Episode 6: A la découverte de l'île du sud
A peine le temps de me remettre de mon 31 décembre que me voilà repartie sur les routes néo-zélandaises. Je m’apprête ainsi à vivre 2 semaines dans ma voiture que j’ai aménagée, 2 semaines à vadrouiller sur les routes de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande. De plus, j’ai longuement hésité mais j’ai finalement décidé de partir avec quelqu’un d’autre, afin de partager quelques bons moments autour du repas, des randonnées ou des longues heures de routes…
Je récupère donc Lucy, une française de 23 ans, en ce vendredi 2 janvier au petit matin. Mon programme est déjà tout établi et je ne lui ai pas vraiment laissé le choix, mais elle a l’air plutôt enthousiaste. Nous prenons donc la direction de Milford Sound. Il s’agit d’un fjord et constitue le lieu touristique le plus visité de Nouvelle-Zélande. Il s’agit également du lieu le plus pluvieux de Nouvelle-Zélande et c’est pourquoi ces 4 heures de routes se font sous la pluie. Malgré tout, le paysage est impressionnant quand nous arrivons dans les montagnes. Une ambiance catastrophique se dégage de cet épais brouillard et de ces centaines de cascades jaillissant du ciel. Nous nous arrêtons pour prendre quelques photos et aussitôt les Keas (oiseaux locaux) en profitent pour attaquer les joins des portières et faire la loi sur le parking. Après avoir traversé un long tunnel assez effrayant et oppressant, nous arrivons sous la pluie à Milford Sound. Mais avec ce temps, hors de question d’entamer une randonnée. Premier jour et nous voilà donc obligé de passer le temps dans le seul et unique café/restaurant/centre d’informations de Milford Sound. Installées sur des canapés confortables, nous nous reposons de ces quelques heures de routes passées et attendons patiemment que la pluie cesse enfin. Ce n’est seulement vers 16h, que nous pouvons ainsi mettre le nez dehors et nous aventurer vers le petit sentier qui nous emmène au point de vue. Malheureusement la vue est un peu obstruée par les nuages. En fin de journée, nous n’avons d’autres choix que de faire marche arrière pour s’établir au camping le plus proche, c’est-à-dire à une trentaine de kilomètres. Nous en profitons tout de même pour faire quelques arrêts sur la route. Nous sommes agréablement surprises par le camping au lac Gunn qui est absolument charmant bien que très prisé. L’eau du lac est bien entendu trop froide pour s’y baigner mais quelques courageux s’y risquent. Lucy et moi partageons notre premier repas ensemble. Cette nuit, elle dormira en tente tandis que je serai confortablement installée dans mon palace roulant.
Premier réveil de ce trip. J’ai incroyablement bien dormi. J’ai rajouté des coussins sous mon matelas par rapport à la dernière fois où j’avais dormi dans ma voiture, et je vous assure que c’est autant confortable qu’un bon lit. En plus, le soleil est au rendez-vous, même s’il fait encore frais ce matin, le ciel bleu annonce une belle journée. Je me sens donc d’attaque pour une longue randonnée. Gertrude walk est une randonnée d’environ 4h à travers les montagnes et les cascades, assez physique selon la description. Lucy et moi nous lançons donc sur le sentier et à peine 5 minutes plus tard, celle-ci agacée par l’humidité des fougères que l’on traverse m’annonce qu’elle veut faire demi-tour. « Ok ca commence bien » me dis-je dans ma tête. J’avais pourtant bien précisé que je cherchais un compagnon qui aime faire de la randonnée. Tant pis, tandis que Lucy retourne à la voiture, je continue mon chemin. Une dizaine de minutes plus tard, après avoir traversé une rivière, me voilà un peu perdue. Je n’arrive pas à trouver la suite du sentier. Il y a pourtant des balises orange mais impossibles de trouver le bon chemin. C’était bien marqué au début de la balade qu’il fallait des compétences de repérages. Grrr ! J’aperçois au loin d’autres randonneurs et attends alors qu’ils arrivent à mon niveau pour demander un peu d’aide. Visiblement le chemin était juste à côté de moi, juste caché par quelques branches. Je continue donc la marche. Le soleil commence à taper et mon pantalon est vite sec. Le sentier devient petit-à-petit une longue pente raide ce qui m’oblige à ralentir la cadence et à m’arrêter toutes les 10 minutes afin de reprendre mon souffle ! En prenant un peu de hauteur, je peux admirer le paysage qui s’étend. J’ai déjà bien avancé. Mais en regardant un peu plus j’aperçois des silhouettes en train d’escalader la crête. Le chemin est encore bien long. Je traverse une cascade puis de la neige. Encore 1 heure à crapahuter sur les rochers et j’arriverai au sommet. La falaise est vraiment à la verticale, mais cela rend cette randonnée divertissante. Sur les coups de midi j’arrive enfin au sommet, à près de 1400 m d’altitude, je surplombe toute la vallée et admire les fiords au loin. La température a bien baissé et je me couvre aussitôt. De plus, je ne veux pas trop m’attarder au sommet car Lucy m’attend à la voiture, sur un parking désert. J’engloutis donc mon piquenique afin de prendre des forces et repars dans l’autre sens. La descente est tout aussi dangereuse que l’ascension. J’arrive même à me tromper de chemin et à traverser la cascade au mauvais endroit. Heureusement j’aperçois d’autres personnes au loin et réalise assez vite que je dois revenir sur mes pas. En chemin, je croise un père et son fils qui m’offre une barre de chocolat. La gentillesse des kiwis m’étonnera toujours. C’est totalement lessivée et les jambes encore tremblantes que j’arrive finalement sur le parking où Lucy m’attend. Pourtant la journée n’est pas finie et j’ai bien l’intention de profiter de ce beau soleil pour une autre randonnée. Nous arrivons donc au début de la marche de Talbot. Une randonnée d’environ 3h à travers la forêt. Mais une nouvelle fois, Lucy abandonne au bout de quelques minutes. La raison évoquée cette fois c’est qu’elle ne veut pas salir ses chaussures. Oui en effet, il y a quelques flaques de boues à traverser mais rien de bien méchant. Tant pis, je continue toute seule alors que Lucy retourne à la voiture. Pourtant cette fois, j’ai moins de motivation à faire cette randonnée. Je suis un peu fatiguée, et le temps de marche annoncé sur le panneau est supérieur à ce que j’ai lu. Je continue tout de même car le décor de cette forêt est surprenant. Une impression féérique se dégage de cette mousse verte qui recouvre tous les arbres et de ces petites cascades d’eau à chaque recoin. J’ai l’impression que des fées vivent dans cette forêt enchantée. J’hésite à faire demi-tour car 3h de randonnée à travers cette forêt, cela risque d’être lassant. Je croise alors un couple sur le chemin du retour et leur demande leur avis. Ils me montrent quelques photos du point culminant de cette randonnée. « Mouais ca n’a pas l’air époustouflant » me dis-je. Est-ce que ca vaut vraiment le coup ? Pas sûr ! Je décide donc de rebrousser chemin après quelques minutes. C’est certain qu’après la vue que j’ai eu ce matin au sommet de Gertrude saddle, les prochaines randonnées risquent d’être un peu ennuyeuses. Lucy est étonnée de me voir si vite de retour. Avant de rentrer au camping, nous passons à Milford village pour acheter essence et remplir nos bouteilles. Ce soir au camping du Lac Gunn nous retrouvons des français que Lucy connait.
Pas facile de retrouver son chemin au milieu de ces gravas. Heureusement les randonneurs construisent des petits monticules de pierres comme indication, ce qui m'a aidé plus d'une fois!
Cette nuit n’a pas été des plus reposantes. Je crois que l’eau du lac que j’ai utilisé pour cuire mes noodles et que j’ai bu n’était pas une bonne idée. Entre les bouffées de chaleurs et les maux de ventre, j’ai bien cru y laisser ma peau. Heureusement je me sens quand même d’attaque pour une nouvelle randonnée ce matin. Lucy ayant abandonnée toute idée de randonnée, je la laisse dormir et la récupérerait plus tard. Me voilà donc partie à nouveau seule à l’assaut du Key summit. La ballade est sympa mais ca monte sans arrêt. Après 2h à m’éreinter, me voilà arrivée au sommet dont la vue est malheureusement totalement bouchée par d’épais nuage blanc. A mon retour de randonnée, vers 11h, Lucy n’a toujours pas plié la tente. Non seulement je lui prête ma tente mais en plus elle n’est même pas capable de la plier toute seule et je prends donc les choses en main. Vraiment, mes compagnons de voyage en Australie étaient quand même un peu plus débrouillards. Une fois la voiture chargée, nous quittons Milford Sound pour Te Anau où là encore j’ai prévu des randonnées. Nous nous arrêtons en chemin aux Mirror Lakes et arrivons en début d’après-midi à Te Anau. La météo est pluvieuse et nous décidons de « glander » un peu en ville et en profiter pour nous connecter à la civilisation après 3 jours sans réseau. Nous décidons également de réserver une croisière dans le Doubtful sound, qui est comme le Milford sound, un fjord. Il est plus grand mais plus difficile d’accès et donc moins visité. En fin de journée, nous nous rendons à Henry creek pour y passer la nuit. Nous admirons le coucher du soleil au bord du lac, sous des bourrasques de vents qui forment des vagues gigantesques. Ce lac ressemble à une mer agitée en Bretagne.
Il a plu toute la nuit et il fait bien frais ce matin. Pourtant, très vite le ciel se découvre et en fin de matinée, c’est sous un soleil radieux que je pars pour une petite ballade. Lucy quant à elle est à la bibliothèque afin de se connecter à internet. La randonnée que je m’apprête à faire est une partie de Kepler track, une randonnée de 60 kilomètres. Cette petite marche est absolument charmante et très facile. Je traverse un pont suspendu, puis longe la rivière, traverse la forêt et arrive à Shallow bay, une plage au bord du lac. Je m’assieds quelques instants sur un tronc d’arbre afin de contempler le paysage. Je retourne sur Te Anau dans l’après-midi et rejoins Lucy à la bibliothèque, où nous passons une partie de l’après-midi à chercher un camping pour ce soir. Aucun camping du DOC (les campings à 6$ la nuit) au sud de Te Anau, nous décidons donc de passer la nuit dans un camping un peu plus luxueux et plus proche de notre point de départ pour la croisière de demain. Ainsi nous trouvons un charmant petit camping à 16$ la nuit à Manapouri, à 2 minutes de l’embarcadère. Et à ce prix là, nous avons une douche chaude. Première douche après 4 jours, on l’a bien mérité !
Notre journée commence aux aurores avec un réveil à 6h30. A 7h30 nous sommes sur le premier bateau pour traverser le lac. Ceci n’est pas encore la croisière « officielle ». Avec Lucy, nous lisons une brochure d’informations sur la croisière dans le Doubtful Sound. « D’humeur joueuse, les dauphins surferont sur les vagues à la proue des bateaux et sauteront en faisant des pirouettes en l’air » Wow, super on va donc voir des dauphins, nous réjouissons-nous, impatiente d’embarquer sur le second bateau. Près de 45 minutes plus tard, nous arrivons à la seconde étape de ce voyage : un trajet en bus d’environ 30 min, une des routes les plus sauvages de Nouvelle-Zélande. Sur les coups de 10h, nous arrivons enfin sur le bateau de la compagnie pour une croisière exceptionnelle. Chanceuses, nous avons le soleil avec nous ce matin mais il fait quand même froid et doudoune et bonnet sont de mises. La croisière est géniale : nous ne sommes pas nombreux, chocolat chaud/thé/café à volonté, paysages magnifique et j’apprends même des choses intéressantes telle que le Doubtful Sound a été choisi par Spielberg pour être la scène d’introduction de Jurassic Park. Mais finalement à cause de la météo incertaine, le tournage s’est fait à Hawaii ! Nous arrivons à la fin du « sound » c’est-à-dire de cet étroit bras de mer et nous n’avons toujours pas aperçu de dauphins. Je m’en doutais bien qu’ils n’allaient pas pointer leur bout de nez ! Grrr Mais nous sommes quand même récompensés par une brève apparition d’une baleine, puis par une colonie d’otaries à fourrure qui font le show ! Et voilà il est déjà temps de faire demi-tour. Nous reprenons ainsi le bus puis le bateau qui nous ramène à Manapouri. De là, il nous reste quelques heures de route pour rentrer à Queenstown. Lucy a décidé de s’arrêter là pour rejoindre un ami, ce qui m’arrange énormément je dois l’avouer, car je ne sais pas si j’aurai supporté longtemps ses caprices de végétarienne et son manque d’initiative. Je la dépose alors dans un backpack, quant à moi je passerai la nuit dans ma famille d’accueil.
Une colonie d'otaries
Pas le temps de traîner, j’ai une longue route à faire aujourd’hui jusqu’à Franz Joseph glacier. La route est magnifique entre montagne et mer. J’ai quand même le temps de profiter de quelques arrêts, notamment à Fantail falls et à Knights point, un magnifique point de vue sur les côtes. Ce paysage me rappelle fortement la great ocean road en Australie. Absolument magnifique ! Dans l’après-midi je me rapproche petit-à-petit de ma destination. Je m’arrête d’abord à Fox Glacier, pour un aperçu du glacier. Demain, j’irai crapahuter sur le même genre de glacier mais dans la ville voisine. Enfin, un dernier arrêt au lac Matherson avec une promenade d’une petite heure pour se dégourdir les jambes après une journée derrière un volant, et me voilà arrivée à Franz Joseph où je passe la nuit dans un charmant camping. Oui sauf qu’à peine sortie de ma voiture et des centaines de sandflies se jettent sur moi. Les sandflies sont un croisement entre mouche et moustique. Une mouche microscopique mais qui te pique et te laisse un bouton qui démange pendant des semaines. De quoi vous rendre fou !
Et voilà j’ai passé une nuit atroce à me gratter jusqu’au sang ! Je hais les sandflies ! Le ciel est un peu couvert ce matin mais ca ne dérangera pas sur le glacier ! J’arrive donc à l’agence pour pointer et la jeune fille m’informe que mon tour de 10h est annulé à cause de la météo. « Quoiiii ?! Mais il pleut même pas, ya 3 nuages qui se courent après ». Malheureusement, on m’explique que c’est trop risqué et que sur le glacier la météo n’est pas à prendre à la légère. J’ai donc le choix de me faire rembourser ou de poireauter un jour de plus dans cette ville morte et d’espérer que demain la météo sera avec moi. Ce tour guidé sur le glacier est l’attraction que j’attendais le plus de mon road trip, hors de question que j’annule tout. Je décide donc de passer une journée de plus ici. La bonne nouvelle c’est qu’avec ce tour, j’ai également le droit à une entrée pour des sources d’eau chaude. Je récupère donc mon ticket et irait me relaxer ce soir à la piscine. En attendant, je vais explorer les environs et effectue 3 courtes randonnées durant ma journée. Enfin, j’aurai bien marché 4h en tout je pense. Ces sources d’eau chaude arrivent donc à point. Ainsi, je découvre 3 piscines chauffées à 36°, 38° et 40°. « Hum… voyons voir, par laquelle je vais commencer ? » Aller je m’aventure dans celle à 38°. Ah oui quand même ! C’est chaud ! Très chaud ! Mais une fois qu’on est dedans, qu’est-ce qu’on est bien ! Après environ 2 heures à mijoter entre les 3 bassins, je décide qu’il est temps d’y aller. Ce soir, je retourne au même camping, oui celui avec l’invasion de sandflies. Mais ce soir je suis parée, j’ai sortie l’artillerie lourde, les tongs-chaussettes. Moi qui me moquais des gens dans cet accoutrement ces derniers jours, j’ai enfin compris que le ridicule ne tue pas face aux sandflies ! Puis autour de mon dîner en solitaire, je fais la connaissance de Saïd, un français très fun avec qui je passe la soirée.
Encore une nuit bien agitée à me gratter les pieds. Je vous jure, mes nerfs ont failli lâcher, j’avais envie de pleurer tellement cette sensation de démangeaison est insoutenable. Même les moustiques de Cairns à la saison des pluies sont plus sympas ! Le ciel est encore nuageux ce matin, j’espère qu’ils ne vont pas annuler cette fois-ci. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que je me présente pour la deuxième fois au guichet. « Bonjour, je viens pour le tour sur le glacier de 10h » « Oui pas de problèmes, le guide va venir vous chercher dans quelques minutes pour vous équiper. » Youpi ! Aujourd’hui c’est la bonne ! Après nous être équipé (chaussures, crampons, pantalon et veste imperméable) et reçus les consignes, nous rejoignons l’héliport. Aujourd’hui sera non seulement ma première fois sur un glacier mais également ma première fois dans un hélicoptère. Je suis tellement impatiente. Le tour en hélicoptère est court, juste le temps de nous déposer sur le glacier mais tellement cool ! Et nous voilà partis pour 4h à nous promener sur le glacier, à traverser d’étroites crevasses et ramper dans des tunnels de glace. J’ai l’impression d’être Elsa dans le film de Disney. Le soleil pointe timidement le bout de son nez, et il commence à faire chaud sur le glacier. Mais il est déjà temps de rentrer. Dernier petit tour d’hélico et me voilà rentrer à bon port. Et pas le temps de trainer puisque j’ai encore de la route à faire pour tenter de rattraper mon retard dû à ma journée perdue. J’arrive donc en fin d’après-midi à Hokitika, célèbre pour ses gorges. Grand coup de cœur pour ce merveilleux endroit très peu touristique et absolument sublime. L’eau y est d’un bleu turquoise assez étonnant. Mais c’était sans compter le retour des sandflies. Une horde se jette sur moi pour me pomper le sang et m’oblige donc à faire demi-tour rapidement. Heureusement, ce soir il n’y a pas beaucoup de sandflies au camping où je reste.
En ce samedi 10 janvier, la journée ne sera pas vraiment palpitante, j’ai pas mal de route à faire avant d’arriver à Motueka, d’où j’ai réservé un tour de kayak à partir de dimanche. Je remonte donc la côte est tout en loupant la route pour Pancake rocks, une curiosité naturelle. Je m’en aperçois après une dizaine de minutes et hésite donc à faire demi-tour. « Bon est-ce que ca vaut vraiment le coup » me dis-je en réfléchissant. « En plus ca me rallonge la route quand même… Bon aller après tout, je peux bien faire un détour. » J’arrive donc à Punakaiki vers 14h pour aller observer ces rochers en forme de pancakes. Et bien je peux vous dire, que je suis heureuse d’avoir fait demi-tour car la vue est superbe. Ca aurait été franchement dommage de louper ca ! Pourtant, je ne m’attarde pas trop et reprend le volant. C’est en fin d’après-midi que j’arrive à Kina réserve, un camping assez drôle où des quinquagénaires, qui ont visiblement abusé de la bouteille, dansent au milieu des campings cars. Je suis rejoins plus tard par Corinne et sa sœur accompagnée de son copain, qui seront mes 3 acolytes pour les 3 prochains jours pour faire l’Abel Tasman : une randonnée sur plusieurs jours que nous ferons en fait en kayak.
Nous avons donc rendez-vous à 7h30 à la compagnie de kayak en ce dimanche matin. Après un briefing, nous chargeons les kayaks : nourriture, eau, tente, sacs de couchage… de quoi survivre 3 jours. Nous avons quand même un rapide cours de kayak mais je dois avouer que je ne suis pas bien rassurée car nous sommes en plein mer et je n’imaginais pas que les vagues seraient si fortes. Enfin rien d’impressionnant, mais ca change du kayak sur lac que j’avais essayé il y a plusieurs années. Nous voilà donc lancer à l’aventure. Nous passons d’abord devant « apple rock », un rocher en forme de pomme. Puis nous continuons au nord et prenons notre temps de nous approcher de toutes les petites criques paradisiaque de l’Abel Tasman. Le paysage est incroyable et très similaire à certaines plages australiennes. Nous trouvons une petite plage déserte et décidons d’accoster afin d’y pique-niquer. Le grand luxe ! Malgré tout, l’eau est trop fraîche pour moi et je renonce à la baignade. Nous reprenons les kayaks pour continuer la visite et faisons la rencontre d’otaries. La plupart font la sieste au soleil, sur des rochers mais l’une d’entre elles préfèrent une baignade. Nous arrivons à nous rapprocher et celle-ci ne semble pas timide puisqu’elle continue sa « danse aquatique ». Nous nous approchons tellement près que nous la heurtons même avec notre kayak. Pas un gros choc rassurez-vous ! Rien qui ne la dérange puisqu’elle reste toujours à nos côtés. Nous arrivons dans l’après-midi à Observation beach, là où nous établissons le camp pour la nuit. Cette petite plage est accessible uniquement par bateau ou kayak ce qui en fait une plage très intime avec seulement une petite dizaine de personnes. Avant le repas, nous repartons en mer pour un petit tour de kayak et en profitons pour nous approcher des énormes yachts qui ont jeté l’encre dans la baie. Cela fait rêver ! Malheureusement pour moi, je me contenterai de la tente pour ce soir. Sans matelas, la nuit risque d’être un peu dure, sans compter ce mal d’épaules insupportables après une journée à pagayer. Heureusement, il me reste un doliprane et très rapidement la douleur disparait et je m’endors paisiblement.
Réveil à l’aube avec les premiers rayons du soleil qui chauffe la tente et qui m’empêche de faire la grasse matinée. De toute manière, une longue journée nous attend car nous devons rendre les kayaks à 16h et nous avons le double de chemin à parcourir. Nous passons encore de magnifiques plages désertes de sable blanc et rencontrons à nouveau des otaries. Nous arrivons à l’heure à Onetahuti pour rendre les kayaks. C’est également là que nous passerons notre seconde nuit. Ce camping est beaucoup plus fréquenté et nous faisons connaissance avec un groupe organisé et notamment leur guide qui nous invite à manger les restes. A la nuit tombée, il appelle tous les gens du camping afin de partager une histoire. Ainsi, comme des enfants, nous nous asseyons en demi-cercle en face de lui. Et là, un moment incroyable se produit, il commence à nous raconter une histoire sur l’arrivée des européens en Nouvelle-Zélande, leur rencontre avec les maoris. Il souffle dans un coquillage pour en faire sortir un son, puis chacun à notre tour, nous nous faisons passer le coquillage pour tenter de reproduire ce son grave. A la même manière d’un didgeridoo australien, l’exercice s’avère compliqué et très amusant. Un vrai moment de bonheur et de simplicité avec des gens qui l’on vient juste de rencontrer. Mais la soirée n’est pas finie, le guide nous demande de le suivre dans la nuit. Il nous amène dans une grotte et nous avons interdiction formelle d’allumer torche ou téléphone. C’est donc à tâtons que nous rentrons dans cette étroite grotte et très vite des milliers de vers luisants recouvrent le plafond. Pour moi, c’est la première fois que je vois ca, mais ce genre de grotte est très commun en Nouvelle-Zélande. J’ai l’impression de regarder un ciel étoilé. Encore un moment magique ! C’est donc des étoiles plein les yeux que je retourne à la tente et m’en vais me coucher.
Dernier réveil sur le chemin de l’Abel Tasman. Ce dernier jour, nous le ferons en marchant. Environ 5 heures de marches pour arriver à Totanoui. Nous avons largement le temps et profitons donc des paysages mais en chemin, nous rencontrons un français qui nous explique qu’il faut avoir traversé un certain passage avant 11h à cause de la marée, sinon nous serons coincés. « Quoiiii ?! Mais personne ne nous a parlé de ce détail !! » Il est 10h30, nous décidons d’accélérer un peu la cadence. La marée a déjà commencé à monter et sur certains passages l’eau m’arrive au-dessus des genoux. Il n’aurait pas fallu attendre plus longtemps. Plus de surprises, le reste du chemin sera tranquille jusqu’à l’arrivée. A 15h, nous arrivons finalement à l’endroit où le bateau taxi nous récupère, et nous rentrons à Marahau. Je crois que ces 3 jours de kayak/marche font parties de mon top 3 des choses à faire en Nouvelle-Zélande. Même si j’ai encore beaucoup à explorer dans ce pays, j’ai vraiment adoré les paysages de l’Abel Tasman. Nous rentrons à la base et pouvons enfin profiter d’une bonne douche chaude. Ma peau est tellement blanche et sèche à cause de l’eau de mer, sans parler de mes cheveux qui ressemblent à une coiffure rasta. Ce soir je retourne dormir au même camping qu’il y a 3 jours, mais les hippies quarantenaires ont levé le camp.
Mercredi 14 janvier, réveil nuageux. Je prends la route pour Golden Bay. Je m’arrête au passage près de Takaka pour une courte randonnée. Malheureusement, arrivée au sommet, je me retrouve dans de gros nuages blancs et il m’est impossible de voir quoi que ce soit. Je continue donc la route en espérant que la météo sera un peu meilleure à la pointe. Alors que je suis arrêtée à un lookout, j’aperçois un van noir arrivé. Il s’agit de Fred, un pote de Queenstown. Nous décidons donc de faire un bout de chemin ensemble et nous arrêtons tout d’abord à Fossil Point, une longue plage occupée par une colonie d’otaries. Nous arrivons à nous approcher très près mais dès qu’elles se mettent à grogner nous préférons nous éloigner. Puis, Fred et moi reprenons la route pour Farewell point, le point le plus au nord de l’île du sud. Et voilà il est déjà temps de nous séparer. Fred restera quelque jours de plus dans le coin tandis que je continue ma route. Je me retrouve ainsi en fin de journée dans un camping absolument perdu au milieu de nulle part. Nous sommes seulement 3 véhicules. J’ai toujours cette appréhension que l’un des campeurs soit un serial killer quand je me retrouve dans ce genre de camping isolé.
Mais fort heureusement cela ne m’empêche pas de dormir paisiblement. Je me réveille donc vers 9h et pars sans tarder sur la route de la côte est. Aujourd’hui je descends à Kaikoura, ville très connue car c’est le point de départ pour aller nager avec les dauphins. Malheureusement, étant en haute saison, il est nécessaire de réserver à l’avance et je n’ai donc pas la chance de faire une expédition. A la place, j’entreprends une petite marche sur les falaises de Kaikoura. Puis je descends jusqu’à la plage pour aller observer les otaries/phoques (il n’existe qu’un mot en anglais pour désigner les 2 races). Je me fais même attaquer par une mouette hargneuse et suis obligée de m’armer d’un bâton pour la chasser dès qu’elle me rase la tête. N’ayant pas grand-chose d’autres à voir à Kaikoura, je décide d’avancer la route au maximum jusqu’à Akaroa, un petit village près de Christchurch dont on m’a parlé. Avant que la nuit tombe je trouve un camping sur la route, à Mont Thomas. Le terrain est immense et nous sommes seulement 3 véhicules à camper. La vue est magnifique et une ambiance paisible règne ce soir. Même les sandflies ont décidé de me laisser tranquille pour une fois !
En ce vendredi matin, je termine la portion de route qui me reste jusqu’à Akaroa. Je traverse la péninsule de Banks qui est très jolie. Une fois arrivée à Akaroa, j’ai l’agréable surprise de voir en arrivant des drapeaux français flottés en haut des bâtiments, quelques noms de boutiques en français ainsi que les noms des rues. Et oui, Akaroa était autrefois une colonie française ! Je passe donc la journée à flâner dans les rues (ou plutôt la rue). Sur certaines vitrines, des articles des attentats en France contre Charlie Hebdo sont affichés. Mais à part se promener dans le centre, il n’y a pas vraiment de quoi s’attarder, alors dans l’après-midi, je reprends le volant pour descendre encore le long de la côte est. J’ai beaucoup de kilomètres à faire avant d’arriver à Oamaru, très célèbre pour les pingouins bleus qui sortent à la nuit tombée. Finalement arrivée à destination, je n’avais pas prévu que la nuit prendrait si longtemps à tomber. C’est donc seulement à 22h et après une attente interminable dans le froid que de minuscules pingouins commencent à faire leur apparition. Ils sont trop mignons. Malheureusement, il est strictement interdit d’utiliser le flash de l’appareil photo car ils craignent la lumière, je n’ai donc pas de photos souvenirs. Il y en a même un, un peu perdu, qui s’avancera jusqu’à mes pieds. Je suis contente, j’ai enfin vu « mes petits pingouins » et je peux donc finalement aller me coucher. J’ai quand encore une demi-heure de route à faire et dans la nuit, avec le peu d’indications que j’ai, pas facile de trouver ce maudit camping. Mais j’arrive saine et sauve et mange un bout rapidement avant de me mettre au lit.
Samedi 17 janvier, dernier réveil de ce trip. Je rentre aujourd’hui à Queenstown. Depuis hier, ma voiture fait un drôle de bruit, une sorte de grincement comme si je n’avais plus de suspension arrière. Je suis assez inquiète et j’espère qu’elle tiendra le coup jusqu’à Queenstown. Cela ne m’empêchera en aucun cas de profiter de ma dernière journée de vacances. Dans la matinée, je m’arrête ainsi à Moeraki boulders. Des gros rochers tout ronds, façonnés par la mer et le vent, sont éparpillés sur une plage. On appelle cela une curiosité naturelle, comme les pancakes rocks à Punaikaki. C’est sympa, mais il n’y a pas de quoi s’attarder des heures. Je continue donc mon chemin jusqu’à Dunedin, la deuxième plus grande ville de l’île du sud avec près de 100 000 habitants. Je ne suis pas fan des grandes villes, mais je me promène quand même entre les buildings et les vieux bâtiments. Et vous savez sur quoi je tombe ?! Cadbury factory, l’usine de fabrication du chocolat Cadbury (une marque très connue en Océanie). Je ne peux donc pas résister à la tentation et décide de visiter. Malheureusement étant en weekend, seulement une partie de l’usine est accessible, je ne verrai donc pas les ouvriers et les machines en action. Nous commençons le tour et le guide nous offre un petit sachet de différents chocolats. Puis, il nous pose des questions ou devinettes, auxquelles je réponds juste. Et à ma plus grande joie, je me vois récompenser par des chocolats. Super ! Mon sac se remplit ! J’espère qu’il y aura d’autres questions ! Si seulement, ca se passait comme à l’école, j’aurai été première de la classe chaque année. La visite de l’usine se poursuit par une chute de chocolat géante. Des milliers de litres de chocolat sont déversés d’un seul coup pour notre plus grand plaisir depuis une machine géante. Nous repartons avec quelques éclaboussures chocolatées sur nos vêtements mais personne n’y voit de problèmes. Finalement, nous finissons la visite avec une dégustation de chocolat fondu encore chaud, un délice. Et encore quelques autres chocolats que le guide nous met dans notre sachet à la sortie! Après cette visite gourmande, un peu d’exercices est nécessaire. Je me rends donc à Baldwin street, la rue la plus pentue au monde. Et en effet, ca grimpe pas mal. Vaut mieux avoir une bonne voiture, si tu habites ici, et les jambes bien accrochées si tu veux descendre en courant. Il est déjà l’heure de repartir. Dans moins de 4h, je serai de retour à la maison et pourrait enfin apprécier le confort d’un grand lit et d’une douche chaude.
Dunedin et l'usine à chocolat
Et voilà, mon premier road trip en Nouvelle-Zélande se termine. C’est également une première pour moi car j’ai voyagé seule et cela ne m’a pas dérangé du tout. J’ai encore beaucoup de choses à voir dans l’île sud malgré tout car cette partie de la Nouvelle-Zélande est tellement riche en paysages et vraiment diversifiée. A bientôt pour de nouvelles aventures !





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