit que je pouvais remonter par l’autre côté de la rivière, me voilà coincée ! Aucun moyen d’accéder au sentier, à moins d’avoir de sérieuses aptitudes d’escalade. Me voilà donc contrainte de faire demi-tour. Et voilà à nouveau comment dépenser 20 000 roupies pour rien du tout ! J’adore Bali ! Maintenant que je ne suis pas à ca près, je décide de rentrer en taxi jusqu’à l’hôtel. Le chauffeur me demande 100 000rp, je lui en offre 50 000. Il refuse. « Ok tant pis, je rentre à pied ! » « Aller ok pour 50 000 ! » me dit-il en me rattrapant. Je retrouve les filles à l’hôtel et repartons plus tard au resto.
Notre chambre d'hôte
Dimanche 28 septembre, 7h00 du matin : Carlotta part finalement car elle a décidé de se reposer aux îles Gilis. Des îles paradisiaques qui lui feront, je l’espère, oublier l’accident de scooter. Me voilà donc désormais seule à Bali. Vers 11h, je rejoins les parisiennes pour une petite randonnée à travers les rizières de Campuhan. C’est une très belle et agréable marche à travers les champs de riz. Nous y croisons très peu de touristes. Le retour par la route est un peu trop long et je commence à fatiguer avec cette chaleur. Mais une fois de retour à l’hôtel, pas le temps de trainer car j’ai rendez-vous avec mon chauffeur de taxi (scooter taxi) pour me rendre à l’hôtel Ubud hanging gardens. Là-bas se trouve l’une des plus belles piscines du monde. En me renseignant un peu sur internet, j’y avais lu qu’il était possible de s’y rendre et de s’y baigner si l’on consommait au bar de l’hôtel. Plutôt un bon deal je trouve. Près de 40 minutes de route plus tard, me voilà arrivée. La vue est magnifique, l’hôtel est au milieu de la forêt. Mais une fois à l’entrée, une mauvaise surprise m’attend ! « Bonjour, bienvenue à l’hôtel Ubud hanging gardens. Vous pouvez accéder au bar de l’hôtel, à la piscine, mais vous ne pouvez pas vous y baigner. Le droit d’entrée est de 250 000rp. » « Quoiiiii ?! Mais j’ai pas lu ca sur internet.» « Oui désolé, le propriétaire a changé il y a 9 mois et nous avons une nouvelles réglementation. » (Pour info 250 000 rp = 20€). Je me disais bien que c’était trop beau pour être vrai. Je suis dégoutée. Débourser 20€ juste pour pouvoir prendre une photo. Mais bon, en même temps, je suis là maintenant, j’ai payé le taxi, je ne vais pas faire demi-tour. C’est à contrecœur que je lâche les billets. Je bombarde la piscine de photos. En effet, elle est vraiment magnifique. Le pire c’est qu’il n’y a absolument personne qui se baigne. J’aurai pu avoir la chance de profiter de cette piscine pour moi toute-seule, mais non il a fallu que le règlement change il y a 9 mois… J’essaye de soudoyer le type qui surveille la piscine « aller personne n’en saura rien que je ne suis pas de l’hôtel… » mais rien à faire. Je me contenterai donc de quelques clichés et d’un jus de pastèque gracieusement offert. Sur la route du retour, notre taxi est coincé dans une cérémonie défilant dans la rue, mais plutôt agréable à voir. De retour en ville, il est temps de se payer un massage. Je ne retiendrai pas celui-là comme le meilleur de ma vie mais pour 5€, je n’ai rien perdu. Je rejoins ensuite les filles pour un dernier resto ensemble. Demain, je quitte Ubud.
Après 30 minutes de retard (oui les indonésiens ne sont pas des gens pressés), la navette arrive enfin et je pars pour Bedugul. Plus d’une heure et demie plus tard, le chauffeur me dépose. Tous les autres touristes dans la navette continuent la route. Je suis un peu réticente en observant la place. Zéro touriste à l’horizon, aucun hôtel ou maisons d’hôtes. Moi qui voulais fuir l’agitation touristique, c’est réussi. Je n’ai pas fait 3 pas, que les vendeurs de fraises viennent me harceler en me tenant leurs barquettes sous le nez. (Bedugul étant la capitale de la fraise). Bon comment je vais trouver une chambre pour dormir dans ce village fantôme ?! Heureusement, je ne tarde pas trop avant qu’on me propose une chambre. Je suis donc cet homme qui commence à me faire visiter une chambre sordide. Hors de question que je dorme ici, même pour une seule nuit. Il m’en présente une autre que je refuse encore. Il me dit alors de monter sur son scooter et il va me montrer d’autres gîtes. Les 2 chambres suivantes sont mieux. Je prends donc la dernière. Pas de touristes, pas de wifi, je suis coupée du monde… Je comptais y passer 2 nuits mais finalement mes plans commencent à changer à peine arrivée. J’y réfléchirai plus tard, pour le moment, je prends mon sac et part au lac Bratan où se trouve un temple. Voilà où sont passés tous les touristes ! Comme tous les temples que j’ai visités jusqu’à présent, l’endroit est très touristique. Sur le chemin du retour, je passe devant une mosquée à l’heure de la prière. Un groupe de jeunes filles voilées m’observent… L’une d’elle s’avance vers moi et très poliment me demande : « excusez moi mademoiselle, est-ce que je peux prendre une photo avec vous ? ». « Euh… oui oui bien sûr !» Et là une vague d’adolescentes arrivent vers moi pour faire une photo de groupe. Puis chacune veut avoir sa photo individuelle. Le petit manège dure une dizaine de minutes et je me demande pourquoi elles veulent une photo avec moi. Est-ce que je suis habillée trop légèrement et elles n’ont pas l’habitude de voir des filles dans une telle tenue. J’imagine qu’à l’heure actuelle je dois être sur quelques profils facebook. Avant de rentrer à l’hôtel, je m’arrête sur le marché pour acheter quelques produits locaux, je découvre ainsi un fruit appelé mangoustan et qui est vraiment délicieux ! Je retourne également voir Ian, l’homme qui m’a conduit pour trouver ma chambre, et négocie une journée visite avec un chauffeur pour demain. La négociation est dure mais je me résous à payer un peu plus qu’espérer car je ne me sens pas prête de conduire un scooter toute seule.
Mardi 30 septembre, le chauffeur vient me chercher à 9h30. Une grosse journée découverte m’attend. Le premier arrêt se fera dans les rizières de Jatiluwih qui font parties du patrimoine de l’UNESCO. Wayan, mon chauffeur, me dépose et me laisse aller me promener dans les rizières une petite heure. A mon retour, il m’attend avec une bouteille d’eau et un morceau de papaye. Très gentil ce geste mais j’ai appris désormais qu’à Bali rien ne se fait gratuitement. Il va surement attendre un pourboire en retour à la fin de la journée. Nous continuons ensuite jusqu’au temple Batukaru. Pour la première, je constate un temple presque déserté des touristes. En même temps vu l’état de la route pour y accéder, je comprends. Ca aurait pu être agréable de visiter le temple sans la horde de touristes, s’il y avait eu quelque chose à visiter… effectivement, le temps est dépourvu d’intérêt. Je crois que c’est la dernière fois que j’en visite un car à chaque fois je suis déçue. A 12h nous repartons donc sur les routes pour rejoindre la cascade de Gitgit. La route est abîmée de partout, parsemé de nids de poule et mon chauffeur semble ne pas vraiment gérer la conduite. Il en faut donc peu pour que nous nous retrouvions dans un fossé… Wayan tente de sortir de là, mais plus il accélère, plus la voiture glisse et s’enfonce dans le trou. Bien entendu le fossé est de mon côté et je sens la voiture instable sur le bord, en train de se balancer de gauche à droite. Le fossé n’est pas profond, mais suffisamment pour que la voiture se retourne sur le côté. Je n’ose plus bouger, j’ai l’impression d’être dans un film où le héros est sur la falaise, avec la voiture prête à s’écraser plusieurs mètres plus bas. « Oula oula… euh… tu peux mettre quelque chose sous les roues » me demande Wayan bien plus inquiet que moi. Il est bien gentil, mais déjà comment je fais pour sortir de la voiture et en plus, je ne pense pas que des pierres sous les roues feront l’affaire. Malgré tout, je m’exécute. Impossible de sortir de mon côté sous peine de faire basculer définitivement la voiture, je passe donc par la porte arrière droite. Jetant rapidement un œil à la situation, je constate que rien n’y fera. Mais de bonne volonté j’essaye de caler quelques pierres et morceaux de bois pour Wayan tente à nouveau quelque chose. Le pauvre, il est catastrophé et sort finalement de la voiture. Finalement, des balinais s’arrêtent pour nous venir en aide. Ils sont 3 hommes à tenter de pousser la voiture mais rien n’y fait. Il faut aller chercher un autre véhicule pour nous sortir de là. J’ai l’impression de rêver. Il n’y a qu’à moi que ca arrive ce genre de choses. Un des hommes revient avec un gros camion et une corde pour commencer l’opération de sauvetage. Pendant qu’il s’affaire à la tâche, Wayan achète à un vieil homme en scooter l’une de ses offrandes que l’on voit partout, et cours la déposer sur un petit autel se trouvant à une centaine de mètres. Je l’observe discrètement en train de réciter quelques prières puis revenir à la voiture. Bon ba.. espérons que les dieux soient avec nous maintenant qu’ils ont leurs offrandes. Une fois la voiture bien attachée, l’un des hommes remonte dans le camion et commence à tirer. Je vois déjà la catastrophe arriver… Il ne faut pas avoir un bac+5, pour comprendre qu’avec la trajectoire que prend le camion, la voiture risque de glisser encore plus. Ca ne loupe pas, et la voiture se retrouve encore plus profonde dans le fossé. Deuxième tentative, le camion va désormais essayer de tirer la voiture par l’avant. Deuxième échec, dans un « crac » je vois la corde qui lâche et la voiture qui n’a pas bougé d’un poil. Je ne sais pas si je dois rire ou pleurer tellement que la situation est inattendue. Finalement, après une autre tentative, le camion parvient à tirer la voiture hors du fossé. Pas une égratignure, seulement un peu de boue. Plus de peur que de mal donc. Je remonte donc en voiture avec Wayan, et nous voilà repartis vers de nouvelles aventures. Pourtant, l’accident ne lui a visiblement rien enseigné car il roule toujours aussi près du bord et je m’accroche au siège à chaque virage. Vivement que la journée se finisse ! Le prochain arrêt que j’ai établi dans mon programme est celui de Gitgit waterfall. Une chute d’eau qui vaut le détour à ce qu’il parait. Et là c’en est trop ! « 20 000rp encore pour voir une pu*** de chute d’eau, ils se foutent de ma gueule !! » Je suis blasée de Bali, cette île est le paradis du racket ! Bien sûr, comme toujours, je refuse de faire demi-tour, et je paye donc mon ticket. Il y a en fait deux chutes d’eau, et les 2 sont sans grand intérêt. Encore une fois, j’ai vu bien mieux en Australie et ce sans débourser un centime ! Après ce petit circuit de 15 minutes, je remonte à la voiture mais mon guide a disparu. En l’attendant, j’observe le manège d’un autre chauffeur qui nettoie sa voiture à la lingette qu’il balance ensuite dans le fossé derrière moi… Voilà Bali, une décharge à ciel ouvert. J’ai du mal à comprendre comment on peut en arriver là. Pourquoi des cultures si différentes ? Quant Wayan réapparait, je n’ai qu’un envie c’est aller me coucher. La journée a été épuisante et pas vraiment des plus grandioses. J’arrive donc à Munduk en fin d’après-midi. J’ai 2 adresses d’hôtels conseillés mais finalement je croise un groupe de jeunes français qui me recommande leur hôtel. Je m’y rends donc, dis au revoir à Wayan en lui souhaitant un bon retour (sous-entendu « attention, ne roule pas trop près des fossés ») et prend la chambre la moins chère. La chambre est petite mais très jolie, les draps sentent le propre et la vue de ma fenêtre est juste magnifique, et pour couronner le tout, on m’offre un cocktail de bienvenue. Ces quelques attentions me font oublier ma journée.
Qui dit coucher tôt, dit lever tôt. Je me réveille donc sur les coups de 8h mais avec un petit rhume qui m’a empêché de passer une bonne nuit. Heureusement le petit-déjeuner que j’ai ce matin est vraiment au top. Au programme de la journée : randonnée. Il y a plein de petits randonnées au départ de Munduk et je me suis battue hier pour obtenir une carte des sentiers. En effet, toujours dans la politique du racket de Bali, il n’y a aucune information filtrant sur les randonnées afin que les touristes fassent appel à des guides. « Non mais tu comprends, c’est trop dur de faire la marche toute seule, il y a plein d’intersections, il te faut un guide ». Bien décidée à me débrouiller toute seule, j’ai récupéré une carte dessinée à la main et je pars ce matin à l’aventure. Je prends le chemin de Banyan tree. En effet, il y a plein d’intersections et aucune indication, je demande donc très régulièrement à des locaux, qui pour la plupart ne parlent pas un mot d’anglais. Je passe à travers les rizières, les plantations de clous de girofles, de bananes, d’avocats… et je croise même le groupe de français de mon hôtel avec leur guide. « Ba comment t’as fait pour arriver jusque là » me demande-t-il surprise de me voir. « Ben… j’ai demandé aux gens ! ». L’arbre n’est plus qu’à quelques centaines de mètres mais je me perds rapidement dans les plantations de clous de girofles. Quelques minutes plus tard, me voilà enfin arrivée. « Ah… c’est ca leur arbre de fou ?! » Un arbre comme il y en a des centaines en Australie. Il s’agit en fait d’un arbre qui a été recouvert par les racines d’un autre arbre. Apparemment, une centaine d’individus peuvent rentrer dans cet arbre, à travers le dédale de racines. Je ne m’y aventurerai pas personnellement. Je rebrousse donc chemin pour retourner à mon point de départ. Il est l’heure du déjeuner quand j’arrive et je retourne donc à l’hôtel pour savourer un repas, avant la randonnée de l’après-midi. Après avoir repris des forces, je repars donc sur les routes. Cette fois, c’est un circuit pour voir des cascades. Ce sentier est beaucoup plus simple, pas beaucoup d’intersections donc pas vraiment de risque de me perdre. La première cascade est vraiment jolie et paraît tellement puissante. La deuxième cascade, quant à elle, est… payante !!! Et en plus, je la trouve moins impressionnante que la première. De retour à l’hôtel où je dois récupérer ma valise et partir sur Lovina, mes idées commencent un peu à changer. J’hésite un peu sur la suite de mon programme. Une allemande me propose de partir demain avec elle afin de partager le taxi, ce qui m’oblige à rester une nuit de plus ici et revoir mes plans. Finalement, le destin fait qu’il n’y ait plus de chambres de libres dans l’hôtel (ni dans les hôtels voisins bon marché) et je rencontre quelqu’un qui me propose de me déposer à Lovina en scooter pour 150 000rp. C’est le prix le moins cher que j’ai trouvé et j’accepte donc. J’embarque sur le scooter, ma valise coincée entre les jambes de mon chauffeur. Une heure plus tard, mon chauffeur me dépose à l’entrée de Lovina. Il me reste plus qu’à trouver un endroit où dormir. Je croise alors 2 filles qui semblent être des touristes et leur demande si elles connaissent un hôtel sympa et pas cher. L’une d’entre elles vit à Lovina depuis quelques mois et me propose de m’emmener en scooter dans un hôtel qu’elle connait. Quelle chance, car j’avais vraiment la flemme de tourner en rond pour trouver quelque chose. Grande chambre, wifi, petit-déjeuner, piscine et thé de bienvenue. Encore une fois, je m’en sors pas trop mal. Le type de la réception est sympa et me propose aussitôt de réserver avec lui les activités que je compte faire. Après de longues négociations, je réserve une journée snorkelling et une excursion pour voir les dauphins pour 600 000rp. J’espère ne pas m’être fait avoir !
Jeudi matin, réveil à 5h45 pour aller voir les dauphins au lever du soleil. Un type me récupère en scooter et j’embarque sur son bateau avec 3 autres personnes. Comme je m’y attendais, cette excursion est très touristique et il y a au moins une cinquantaine de bateaux qui attendent comme nous de voir un aileron. Dès qu’un dauphin est aperçu les bateaux mettent les gaz et tentent de se rapprocher au maximum, autant vous dire que le dauphin ne reste que très peu de temps à la surface et s’en va rapidement. Pour 5€, je ne m’attendais pas non plus à un spectacle de dingues. Mais quand même, il y a quelques dauphins qui font des sauts et aussitôt mon âme d’enfant ressurgie. Puis les bateaux commencent à s’en aller petit-à-petit et nous sommes alors qu’une demi-douzaine. Et là, le spectacle commence vraiment ! Les dauphins ont fini de faire les timides et sortant par banc entier. On aperçoit alors une quinzaine de dauphins sautant au loin. Magique ! Impressionnant ! Il n’y a pas de mots pour décrire le spectacle. Je me régale. J’ai vraiment eu de la chance de tomber avec ce skipper qui est resté plus longtemps que les autres. Une fois de retour à l’hôtel, sur les coups de 8h, je retourne me rendormir. Je prévois de me rendre aux bains de Banjar en fin d’après-midi. D’ici là j’ai le temps de farnienter. Je décide de me faire plaisir et de me rendre dans un restaurant. J’y croise alors 2 françaises qui étaient dans le même hôtel que moi à Munduk et nous entamons la conversation et finissons à la même table. Pour une fois, je ne me retrouve pas seule à la table. Nous discutons entre autre de Bali et de notre déception. Je suis vraiment rassurée, car je pensais être la seule à ressentir ce choc. Bali que l’on m’a vendue comme un paradis. « Tu verras Caro, tu vas adorer, c’est génial… Les balinais sont adorables ! » Non Bali c’est loin d’être la destination de rêve selon moi et les balinais ne sont pas sympas, ils sont intéressés par ton fric. Ils viennent te parler dans l’unique but de te vendre quelque chose. Tient d’ailleurs, voici la preuve. Alors que nous discutons autour de notre repas, un homme s’approche de notre table et nous propose sa camelote. Nous refusons poliment, mais l’homme est tenace et il reste à côté de nous, insistant lourdement. Pas d’autres choix que de l’ignorer pour s’en débarrasser. Je quitte ensuite les deux françaises et rejoins mon hôtel. Le type de la réception s’est proposé de m’emmener aux bains de Banjar en scooter. « euh… j’ai pas de casques ?! » « Non t’inquiète, ca craint rien ! » Pas vraiment rassurée, je monte quand même derrière lui. En arrivant, je constate que les bains sont très fréquentés et pas seulement pas les touristes. Très mal à l’aise, je me déshabille pour aller me baigner. Ici, ils n’ont pas vraiment l’habitude de voir des filles en maillots de bain j’ai l’impression. Rien à voir avec l’Australie, où tu pourrais bien te promener entièrement nue que personne ne te dévisagerait. Bref, j’apprécie quand même la baignade dans cette source naturelle d’eau chaude et me laisse masser par la force de l’eau sur mes épaules. Je ne veux pas trop m’attarder car mon chauffeur m’attend patiemment. Mais sur la route du retour, le pire se produit. Mon chauffeur percute par l’arrière un enfant qui s’est arrêté. Celui-ci tombe alors à terre et un autre scooter le percute de plein fouet dans la tête avant de s’écraser contre notre scooter. Je suis absolument choquée par la scène de cet enfant gisant au sol, inconscient. Les badots se jettent sur lui et le ramasse tel un pantin désarticulé. Puis je réalise alors que j’ai été percuté aussi et que mon pied vient de tripler de volume et ma jambe est recouverte de sang. La douleur n’est pourtant pas intense. Je m’assois tout de même et observe l’agitation. La dame qui nous a percutés, doit avoir la soixantaine, allongée au sol, recouverte d’égratignures au visage elle se relève aussitôt. Les enfants qui sortent alors de l’école s’attroupent autour de moi pour m’observer. Mon chauffeur de taxi est livide, il me demande comment je vais et me dis aussitôt qu’il est désolé, qu’il n’a pas pu éviter l’enfant. Je lui dis que ce n’est pas grave et que je vais bien, ce qui n’est pas totalement faux. Je demande juste de l’eau pour rincer ma jambe et mon pied. Un autre jeune homme, témoin de la scène, m’aide à me relever et m’emmène à l’intérieur de la cours d’une maison. Il m’aide à mettre de l’eau froide sur mon pied qui est à présent bleu et avec une bosse de la taille d’une balle de golf. J’espère que je n’ai rien de casser. Je pense aussitôt au pire, à l’assurance, au rapatriement, à mes vacances gâchées… Non ce n’est pas possible, je vais bien. Je me lève, tente de marcher, bouger les orteils. Tout fonctionne, je n’ai donc rien de cassé ! il y a toujours une foule autour de moi, me dévisageant. Puis la police arrive et prend quelques témoignages. La douleur commence à arriver tandis que je continue à passer de l’eau froide. Je commence à faire le compte dans ma tête, un accident de voiture, deux accidents de scooter… Décidément, je me souviendrai de mes vacances à Bali ! De longues minutes passent, et finalement, quelqu’un de l’hôtel vient nous chercher en voiture. Il me propose de me déposer à l’hôpital, mais je sens que je n’en ai pas vraiment besoin. Du moins, mon portefeuille n’en n’a pas vraiment besoin. Je préfère attendre le lendemain, voir si mon pied s’arrange. Aussitôt de retour à l’hôtel, je demande de la glace et check sur Google tous les conseils dans ce genre d’accident. De la glace et surélever son pied devraient faire l’affaire. Mon chauffeur vient prendre de mes nouvelles mais j’ai plus l’impression qu’il cherche avant tout à se dédouaner de toutes responsabilités. Il a sans doute peur que je dépose une plainte contre lui ou quelque chose dans le genre. Après tout, je pourrai peut-être me faire de l’argent… Bien sûr, je plaisante, ce qui compte c’est que mon pied dégonfle d’ici demain. Je rejoins donc mon lit en veillant à bien surélever mon pied et prie pour que ma journée snorkelling de demain ne soit pas fichue en l’air.
Vendredi 3 Octobre : aussi surprenant soit-il, j’ai très bien dormi. Aucune douleur ressenti à mon pied, et visiblement celui-ci a totalement dégonflé. Je suis donc prête à profiter de ma journée snorkelling. Mais une fois debout et après quelques efforts, la douleur apparait. Mon pied regonfle. Rien d’insupportable, mais j’évite alors de trop forcer et me voilà devenue la boiteuse du groupe. La navette nous dépose à 1h de Lovina, pour embarquer dans un petit bateau de pécheur à destination de Menjangan. Nous nous jetons à l’eau pour notre premier snorkelling, près de la plage. L’eau est chaude et les poissons nombreux. Mon pied me fait un peu mal dans ces palmes mais hors de question que je ne profite pas de ce moment. Les fonds marins sont encore plus beaux que ce que j’ai pu voir en Australie. Les coraux sont de toutes les couleurs et de toutes tailles, tout comme les poissons. Le corail forme une falaise qui tombe à pic dans les profondeurs de la mer ce qui donne une impression étrange, comme si j’allais tomber au fond de la mer, là où la lumière se fait rare. Je tente alors de longer la barrière de corail sous l’eau mais à environ 1 mètre de profondeur, une douleur me transperce le front. Je remonte aussitôt à la surface. Ce n’est pas normal ! J’ai l’impression d’avoir un couteau qui me transperce les sinus. J’essaye à nouveau de remettre la tête sous l’eau mais à nouveau cette douleur. Je me rapproche alors du guide pour lui demander conseil. « Oh tu dois sûrement avoir un rhume et les sinus bouchés, rien de grave ». Rien de grave, oui peut-être, mais moi qui compte passer mon diplôme de plonger dans 2 jours, cela risque de poser de sérieux problèmes. Entre mon pied et mes sinus, je n’ai pas vraiment de chance. Et pour couronner le tout, le guide est un gros relou d’obsédé qui tente un rapprochement sous l’eau. A me caresser le dos… Grrr ! Puis, il nous appelle pour nous montrer des poissons clowns ! J’en ai déjà vu en Australie mais ceux-là sont magnifiques. Orange fluo, tout droit sorties de Némo. Ils sont tellement beaux que je prends mon temps pour les observer, le courant me poussant au large, je m’accroche donc à un bout de corail à côté. « Aaaaah !! » Une vive douleur parcoure mon bras. Je viens de me faire brûler par un corail de feu. Jamais deux sans trois comme on dit. Heureusement la douleur n’est pas insupportable. J’ai juste l’impression d’être tombée dans des orties très puissantes. Après avoir bien profité, nous sortons de l’eau et allons nous faire sécher sur la plage. Les guides nous apportent nos picnic. Puis 2 énergumènes se joignent à nous : des cerfs. En effet, Menjangan en indonésien signifie cerf. Vous l’aurez donc compris, Menjangan island signifie l’île aux/des cerfs. Ils ne sont pas craintifs et nous leur donnons à boire. Après avoir repris des forces, nous reprenons le bateau et nous dirigeons vers le prochain site de snorkelling. Nous arrivons alors au bord d’une falaise où se tient un temple, au-dessus de la mer turquoise. Aucun touriste à l’horizon. Un petit coin de paradis. L’eau est un peu plus fraîche, le courant plus fort, et les poissons moins nombreux. Nous ne nous attardons donc pas vraiment. Nous pouvons ainsi retourner au port. La journée a été courte mais bien suffisante pour admirer les trésors de Bali. Pour la première fois, depuis le début de mon voyage, je suis émerveillée par Bali. De retour à Lovina, je décidé de me faire plaisir en dinant dans un joli restaurant en bord de plage. Milkshake vanille et hamburger-frites, rien de tel pour finir la journée en beauté.
Ce matin, je quitte Lovina aux aurores pour rejoindre Tulamben, où je dois y passer mon diplôme de plongée. En attendant, le taxi, je sens quelque chose sur mon pied. Oh, un rat, tout va bien ! 3 heures de route plus tard et j’arrive à Tulamben. Une rue, une superette, une dizaine de clubs de plongée et c’est tout. Le village existe seulement grâce à l’épave à quelques mètres du rivage qui attire les plongeurs du monde en entier. J’ai choisi de passer mon « open water » (c’est le nom du diplôme) avec un club français dont on m’a parlé. L’accueil y est très agréable. Antoine me montre ma chambre, et je lui explique mon souci aux sinus. « Pas de soucis, prends ton temps, tu pourras plonger plus tard ». Je m’installe dans le dortoir que je partage avec l’une des instructrices, et y finis ma nuit. Dans la journée, rien d’autres à faire que de regarder le défilé des plongeurs. Ils rentrent de leur plongée avec des étoiles plein les yeux. Espérons que mon rhume disparaisse vite, j’ai tellement hâte de connaître cette sensation.
Dimanche 5, mon rhume est loin d’être passé et je suis bien partie pour passer une autre journée à glander. Heureusement qu’il y a la wifi car je ne peux pas me résoudre à dormir toute la journée. Je fais connaissance avec les touristes de passage, pour la plupart des français, notamment un français assez charmant. Voilà de quoi rendre mon séjour un peu plus intéressant.
Lundi 6, j’ai l’impression que ca fait une semaine que je suis ici tellement que le temps ne passe pas vite. Cependant, après m’être tartiné d’huile d’eucalyptus pendant 2 jours, j’ai l’impression que mon rhume touche à sa fin. Pour éviter de perdre plus de temps, je passe la première partie de mon épreuve de plongée, qui consiste à une vidéo suivie d’un questionnaire de 5 pages. En fin de journée, sous les conseils d’Antoine, je vais à la mer pour effectuer un test. Je mets ainsi la tête sous l’eau et constate que je n’ai aucun problème de sensibilité au niveau de mes sinus. « Super je vais enfin pouvoir plonger ! ». La journée se termine dans la joie et la bonne humeur à la pizzeria de Tulamben avec les membres de l’équipe et quelques plongeurs.
Mardi 7, ca y est, aujourd’hui je vais enfin plonger ! Je suis un peu stressée car j’ai bien entendu omis de préciser que j’étais asthmatique (contre-indication formelle pour la plongée) mais après de longues recherches sur la toile, j’en ai conclu que ca ne constituais pas un risque majeur. Mais avant de me mettre à l’eau, je pars avec Jen, une américaine qui est arrivée en même temps que moi, à Tirta Gangga, un palais sur l’eau. C’est la première fois que je remonte sur un scooter depuis mon accident et je suis énormément stressée. Il nous faut environ 30 minutes pour nous rendre à notre destination. Nous longeons la côte et avons une vue imprenable sur la mer et les rizières. Et à ma plus grande surprise, le palais est vraiment super. Pas de déception comme j’ai pu avoir pour les autres temples que j’ai visité. Ici, tout est propre, très peu de touristes. Un sentiment de calme et de paix qui flotte dans les allées. Nous nous prenons au jeu de marcher sur l’eau tels des enfants. Nous rentrons à l’heure du déjeuner au club de plongée. Il est temps pour moi de me préparer. Combinaison, poids, bouteilles, je suis parée mais je me sens fébrile. Il fait chaud, j’ai l’impression que je vais tomber dans les pommes. « Ca ira mieux dans l’eau » me dis-je. Et nous voilà à faire les premiers exercices. Nous sommes 3 français pour un instructeur à l’écoute. Des conditions d’apprentissage idéales. Au cours de ma descente, j’ai un étourdissement comme si j’allais m’évanouir mais sereine je continue la plongée. Nous sortons de l’eau et faisons notre premier bilan. Juste le temps de changer les bouteilles et nous nous remettons à l’eau. Cette fois, nous descendons sur l’épave. Et là, j’ai ce sentiment intense qu’il m’est déjà arrivé d’avoir en Australie par moment. Ce sentiment où je réalise à quel point j’aime ma vie, j’aime ce que je fais et je n’échangerai cela pour rien au monde. Je suis à l’intérieur d’une épave échouée sur la côte balinaise depuis 1942. Je visite ce navire habité désormais par les coraux et les poissons. Il y a même une tortue dans un coin en train de manger. J’ai l’impression d’être dans un film ou bien d’être une exploratrice à la découverte d’un trésor. Une sensation magique. Une sensation qui te ferai presque oubliée que l’air dans ta bouteille n’est pas infini et qu’il faut désormais remonter à la surface. Aujourd’hui c’est donc à mon tour de rentrer avec des étoiles plein les yeux et de raconter mes aventures aux nouveaux arrivés.
Encore un réveil à Tulamben. Pour ma dernière journée ici, je dois effectuer 2 plongées à 18 mètres de profondeur puis un test qui dira ou non si je suis un plongeur confirmé. L’un des exercices sous-marin d’aujourd’hui est de retiré son masque, de le remettre et d’évacuer l’eau à l’intérieur. Je dois avouer que ca ne me rassure pas vraiment, mais l’exercice se révèle finalement assez simple. L’une des plongées se fait au milieu de temples. En fait, des balinais ont mis des petits temples (du même genre que l’on trouve dans les maisons et où l’on dispose les offrandes) sous l’eau et les coraux s’y sont développés. Encore un moment magique de nager au milieu de ces statuts avec les poissons. Voilà j’ai fini mes dernières plongées et sans aucun incident asthmatique. Me reste plus qu’à réussir le test écrit. En fin d’après-midi me voilà alors diplômée. Il n’y a rien d’extraordinaire dans ce diplôme, n’importe qui peut le réussir, mais ca fait quand même plaisir ! Je peux donc désormais quitter Tulamben et poursuivre mon aventure à Bali. Je réserve donc le transport pour demain matin pour me rendre aux îles Gili.
Jeudi 9, après 5 jours passés au sein du club de plongée, il est temps de partir. Je rejoins la ville d’Amed, d’où je prends le bateau pour les îles paradisiaques de Lombok. Gili islands font parties en effet de Lombok (et non de Bali), il s’agit de 3 petites îles de sables blanc très touristiques. Gili Trawangan est l’île des fêtards, constituée essentiellement de bars et de boîtes, on m’a conseillé de l’éviter car trop bruyante. Gili Meno, la plus petite des 3, est l’île des amoureux qui se retrouvent en lune de miel. Très calme et reposante. Enfin Gili Air est l’île passe-partout. C’est pourquoi j’ai décidé de faire un tour sur les deux premières îles. Après un voyage en bateau très mouvementé, je débarque à Gili Trawangan. Sable blanc, mer turquoise et beaucoup de touristes. Sur la plage, les indonésiens viennent à ma rencontre pour me proposer une chambre. Je suis l’un d’entre eux qui m’amène dans un charmant « homestay », un peu à l’écart du centre. Juste le temps de déballer mes affaires, me changer et me voilà prête pour une journée plage et détente. Le soleil tape bien trop fort pour rester allonger, je parsème donc ma sieste de quelques pauses baignades et snorkelling. J’observe alors une tortue mais cela ne me fait plus le même effet que les premières fois en Australie. Restaurant, baignades, bronzette, voilà à quoi se résume ma journée. La fin de mon séjour se passe mieux qu’il a commencé. Avant de rentrer à l’hôtel, je m’arrête au food market (je trouvais que la traduction en français ne sonnait pas bien) et pour mon plus grand plaisir tombe sur un stand pâtisserie avec des vingtaines de gâteaux différents pour 0.30 à 0.80cts pièce. Quel choix cornélien !
Au programme de ce vendredi, une autre journée détente sur la plage de Gili Trawangan. Aujourd’hui, le ciel est un peu couvert mais la chaleur toujours aussi présente. C’est donc toute bronzé que je rentre à l’hôtel en fin de journée. Alors que je me repose dans ma chambre, une musique m’interpelle. Quelqu’un est en train d’écouter « le petit bonhomme en mousse » à l’extérieur. Je ne résiste pas à la tentation d’aller jeter un œil et fait alors connaissance avec 2 français. Nous parlons de nos parcours respectifs quand soudain une panne électrique vient nous surprendre. Nous sommes plongés dans le noir complet. En effet, l’île est souvent sujette aux pannes de courant, et à moins d’avoir son propre générateur, il faut faire avec les lampes torches. Cela ne nous empêche pas d’aller dîner au restaurant. Tout l’intérieur de l’île est privé de courant, tandis que le front de mer, où se trouvent tous les bars et boites de nuit, résiste grâce à leur générateur. La vie continue donc sur l’île. Après un dernier verre accompagné d’un autre groupe de français, nous rentrons à l’hôtel. J’apprécie vraiment cette ambiance sur Gili Trawangan malgré ce que l’on a pu me dire. Je m’imagine bien y revenir avec une bonne bande d’amis pour y passer des vacances de rêve.
Dernier réveil sur Gili Trawangan, je dis au revoir aux français et embarque pour Gili Meno. Une traversée de quelques minutes en bateau pour rejoindre l’île des amoureux. La traversée est très agitée, le bateau manque de peu de se renverser. J’ai l’impression d’être dans un manège à sensations. Une fois arrivée, nous devons enjamber un autre bateau pour atteindre la plage, un vrai parcours du combattant avec ma valise. Le premier aperçu de Gili Meno est cependant incroyable. Un vrai paradis. L’île est beaucoup moins fréquentée et il est plus dur pour moi de trouver une chambre. Il y a bien des bungalows sur la plage, mais mon budget ne me le permet pas malheureusement. Je trouve finalement une chambre dans une rue à quelques minutes de la plage. Très sommaire mais pour une nuit cela fera l’affaire. En effet, alors que je pensais passer 3 jours sur l’île, je reviens déjà sur mon programme. Il n’y a rien à faire sur cette île, hors de question que je dépérisse ici. Sans surprise, je passe ma journée à la plage et rentre à l’hôtel à la nuit tombée. Il n’y a absolument aucun touriste aux alentours, pas de wifi, j’ai fini mon livre il y a quelques jours, je me résous donc à me coucher à 20h… après avoir dormi toute la journée à la plage, le sommeil ne vient pas tout de suite !
Dimanche 12, réveil matinal. Le premier bateau pour Gili Trawangan est à 9h, mais je décide tout de même de rester la journée ici et de prendre le deuxième bateau à 15h. Encore une journée bronzette et snorkelling avec en prime une jolie petite tortue. Sur les coups de 16h me voilà de retour à la civilisation. Ah ! Des touristes, de l’agitation… je préfère ca ! Oui moi qui me plains depuis le début du surplus de touristes à Bali, je suis finalement contente d’en retrouver. Malgré tout l’île reste loin de l’agitation de Kuta ou d’Ubud. Je reprends le chemin de mon ancien hôtel mais sur la route, j’aperçois une auberge avec des dortoirs à 70 000rp (5€ la nuit) et décide d’y passer la nuit. Je pose mes affaires et file au restaurant puis pars négocier un bateau pour rejoindre Lembongan le lendemain. Je finis ma journée en retournant au stand de pâtisserie du food market dévorer quelques gâteaux.
Cette nuit a été horrible. Une chaleur insupportable, les autres personnes du dortoir trop bruyantes et la mosquée voisine au milieu de la nuit… Heureusement que je vais pouvoir faire une sieste à la plage. Dernière séance bronzette et snorkelling et dernier resto sur l’île. J’embarque en début d’après-midi pour rejoindre Nusa Lembongan. Pendant la traversée, nous apercevons un banc de dauphins sautés hors de l’eau. Encore un spectacle incroyable ! Arrivée sur l’île me voilà partie à la recherche d’une chambre bon marché. Et oui fin de trip oblige, le porte-monnaie se fait léger. La tâche n’est pas évidente. Les maisons d’hôtes sont nombreuses et vraiment très belles mais les prix sont bien plus élevés que sur l’île principale de Bali. C’est la première fois que je galère autant pour trouver un toît. Je tourne en vain, sans succès. Je cherche une chambre pour 100 000 rp et tout ce que l’on me propose est à 250 000rp. La dernière chambre que je visite est vraiment superbe : grande, propre, calme. Après quelques négociations, j’obtiens la chambre pour seulement 100 000rp alors qu’elle en vaut le triple. Quelle chance ! J’y passerai donc mes deux prochaines nuits.
Mardi 14, j’ai passé une de mes meilleures nuits depuis le début de mes vacances. Je me sens d’attaque pour explorer l’île à pied. Au bout de 30 minutes de marche, je me rends compte que l’île n’est pas si petite que la carte laisse imaginer. Surtout sous un soleil de plomb. A nouveau, je commence donc à changer mon programme de la journée. Je me rends à Mangrove point, qui apparemment est un spot pour plongée. Une fois sur place, je me dis que je ne tremperai même pas un orteil dans cette eau marron, qui doit être infestée de drôles de bêtes. Je retrousse donc le chemin pour me diriger cette fois à l’opposé de l’île : Dream beach. Ce que la carte ne montre pas, c’est que l’île a un certain relief et me voilà à grimper une route trop pentue à mon goût. Je m’imagine déjà devoir rentrer ce soir. Quelques heures plus tard, j’arrive enfin à la plage et à Devil’s Tear. La plage est presque désertique. Les vagues sont impressionnantes et même si je meurs de chaud, je ne tenterai pas une baignade ici. J’observe un couple s’amuser dans les vagues et se faire littéralement frapper par la puissance de celles-ci. Après une courte sieste, je dois continuer ma visite de l’île et me dirige à présent à Mushroom bay. Une plage plus touristique mais aussi plus calme. Cette fois je me jette à l’eau sans hésiter. Bien que l’eau soit bien plus froide que dans les îles Gili, j’apprécie vraiment ce moment. Il est bientôt 15h et je dois me motiver à rentrer. J’ai au moins 2h de marche jusqu’à mon hôtel. « C’est pas possible, il faut que je trouve quelqu’un pour me ramener, j’ai trop la flemme » me dis-je. Heureusement, à peine 10 minutes de marche et une petite camionnette s’arrête à mon niveau. En moins de 20 minutes, je suis de retour dans le centre de l’île. Je rentre à l’hôtel épuisée de ma journée
Réveil aux aurores aujourd’hui car j’ai réservé un tour pour plonger avec les raies mantas. Oui ces raies géantes. C’est un tour de quelques heures pour faire du snorkelling au sud de l’île. J’ai payé 150 000rp ce qui est vraiment pas cher, du coup j’ai quelques doutes sur ce tour. Vais-je vraiment voir des raies mantas pour ce prix ? Nous sommes 8 dans le bateau qui nous emmène au large. Nous arrivons alors à Secret Manta, le point de rendez-vous de tous les bateaux touristiques pour observer les raies. Munie de mon masque, tuba et de mes palmes, je me jette à l’eau. Je suis aussitôt glacée par la température de l’eau. On se croirait en Bretagne. Malgré mon corps qui frissonne sans arrêt, je suis bien décidée à approcher une raie. Malheureusement après une dizaine de minutes à palmer dans l’eau glacée, je remonte sur le bateau. Personne n’a vu de raies. Quelle déception, pourtant je m’y étais préparée psychologiquement. Notre guide nous emmène donc à un second sport de snorkelling appelé Crystal bay. Ici pas de raies mais des poissons et surtout des coraux absolument incroyables de par leur diversité. Puis je rejoins la plage à la nage et m’allonge sur le sable chaud. Finalement, le guide nous propose de retourner à Secret manta, peut-être que nous y aurons plus de chances cette fois-ci. Nous sommes tous un peu démotivés par la température de l’eau mais aussitôt un des plongeurs nous dit qu’il a vu une raie. En moins de deux secondes me voilà à l’eau, frigorifiée mais bien décidée à apercevoir une raie manta. Ce qui ne tarde pas. Une d’entre elles me passe dessous. On dirait un oiseau qui vole tranquillement. Je m’amuse à la suivre pendant quelques minutes, alors que les autres plongeurs ne l’ont même pas remarqué. Puis je décide de la laisser filer et de retourner au bateau, mais en chemin, une deuxième raie surgit. Majestueuse raie manta ! Voilà, je suis bien contente de ma journée, je peux retourner à l’hôtel sereinement. Tortues, poissons clowns, singes, raies manta… Ces vacances à Bali auront été riches en rencontres. De retour à l’hôtel, je boucle ma valise puis rejoint le port d’où j’embarque pour rejoindre Sanur. Me voilà de retour dans l’horrible agitation balinaise. Des voitures et des scooters de partout, mais aussi un KFC où je me précipite pour avaler un bon repas. En effet, en 3 semaines, je n’ai quasiment mangé que du nasi goreng (un plat indonésien traditionnel composé de riz et de poulet).
Jeudi 16 : dernier réveil sur l’île des Dieux. Je rejoins Kuta, ma ville d’arrivée où j’ai laissé ma valise. Ce soir je m’envole pour la Nouvelle-Zélande. Je retrouve dans la journée Jérôme et Mathieu, les français que j’ai rencontré à Gili Trawangan. Eux aussi quittent Bali aujourd’hui et nous passons donc la journée ensemble avant de rejoindre l’aéroport. En attendant l’avion j’en profite pour faire le bilan de ces 3 semaines de vacances qui n’ont pas toujours été à la hauteur de mes espérances. Pourtant, je suis quand même satisfaite de mon séjour et m’envole avec des souvenirs plein la tête.
- Bilan -
« Alors Caro, c’était comment Bali ? » J’avoue que j’appréhende un peu la question… Dois-je dire la vérité, quitte à passer pour la pauvre française jamais contente. Parce qu’il faut dire qu’on m’a vendu du rêve en parlant de Bali. « Tu verras Bali c’est le paradis ! Tu vas adorer ! Je rêve d’y retourner ! C’est magnifaïque ma chérie » (à prononcer avec la voix de Cristina Cordula). Balivernes oui !! Mon point de vue sur l’île des Dieux n’est pas tout à fait le même.
Idée n°1 : Bali c’est magnifique ! Faux : alors oui, j’ai voyagé deux ans en Australie avant et j’ai pu voir des paysages à couper le souffle. Serai-je déjà blasée de ce qui m’entoure ? Bali c’est sale, chaque recoin d’un temple, d’une rizière, d’une rue est une décharge. Le guide qui jette son mégot dans la mer, le chauffeur qui jette ses lingettes dans le fossé…visiblement la pollution ils ne connaissent pas ! J’ai beau me dire que c’est leur culture, cela me révolte. Pourquoi gâcher ces paysages ? De plus, quand on pense à Bali, on pense plages paradisiaques et cartes postale qui font rêver. Faux ! Les plages sont soit envahis de touristes, soit envahis de déchets, soit inconfortables (sable noir qui colle, galet qui fait mal). Parfois les 3 en même temps ! les plages de rêve des îles Gili font parties de Lombok, ca ne compte donc pas !
Idée n°2 : Les balinais sont des gens extrêmement gentils ! Faux : sérieusement, à tous ceux qui m’ont dit ca, j’ai envie de leur dire « vous êtes stupides ou vraiment naïfs ? » Les balinais sont surtout des gens extrêmement relous qui te voient comme un porte-monnaie sur pattes. A peine as-tu mis le pied dans la rue que 3 mots vont revenir à tes oreilles sans répit : taxi, massage, shopping. Alors au départ, tu souris gentiment « non merci, peut-être plus tard » et puis quand tu vois que le type ne lâche pas l’affaire, ca commence à être oppressant. Un harcèlement perpétuel dès que tu mets le pied dans la rue. Les balinais n’ont aucune gêne, ils viennent s’asseoir sur ta serviette pour te vendre leur paréo, s’incruster à ta table au resto pour te vendre leur statut de dauphins. Alors je pensais, que c’était parce que j’étais encore dans des grandes villes touristiques, et qu’en m’éloignant des sentiers battus, cela irait mieux. Mais non ! Même la vieille dame, au milieu de sa rizière, abimée par le travail a su me dire 2 mots : « photo ». « Oh tient comme c’est touchant, elle veut que je la prenne en photo ! » Puis « money », « ah la maligne, il faut que je la paye pour la photo maintenant ! » Rusés ces balinais n’est-ce pas ! Ils viennent facilement à ta rencontre pour discuter, mais à chaque fois c’est pour essayer de te vendre un truc « ma sœur à une chambre, mon frère te conduit où tu veux… »
Idée n°3 : Bali ce n’est pas cher ! Faux : puisqu’au final tout est payant, le budget pour mes 3 semaines m’ait revenu bien plus cher que ce que je pensais. Sans compter, le nombre de fois où les balinais m’ont sans doute arnaqué. 10 000rp pour voir une chute d’eau, 20 000rp pour voir un temple, encore 20 000rp pour accéder à la seconde partie du temple… Payer des fruits sur un marché ou une chambre d’hôtel le double, voir le triple que ce qu’un indonésien paierait j’appelle ca de l’arnaque en effet. Impossible d’évaluer le prix réel, tout se fait à la tête du client. Même hôtel, même chambre, je paye 130 000rp, l’autre fille paye 100 000rp… Même restau, même plat, je paye le double que le balinais qui est passé avant moi... Aller comprendre la logique.
Mais je vous recommande tout de même d’y aller afin de vous faire votre propre opinion. Tous les pays valent le coup de s’y arrêter !







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