Episode 9 : West coast
Je l’attendais avec impatience, il est enfin arrivé… Non, pas l’homme de ma vie voyons. Le road trip sur la cote ouest ! Que ce soit les australiens ou les backpackers que j’ai rencontré depuis le début de mon aventure, tous m’ont recommandé de visiter le western australia, vantant sa beauté et son climat. J’ai donc gardé le meilleur pour la fin, et après un an et demi en Australie, je m’apprête finalement à découvrir cet Etat. Mais avant tout, je pars à la recherche d’un compagnon de route, car partir toute seule ne m’enchante pas vraiment. Une petite annonce sur un groupe facebook réunissant les âmes égarées et le tour est joué. Quelques échanges plus tard, j’ai trouvé ma nouvelle partenaire : Loue, 23ans, lilloise et actuellement fille au pair sur Sydney. Nous nous rencontrerons donc officiellement à notre arrivée à Perth. Du moins, si j’arrive à braver le cyclone qui s’abat en ce moment sur Cairns…
Vendredi 11 avril, à mon réveil, je découvre que Kirstin a fait ses bagages et s’apprête à quitter la maison avec les filles. Le cyclone annoncé devrait arriver sur Cairns, et elle préfère se réfugier chez une amie. « Caroline tu devrais venir avec nous, tu n’auras pas ton avion de toute façon et je ne veux pas te laisser toute seule ici quand le cyclone passera ». « Oh ne t’inquiètes pas pour moi, je suis confiante quant à mon avion, le cyclone ne s’abattra pas avant demain matin et d’ici là, je serai arrivée saine et sauve à Perth ! » Et puis, pour dire vrai, je préfère braver le cyclone seule, plutôt qu’une horde d’enfants enragés et enfermés 24h/24 ensemble. Finalement, j’avais raison d’être optimiste car mon vol est maintenu et je décolle en cette fin de journée pour l’ouest australien. (J’apprendrai plus tard que tous les vols suivants ont été annulés !)
Mais ma journée est loin d’être finie. Arrivée à 22h30 dans Perth, je ne sais toujours pas où dormir. Heureusement, je fais la rencontre d’un jeune belge qui m’emmène jusqu’à une auberge de jeunesse. Je me retrouve ainsi dans un dortoir de 24 personnes. Essayez d’imaginer le décor: une douzaine de lits-superposés, des vêtements éparpillés partout, des restes de nourriture dans chaque recoin… Un camp de roumains serait mieux organisé. Il est bientôt minuit et je vais me coucher, les fenêtres sont grandes ouvertes car la température avoisine les 30°, pas un brin d’air, la discothèque attenante et sa foule en délire, et ce foutu italien qui rallume la minuterie de la lumière sans arrêt comme s’il était tout seul, bref, une bonne nuit de sommeil en perspective.
Heureusement, la fatigue l’a emportée et j’ai finalement pu avoir une nuit de sommeil correcte. Je rejoins donc la compagnie de location de vans pour y retrouver Loue. A 9h30, clé en main, nous pouvons enfin partir à l’aventure. Le premier contact avec elle est plutôt bon et je sens déjà que ces 2 semaines de trip vont bien se passer. Notre premier arrêt touristique se fait à 3h de Perth, au Pinnacles desert. Des roches calcaires érigées tels de petits menhirs au milieu de nulle part. L’arrêt se fait très rapidement, pas besoin de s’éterniser et nous en concluons que 12$ pour voir des cailloux c’est un peu cher payé ! Nous nous arrêtons ensuite à Cervantes, la « ville » la plus proche, afin de faire quelques courses. Du moins, je ne sais pas si on peut parler de ville avec moins de 500 habitants. Il n’y a rien à faire, à part apprécier la plage. Nous repartons donc rapidement… ou pas ! Même pas une journée d’écoulée et nous rencontrons notre premier problème avec la voiture. Une pièce du coffre a bougé et il nous est impossible de le fermer. Nous allons donc demander de l’aide à la petite station essence de Cervantes avec l’espoir que quelqu’un nous dépanne. C’est une mamie qui nous vient en aide. « T’inquiète pas Love, je vais t’arranger ca ». Elle essaye de tout son cœur, avec son petit tournevis, de nous réparer le coffre la mamie, mais c’est peine perdue. Elle décide alors d’appeler un de ses amis. En l’attendant, Loue et moi-même sommes déjà en train de fustiger la compagnie de location. « Non mais ils se foutent de notre gueule, ca va pas se passer comme ca ! » Quelques minutes plus tard, notre dépanneur arrive. En un coup de tournevis, il parvient à nous débloquer la pièce. Je suis tellement heureuse et soulagée, que je sers le petit vieux dans mes bras. Nous pouvons alors repartir. Sur la route, nous nous émerveillons à la vue des dunes de sable blanc et de la mer turquoise. Nous faisons un arrêt à Jurien Bay avant d’arriver en fin de journée à Geraldton où nous passerons la nuit. Nous ne trouvons pas mieux que d’installer notre table de camping sur le parking d’un restaurant, ce qui fait rire les passants. Un homme nous propose même de venir à l’exposition qui se déroule à la galerie d’art avec vin offert. Il n’en faut pas plus pour décider Loue. Nous enfilons donc une tenue un peu plus « classe » et nous incrustons à la soirée. Les pique-assiettes sont de sortie, quelques verres de vin et petits canapés plus tard, nous retournons au van pour y passer la nuit.
Dimanche, premier réveil au côté de Loue. Un réveil matinal car comme vous le savez maintenant, pour éviter à tout prix les rangers et l’amende, il vaut mieux ne pas s’éterniser. Aujourd’hui destination Kalbarri, un parc national réputé de la côte ouest. Mais avant ca, un arrêt à Port Grégory s’impose afin d’observer le point touristique : le lac rose. Encore une petite heure de route avant d’arriver à Kalbarri et d’entamer une randonnée, qui, si j’en crois les photos google, m’a l’air vraiment pas mal. Sur la route qui nous amène jusqu’à la ville, plusieurs lookout sont indiqués. Pourquoi ne pas s’arrêter pour avoir un aperçu du paysage. Nous nous tenons alors sur des falaises vertigineuses. La plage qui est à nos pieds semble jolie et nous descendons y faire un tour. « Ptin on est vraiment des touristes chinois pour descendre en tong sur les rochers » pensons-nous réciproquement. Etait-ce un signe avant-coureur du drame ? Soudain, j’entends Loue crier. Elle vient de s’éclater l’orteil sur un rocher. « Tu peux regarder si mon ongle est toujours là ? » me demande-t-elle. « Ah non mais je ne peux pas regarder ca, y a trop de sang… » Je ne suis pourtant pas d’un naturel fragile, mais la vue de son pied ensanglanté ne me réjoui pas. Bon, remontons à la voiture histoire de trouver un truc pour soigner ce pied. A part de l’eau, nous n’avons pas grand-chose. Heureusement, une famille nous vient en aide et nous pouvons repartir. Espérons que Loue puisse marcher car une super ballade nous attend. Elle ne va pas commencer à faire son boulet ! Mais heureusement, Loue est une dure à cuire et nous voilà parties pour une randonnée de 4h, sous un soleil de plomb. Mais des invités surprises se joignent à nous : les mouches. Des dizaines et dizaines de mouches qui te collent à la peau et ne te laissent aucun répit, de quoi nous rendre folles ! A chacun sa technique, tandis que Loue chasse sans cesse les mouches à l’aide de son foulard, j’opte pour la solution du voile intégral. Cette boucle de 8km est vraiment magnifique, nous descendons dans les gorges qui heureusement nous procurent un peu d’ombre. Il était bien marqué d’apporter 3 ou 4L d’eau par personne sur les panneaux au départ, nous n’en avons pris que 2… pour toutes les deux. Autant vous dire, qu’on se restreint pas mal de boire. Quelques heures plus tard, nous entamons la remontée des gorges. « Aller courage, on est bientôt à la voiture, on va pouvoir boire 3L d’un coup ! » Mais en regardant autour de moi, je trouve que le sentier devient de moins en moins évident. « Euh… Loue t’es sûre que c’est là ? ». Force est de constater que nous avons loupé le chemin indiqué par des balises, nous retournons sur nos pas. La recherche du sentier nous prendra quelques dizaines de minutes ce qui met pas mal Loue sur les nerfs, qui est autant assoiffée que moi. On pourrait d’ailleurs ne jamais retrouver le chemin, et mourir au milieu de ce désert, personne ne s’aventure ici à cette heure de la journée. En effet, les personnes sensées font la marche au petit matin, quand le soleil n’est pas encore au zénith. Bref, de retour sur le chemin balisé, il ne nous faut que quelques minutes avant d’arriver à la voiture. C’est alors deux filles assoiffées qui se jettent sur le bidon d’eau et le jus de fruit. Impossible de se réhydrater, nous ne pouvons nous arrêter de boire. Cette folle aventure nous aura servi de leçon et on ne nous y reprendra plus. En cette fin de journée, épuisées par nos exploits, nous retournons dans la ville (car il est interdit de dormir dans le parc national), et nous installons sur le parking de la plage, à côté des douches que nous avons repéré plus tôt dans la journée. Comme nous, une dizaine d’autres backpackers viennent profiter de cette douche froide, grand luxe quand on vit dans un van. Nous faisons ainsi la connaissance d’un groupe de français (j'apprends d'ailleurs à ce moment là que ma co-pilote s'appelle en réalité Louise, mieux vaut tard que jamais), qui nous propose de les suivre pour passer la nuit chez un couple de retraités australiens qui leur ont offert de se garer sur leur terrain. Une nuit sereine en perspective.
Nouvelle journée qui s’annonce sur la côte Ouest. Nous quittons le camping improvisé tôt ce matin afin d’être dans les bonnes conditions pour la seconde marche : the Z-bend. Nous sommes les premières sur place. Puis une maman avec son fils nous rejoignent sur la plate -forme du lookout. Alors que nous lui expliquons que nous avons eu très chaud hier pendant la marche, celle-ci interloquée nous lâche: « Mais vous êtes folles, hier était la journée la plus chaude, il faisait 36° en bord de mer, donc sûrement plus de 40° dans les gorges… ». Loue et moi échangeons un regard, décidément nous sommes vraiment inconscientes. Deux litres d’eau pour 2, pour 4h de marche sous 40°, c’était vraiment de la folie ! Tandis que la maman et son fils font demi-tour, nous continuons la marche avec, cette fois, nos réserves d’eau. Nous nous faufilons entre les rochers, descendons des échelles, un peu comme de la via ferrata. Dire que les italiens que l’on a croisé hier nous ont dit que la marche ne valait pas vraiment le coup... Au contraire on adore ! Une fois la randonnée terminée, nous reprenons la route pour quitter le parc. Nous faisons encore deux arrêts à Hawks Head et Ross Graham pour admirer la vue. La route est longue jusqu’à notre prochaine destination : Shark Bay. « Tu crois qu’on aura assez d’essence Caro ?! » « Mais oui t’inquiète ! ». Quelques heures plus tard sur les routes interminables australiennes, le compteur d’essence a bien baissé… trop baissé! La prochaine station service annoncée est dans 50km. Ca va le faire ! Quelques minutes plus tard, la voiture commence à brouter… « Caro arrête tes conneries ! » me lance Loue. « Désolé mais c’est pas une blague, on est dans la merde ! ». Prochaine station service : 5km. Je m’imagine déjà rejoindre la station à pied. « Oh ptin ca y est, la station est là, plus que quelques mètres à tenir.» A peine ai-je mis mon clignotant pour m’engager dans la station service que le moteur s’arrête. Grâce à l’élan de la voiture nous continuons d’avancer mais je ne peux pas me permettre de freiner. Face à toutes ces voitures qui stationnent n’importe comment, Loue se met à hurler et agiter ses bras « mais cassez vous, on est en paaaanne !! ». Cette fois c’est fini, la voiture n’avancera plus. C’est avec dignité que nous poussons donc la voiture qui nous sépare des 5 mètres de la pompe ! On a évité la catastrophe. Après cette halte, nous voilà reparties sur de nouvelles bases. Arrivées à Shark bay, nous faisons un détour à Hamelin pool pour voir les stromalites (coraux), puis à la merveilleuse Shell beach, une plage constituée uniquement de coquillages. Bon il faut avouer que c’est joli mais ca fait mal aux pieds. Première baignade du trip. L’eau est parfaite et tellement claire. On aurait envie de s’éterniser. Pourtant, nous préférons avancer et arrivons en fin d’après-midi à Denham. Loue ne manque pas de se faire chasser par un émeu pour mon plus grand plaisir. Et, une fois de plus nous rencontrons des français avec qui nous partageons nos expériences. Ils ont le même programme que nous, nous les retrouverons demain à Monkey Mia.
Et c’est ainsi, que tôt le lendemain matin, nous arrivons au resort de Monkey Mia. Village miniature composé uniquement d’un camping mais très fréquenté puisque c’est là où on peut nourrir les dauphins. Mais encore faut-il être choisi parmi la foule qui se presse chaque jour. Il est 8h et les dauphins sont déjà au rendez-vous. Ils attendent leur sardine pour notre plus grand bonheur. Il y a même une tortue qui nage. Je ne sais plus où donner de la tête, je suis émerveillée, telle une enfant de 5 ans. Puis vient l’heure de se rassembler autour des volontaires, qui nous expliquent que nous ne pouvons pas toucher les dauphins même si cela est très tentant. Les volontaires s’apprêtent à choisir quelqu’un pour nourrir les dauphins, alors que Loue m’a rabâché que c’était peine perdu, qu’ils devaient sans doute choisir des enfants, la fille en face de moi me pointe du doigt « you ! ». « Hein ? Quoi ? Moi ? » m’interrogeant tout en me retournant pour voir si d’autres personnes se sentent concernées. « Oui toi avec le tshirt rose ! ». Je regarde mon tshirt, oui il est bien rose. C’est pas vrai ! C’est moi qu’elle a choisi, youhou ! La bénévole me tend une sardine, et je la donne aussitôt à l’ami Flipper. L’action aura duré en tout et pour tout 10 secondes mais je suis heureuse. Il est encore très tôt et nous reprenons la route pour notre prochaine étape : Coral Bay. Mais la route étant longue, nous faisons un petit arrêt détente à Carnarvon, histoire de se dégourdir les jambes. La ville n’a rien d’intéressante. D’ailleurs, Loue s’y sent immédiatement mal à l’aise, c’est la première fois qu’elle voit des aborigènes autre que celui qui joue du didgeridoo devant l’opéra de Sydney. Certes, la ville n’est pas très engageante mais remplie de touristes, qui comme nous, font une petite pause. Nous y rencontrons ainsi deux français (encore !!!) très sympa avec qui nous passons l’après-midi. Au programme, découverte de la ville et baignade. Mouais… enfin au vue de la plage qui ressemble plutôt à un marais, on ne risque pas de prendre racine. Ainsi à 16h, il est temps de quitter Carnarvon. Quelques heures de route avant d’établir le camp dans un camping gratuit. Enfin camping… il s’agit en fait d’une aire de repos très succincte, avec des odeurs de toilettes sèches et de cadavres d’animaux en décomposition. Il nous en faut plus pour nous couper l’appétit ! Peut-être une panne de gaz ?! Et oui, nous avons pris l’habitude maintenant d’avoir une boulette par jour. Ainsi après le problème du coffre, le pied de Loue et la panne d’essence, aujourd’hui nous faisons face à la panne de gaz. Les pates étant loin d’être cuites et au milieu du désert, nous n’avons pas d’autres choix que de demander de l’aide à nos voisins de camping. Une famille australienne qui est heureuse de nous dépanner. De retour au van afin de savourer enfin notre repas, un couple de français s’est installé à notre table. Comment voulez-vous que j’améliore mon anglais avec tous ces français que l’on croise.
Mercredi 16, réveil matinal. La nuit a été fraîche mais le soleil tape fort de bon matin. Pas de quoi s’attarder sur ce terrain vague où l’odeur des kangourous nous enivre dès le réveil. Ainsi, après avoir passé le Tropique du Capricorne (souvenez-vous cette ligne imaginaire que l’on devait colorier sur nos cartes au collège), nous arrivons à Coral Bay. Avec cette chaleur, nous n’avons qu’une envie c’est de sauter dans l’eau et faire un peu de snorkelling (plongée au masque et tuba). En arrivant à la plage, nous sommes subjuguées par la vue qui s’offre à nous. Une vraie carte postale. Sans doute quelques touristes en trop, mais l’eau turquoise et le sable blanc sont dignes d’un décor de série. Aussitôt, nous installons nos serviettes et nous munissons de nos masques et tubas afin d’explorer les fonds marins. Parmi les poissons et les coraux, la vie est belle ! Mais de nager après les poissons ca fatigue dis donc. Sieste et bronzette viennent conclure cette session plage. Et il n’est que midi ! Nous préférons alors nous abriter du soleil et nous nous faufilons dans l’un des campings afin de recharger nos appareils photos, téléphones et bidon d’eau et de savourer le luxe d’une vraie douche. Après tout ca, que faire ?! Ba… retourner à la plage pardi ! Une journée bien reposante. Nous finissons la journée avec un repas les pieds dans le sable et partons en mission pour trouver un endroit où dormir. C’est à la nuit tombée que nous établissons le camp dans un camping payant un peu à l’abris des regards. On est pirate où on ne l’est pas! Il ne faudra juste pas traîner demain matin. Nous nous endormons au son de l’accordéon que notre voisin joue avec entrain depuis une demi-heure.
On s'amuse comme des folles!
Comme prévu, nous quittons le camping aux aurores et allons finir notre nuit sur la plage. Il est 7h et le soleil ne tape pas encore très fort. Le programme est déjà tout tracé, baignade, bronzette, snorkelling et bien sûr une petite séance photos afin de faire rager les copains sur Facebook. Mais en début d’après-midi, nous sommes déjà lassées de la plage. Trop de bronzette, tue la bronzette ! Nous repartons donc sur les routes pour rejoindre Exmouth. Exmouth, c’est la ville où affluent tous les touristes désireux de plonger avec les requin-baleines, mais c’est aussi la porte d’entrée pour Ningalo Reef, la barrière de corail de l’Ouest. Contrairement à la Grande barrière de Corail à l’est de l’Australie, nous n’avons pas besoin de prendre un bateau pour nous y rendre. Les coraux ne se trouvent qu’à quelques mètres de la plage. Les différents français que nous avons croisé jusqu’à présent nous ont vendu du rêve sur ce qu’ils avaient vu ici : tortues, requins de récif, raies… Nous avons tellement hâte ! Mais il faudra patienter jusqu’à demain, occupons-nous d’abord de savoir où l’on va dormir. Il y a quelques campings dans le parc et on compte bien s’y incruster comme la veille. Mais ce que l’on ne savait pas c’est que chaque camping est gardé par un bénévole auquel tu dois te présenter, et même si on prend la sage décision de payer un camping, le bénévole nous explique qu’il n’y a plus aucune place. On ne va quand même pas faire demi-tour et repartir sur Exmouth pour trouver un endroit où passer la nuit… Après concertation nous décidons de tenter le coup et de rester dans le parc (ce qui s’avère très risqué si un ranger nous surprend). C’est sur le parking de Sandy Beaches que nous nous arrêtons un peu stressées. On ne se couchera pas sereines ce soir. Malgré tout, nous apprécions notre soirée sous un ciel étoilé magnifique, l’occasion pour Loue et moi d’apprendre un peu à se connaître à travers de grande discutions philosophiques (comprenez discutions de mecs et de cul).
La nuit a été agitée, entre Loue qui se réveille au milieu de la nuit pour scruter l’horizon à la recherche d’éventuels rangers et moi qui ai rêvé qu’on se faisait arrêter, la menace de l’amende nous terrorise ! C’est donc à 6h du matin que nous levons le camp et rejoignons Yardie Creek pour le petit-déjeuner. Installées sur le parking, tentant de nous remettre de nos émotions de la nuit dernière. Soudain je m’exclame « Loue pourquoi la musique ne marche plus ? » Mais la réponse je la connais déjà : la batterie est à plat. Les fenêtres grandes ouvertes, on ne peut même pas quitter les lieux. Heureusement, de gentils australiens viennent à notre rescousse. La boulette du jour étant passée, nous n’avons plus rien à craindre pour la journée. Nous partons donc l’esprit léger sur le sentier de Yardie Creek. A 9h, la randonnée terminée et le soleil tapant déjà fort, il est temps d’aller faire nos premières plongées au masque et tuba. Et c’est à Oyster stacks que nous nous rendons. Ici pas de plage, mais des rochers, et pour descendre dans l’eau avec les forts courants ce n’est vraiment pas évident. Nous rentrons donc dans l’eau avec appréhension. Mais à peine a-t-on mis la tête sous l’eau que des dizaines et des dizaines de poissons de toute taille et de toutes les couleurs s’agitent autour de nous. Je me retrouve même au milieu d’un banc d’énormes poissons, ce qui est assez impressionnant. Je crois que c’est encore mieux que dans les Whitsundays Islands. Mais à mon grand regret, nous ne croiserons pas de tortues, ni de requins. Quoi que les requins, je m’en passe volontiers ! Vers 10h, de nombreux touristes arrivent, il est alors temps pour nous de changer de coin. Nous nous rendons alors à Turquoise Bay, qui, j’ai lu, est l’une de plus belles plages d’Australie. Et ce n’est visiblement pas un mensonge. Nous sommes en extase devant cette plage paradisiaque. Une vue à couper le souffle. En plus, il y a moins de touristes qu’à Coral Bay. Aussitôt arrivées et nous plongeons dans cette eau transparente. Là aussi, le courant est très fort et nous emporte très rapidement, vraiment impressionnant. Tandis que Loue opte pour une sieste, j’enfile mon masque et mon tuba et pars explorer les fonds marins. Mais il est très difficile de nager à contre-courant sans palme, et j’abandonne donc rapidement l’idée du snorkelling. Je rejoins alors Loue pour une séance bronzette, parsemée de-ci de-là de quelques baignades rafraichissantes. Après avoir bien brûlé, il est temps de quitter ce petit coin de paradis. Ce soir, nous avons prévu de « frauder » de nouveau et de dormir dans le parc. Nous attendons donc la nuit tombée et la fin de la ronde des rangers, avant de rejoindre Sandy Beaches. Nous allons donc à Bloodwood creek pour admirer le coucher du soleil et manger. Mais soudain, une voiture arrive. « Putain Loue c’est un ranger ! Gardons notre calme ! Après tout on ne fait rien de mal. » « Hey bonjour ! » nous interpelle le ranger en baissant sa vitre. « Qu’est-ce que vous faites là ? Vous savez où passer la nuit ? Car ici c’est interdit ! » « Oh oui pas de soucis, on admire juste le coucher du soleil avant de quitter le parc et rejoindre Exmouth » lui réponds-je d’un ton assuré. Il n’a pas vraiment l’air de me croire à 100% et tente de me faire peur : « ok mais vous savez qu’il est interdit de dormir dans le parc. C’est un gros weekend et beaucoup de touristes et backpackers sont là et vont certainement essayer de dormir, donc on fait bien attention ! » Sur ce, le voilà reparti mais il a bien semé le doute dans nos esprits. « Merde Loue, qu’est-ce qu’on fait ? » Parce qui si on se fait choper, on ne peut pas jouer la carte du « on ne savait pas ». « Hey on est des pirates ou on ne l’est pas ?! » me dit Loue. Et c’est ainsi que dans la nuit noire et en tentant du mieux possible d’éviter tous les kangourous qui sont de sortie, nous retournons là où nous avons campé hier. Nous mettrons alors un moment à nous endormir, sursautant à chaque aperçu de feux de voitures au loin.
Encore un réveil bien matinal afin d’échapper au début de la patrouille des rangers. Il est à peine 7h quand nous arrivons à Mandu Mandu gorge pour y faire une petite randonnée. Mais pour bien commencer, un petit-déjeuner s’impose. La marche est sympa, mais rien d’extraordinaire. En fait, je crois que l’on est lassé tellement on a pris l’habitude de voir des paysages splendides. On rencontre même un groupe de chèvres au fin fond des gorges. Cette petite randonnée matinale terminée, il est temps d’aller faire quelques séances de snorkelling. Etant bien décidée à croiser des tortues, j'insiste pour retourner à Oyster stacks. Mais encore une fois, c’est raté! Nous ne verrons aucune tortue. Les français que nous avons croisé nous avaient pourtant assuré d’en voir. Peut-être aurons-nous plus de chances du côté de Lakeside… ou pas ! Tant pis, j’abandonne. Nous profitons juste de l’eau turquoise pour une petite baignade. Après le picnic du midi ainsi que quelques photos souvenirs, nous quittons le parc national et retournons à Exmouth afin d’y trouver un endroit civilisé où prendre une douche. Nous nous faufilons donc discrètement dans un caravan park afin de faire un brin de toilette et recharger les batteries. Dans le même temps, Loue rencontre de son côté un couple de français et nous les retrouvons plus tard, sur l’aire de repos où nous avons décidé de passer la nuit. L’occasion alors de partager une soirée autour d’un repas. Sabrina et Antoine sont deux joyeux lurons et nous passons un excellent moment à rigoler. Pour la première fois depuis le début du trip, nous ne sommes pas couchées à 20h !
Et qui dit couchées tard, dit levées tard. Youhou ! Grasse matinée jusqu’à 8h en ce dimanche matin. Nous retrouvons nos nouveaux potes pour le petit-déjeuner et discutons de nos plans. Loue et moi partons pour Karijini, le plus beau parc national d’Australie selon certains. Sabrina et Antoine, quant à eux, descendent vers le sud. Pourtant l’idée de nous accompagner leur trotte dans la tête. Ils sont pourtant déjà passés par le Nord et auraient pu y aller il y a quelques jours. Mais c’est sans doute grâce à nos personnalités attachantes à Loue et moi-même, que les deux tourtereaux décident de nous suivre pour partager un petit bout d’aventures en notre compagnie. « Cool, je sens que l’on va bien se marrer avec ces deux-là ! » Mais avant d’arriver à Karijini, nous avons une journée entière de route. C’est donc à la nuit tombée que nous arrivons à quelques kilomètres du parc, dans un camping gratuit qui porte le nom de RIP lookout (pour les non anglophones, RIP= repose en paix). Nous partageons notre seconde soirée aux côtés de Sabrina et Antoine, encore une soirée pleine de fou-rires !
Nouvelle semaine qui démarre. Nous sommes sur pieds à l’aube et parcourons les derniers kilomètres qui nous séparent du parc. Notre premier arrêt se fait à Oxer et Junction pool lookout, où nous avons un aperçu de ce que nous allons voir en entreprenant la randonnée de Weano gorge. Nous arrivons rapidement en bas des gorges et faisons face aux premiers obstacles : des passages remplis d’eau. Il y a alors deux types de personnes : ceux qui traversent le long de la paroi, exercice délicat car la roche est glissante et il y a juste assez de place pour poser la pointe des pieds, et il y a ceux qui traversent directement dans l’eau. Les premières fois, nous optons pour nous garder au sec, puis finalement, nous choisissons la deuxième solution qui est plus rapide, en veillant bien à ne pas trébucher dans l’eau et noyer nos appareils photos. Nous arrivons en fin de parcours et le chemin devient très étroit. Nous progressons entre deux parois rocheuses et c’est alors que nous débouchons sur la plus spectaculaire des piscines naturelles : Handrail pool. Les mots me manquent pour dire à quel point cet endroit est magnifique, et les photos sont loin de refléter l’émerveillement que l’on peut ressentir. Nous descendons alors par une échelle pour accéder à la piscine. Le parcours n’est pas encore vraiment terminé. Pour atteindre l’autre côté de la rive, pas d’autres solutions que de se jeter à l’eau. Nous abandonnons donc sac-à-dos, appareil photo et vêtements. Comme vous pouvez vous en douter, l’eau est très fraîche mais pour la beauté du paysage, on ne fait pas les difficiles. L’étroite gorge nous mène vers une deuxième piscine où nous faisons quelques sauts depuis la paroi. Nous y rencontrons également un beau ranger qui égaye ma journée. Une fois remontés en haut des gorges, nous repartons à l’aventure, cette fois, du côté d’Hancock gorge, suivi de Knox Gorge. A force de marcher dans l’eau, je découvre avec effroi que mes pieds sont à la limite de l’amputation mais cela ne m’empêche pas de proposer de faire la dernière randonnée du secteur. Malgré la nuit qui arrive et la fatigue après plusieurs heures de marche, nous sommes tous motivés pour aller voir Joffre falls. Nous arrivons rapidement en bas des gorges mais nous devons nager plusieurs centaines de mètres pour traverser. Il fait déjà bien sombre et nous sommes les derniers touristes… Même pas peur, nous nous jetons à l’eau. Mais au bout de quelques minutes de brasses dans l’eau froide, n’en voyant pas le bout, nous nous raisonnons et faisons demi-tour. Antoine veut tout de même voir ce qu’il y a au bout et continue d’avancer tandis que nous regagnons la rive. Il fait presque nuit quand nous remontons au pas de course aux vans. Voilà une journée bien remplie. Ne nous reste maintenant qu’à trouver un endroit où dormir. Mais pas facile dans ce parc, et voilà qu’une voiture de ranger s’approche. « Oh p’tin c’est le beau ranger de ce matin ! » suis-je ravie de constater en le voyant s’approcher. « Salut je suis ranger Dan, vous ne pouvez pas rester ici. Il y a un camping payant à quelques minutes d’ici. » Grrr ! Voilà de quoi mettre aussitôt fin à mon coup de cœur pour ranger Dan. Pas d’autre choix que de rejoindre le camping payant, 10$ par personne pour garer son véhicule, pas de douche, pas d’eau potable… Loue et moi avons failli à notre road trip en mode pirate. Tant pis, au moins nous pouvons nous endormir l’esprit léger, du moins si ces pu**** d’allemands daignent bien se taire et éteindre leur musique.
Weano Gorge
Deuxième jour à Karijini, encore un programme chargé pour aujourd’hui. Nous explorons l’est du parc avec ce matin, une marche jusqu’à Circular Pool. Eau turquoise, cascade digne d’une pub pour un gel douche. De toute beauté ! L’eau est quand même très fraîche ce matin et je passe mon tour pour la baignade. Puis, nous reprenons le sentier qui mène cette fois jusqu’à Fortescue falls par les gorges de Dales. Au passage, nous pouvons admirer un serpent accrocher à la verticale sur un rocher (quelqu’un nous dira plus tard qu’il s’agit d’un spécimen dangereux et agressif). Me voilà donc en crise de panique au milieu des gorges et sursautant dès qu’un brin d’herbe me chatouille les chevilles. Arrivés à Fortescue falls, nous constatons qu’il s’agit d’un endroit très touristique. Les nombreux touristes sont assis sur les marches de l’amphithéâtre qui entourent le bassin. Un peu plus loin et beaucoup moins fréquentée se trouve Fern pool, une piscine naturelle à l’eau turquoise. Un petit bout de paradis encore une fois dans ce parc. On peut même tremper les pieds pour se faire une fish pedicure avec les poissons qui viennent manger les peaux mortes de nos pieds. Ca surprend au début ! Une fois ce grand parcours terminé, nous remontons aux vans et avons en chemin un magnifique panorama sur Fortescue falls. Après un picnic tardif, nous reprenons le volant pour rejoindre notre dernière randonnée de la journée : Kalamina gorge. Voilà, nous avons pratiquement fait le tour de ce magnifique parc, sans doute le plus beau parc national d’Australie que j’ai pu faire ! Nous trouvons un petit chemin entre des buissons pour passer notre dernière nuit en compagnie de Sabrina et Antoine. Demain, ils repartiront vers le sud par la côte tandis que Loue et moi repartons vers le sud par l’intérieur des terres.
Voilà, après un dernier petit-déjeuner, il est temps de quitter nos compagnons de route. Le programme de la journée est simple : route, route et route. Nous avons près de 1400km à parcourir afin de rejoindre Perth. Les routes de l’ouest australien sont interminables, nous roulons des heures sans voir une seule habitation. Nous sommes au milieu du désert et croisons seulement d’énormes « road train » et de nombreuses voitures de mineurs qui travaillent dans le coin. Nous nous arrêtons à Newman pour faire quelques courses et repartons aussitôt. Près de 10h de conduite aujourd’hui et il nous reste encore pas mal à parcourir. C’est au milieu de nulle part, sur une aire de repos déserte que nous passons la nuit.
Jeudi 24 avril, encore une journée passée sur la route. Nous arrivons en fin d’après-midi à Perth et la première chose essentielle qui s’impose à nos yeux : un arrêt au macdo ! Une petite glace et une connexion internet, rien de mieux après 11 jours d’abstinence. Après ce retour à la civilisation qui fait du bien, nous rejoignons une banlieue de Perth en bord de mer, Cottelsoe. « Wow mais ca caiiiiille ici ! » En effet, dur de passer à une température de 23° après 10 jours sous un soleil de plomb. Nous garons notre van dans une rue sans issue et nous endormons sans problème.
Encore une fois, nous préférons nous réveiller tôt avant le début de la ronde des rangers. Nous rejoignons ainsi le parking de la plage. Loue a la motivation d’aller faire un jogging ce matin, j’en profite donc pour faire un peu de ménage dans le van, car les routes en terre battue de Karijini l’ont sacrément salies. Les rues et les cafés commencent à être bien occupés ce matin, les gens sont très bien habillés. Célébreraient-ils quelque chose ? En effet, ce 25 février est un jour férié en Australie, il s’agit de l’ANZAC day c’est-à-dire une commémoration pour les soldats australiens et néo-zélandais qui ont combattu aux côtés de la France durant la Première guerre mondiale. Après une promenade sur le bord de plage, nous reprenons le volant pour nous rendre à Fremantle, autre quartier fréquenté de Perth. Nous faisons une petite excursion culturelle et nous rendons au musée d’art, où se trouve une exposition très intéressante d’ailleurs. Puis s’en suivent un peu de lèche-vitrine et un arrêt au Hungry jack pour reprendre des forces. Les rues sont envahies par les australiens, les touristes et les marins venus célébrés ce jour à Fremantle. Nous faisons également un tour au marché et prenons des photos avec un koala. Une matinée très agréable. J’ai vraiment un coup de cœur pour Fremantle qui détient quelques monuments en pierre, très français. Puis, un peu fatiguée de toute cette agitation, nous quittons le centre-ville et allons faire une petite sieste à la plage de Port beach. Nous retournons dans le centre-ville pour admirer le coucher du soleil depuis la jetée et rentrons à la maison, euh… au van.
Samedi matin, il est l’heure de se quitter avec Loue. Elle rejoint une amie pour le weekend tandis que je dois reprendre mon avion pour rentrer à Cairns. Je ramène donc le van toute seule à l’agence, heureusement le gps est là pour m’aider car je ne suis pas rassurée dans cette grande ville de plus d’1.5 millions d’habitants. Arrivée en un seul morceau, je rends le van et part visiter la ville (bibliothèque, centre commercial, port, Kings parc). Malheureusement le soleil n’est pas de la partie et la fatigue de 2 semaines de trip se fait ressentir. Je rejoins donc l’aéroport assez tôt et attends patiemment jusqu’à 22h avant de décoller.
Perth city
Kings park
On m’avait dit « tu verras Caro, le western australia est le plus bel Etat de l’Australie, sauvage et dépaysant, tu vas adorer ! ». Et bien, ils ne s’étaient pas trompés. Sans doute mon meilleur road trip depuis le début de mon aventure, pas seulement grâce aux paysages magnifiques, mais aussi grâce à ma co-pilote qui m’a supporté et aux rencontres que l’on a pu faire sur notre route ! Maintenant retour à la réalité, reprise du boulot demain !
/image%2F0442330%2F20140521%2Fob_05c557_pinnacles.jpg)
/image%2F0442330%2F20140521%2Fob_7d48b1_pinnacles2.jpg)









/image%2F0442330%2F20140614%2Fob_475b28_10277688-10203645761922249-90157553966.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_70c1b2_10262018-10203645763202281-33057407529.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_79c196_10151280-10203645765362335-12776329716.jpg)
/image%2F0442330%2F20140610%2Fob_561cef_nature-window.jpg)
/image%2F0442330%2F20140611%2Fob_76d4f8_nature-window2.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_d4e276_10250139-10203645763682293-37490040833.jpg)




















/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_458c69_1969279-10203645769882448-340513578292.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_c2e94d_10176113-10203645768642417-76223188913.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_646fbf_10313052-10203645769402436-25520676254.jpg)













/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_03b7b2_1908000-10203645774442562-139192894580.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_94d63c_1002690-10203645773762545-913072742803.jpg)
/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_6e3691_10290004-10203645776242607-37383279093.jpg)















/image%2F0442330%2F20140615%2Fob_c84561_10247357-10203645780762720-59306163820.jpg)






/image%2F0442330%2F20140617%2Fob_5b8069_1782104-10203645793403036-580665087188.jpg)
/image%2F0442330%2F20140617%2Fob_a0608e_1902985-10203645793843047-664583948962.jpg)
/image%2F0442330%2F20140617%2Fob_17780d_10154934-10203645792163005-39557248931.jpg)
/image%2F0442330%2F20140617%2Fob_865124_10299550-10203645792323009-18100787170.jpg)







/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_0baffc_fortescue-falls.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_727046_fortescue-falls2.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_56b729_fortescue-falls3.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_439936_fern-pool.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_dfd08b_kalamina-gorge.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_af3b39_kalamina-gorge2.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_f8c7f9_kalamina-gorge3.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_0c9883_kalamina-gorge4.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_fbc8fc_10308263-10203645805403336-15113088791.jpg)







/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_bed3fc_1610048-10203645815723594-694628932655.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_044e27_10313981-10203645816483613-59190793221.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_d89f46_10178153-10203645814283558-66561914620.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_9fd912_perth.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_769a7e_perth2.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_adccfb_perth4.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_b25156_perth5.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_99f2a4_kings-park.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_cce161_kings-park2.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_dc0b16_kings-park3.jpg)
/image%2F0442330%2F20140618%2Fob_b01574_kings-park4.jpg)